‹ ChamfortChapitre 19 sur 207 · Actes des Apôtres, tome XX, p · texte numérisé non relu

Actes des Apôtres, tome XX, p

colombes du char de cette Vénus ». Et ni l’âge, ni les mœurs de la danseuse et du poète ne rendent cette indiscrétion invraisemblable. Ajoutons que, dès 1763, Guimard, déjà riche, avait à Pantin un théâtre de société ; on y représentait des parades de Collé et des vaudevilles de Carmontelle ; n’y put on pas jouer aussi la Jeune Indienne , si fort à la mode, et encore cette Fanni qui, d’après le Dictionnaire dramatique \ fut donnée sur un théâtre de salon et dont nous n’avons retrouvé aucune trace ? Cette liaison ressembla, selon toute apparence, à celles de ce genre : orageuse et brève, Chamfort lui fit succéder d’autres amours plus faciles et moins relevées : « Il succomba volontairement, dit Aubin, à toutes les tentations 2 ». Sans calcul (il n’avait pas encore tant d’expérience), il gagnait ainsi l’attention des grandes dames. N’a-t-il pas conté lui-même cette anecdote

significative? « M , qui avait vécu avec des

princesses, me disait : Croyez-vous que M. de L. . . ait M,ne de S... ? — Je lui répondis : il n’en a pas même la prétention ; il se donne pour un libertin, un homme qui aime les filles par-dessus tout. — Jeune homme, me répondit-il, n’en soyez pas la dupe ; c’est avec cela qu’on a des reines 3. » Homme de plaisir, cela eût suffi à Chamfort, sans son esprit, pour devenir un homme à la mode. Vers ce temps, Mrac de Genlis le rencontra chez Mme de Roncé, où

4. Dictionnaire dramatique (Paris, Lacombe. mdcclxxvi, tome III, p. 326).

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