‹ ChamfortChapitre 20 sur 207 · Ed. Auguis, II · texte numérisé non relu

Ed. Auguis, II

SES DÉBUTS LITTÉRAIRES

il était, ce semble, très en faveur et où il triomphait peu discrètement : « J’allais quelquefois chez Mme de Goncé, ancienne dame de feu Mmela princesse de Condé ; elle recevait du monde tous les samedis ; on y causait, on y faisait de la musique; j’y jouai quelquefois de la harpe. Je vis chez elle M. de Chamfort qui avait déjà donné la Jeune Indienne ; il avait une jolie figure et beaucoup de fatuité 1 ». Un mot de douairière lui avait d’ailleurs fait, dans le monde, la réputation la plus avantageuse. La vieille Mme de Craon, mère de cette marquise de Boufflers, qui fut la dame de volupté du roi Stanislas Leckzinski, avait dit de lui un jour dans un cercle dejeunes femmes : « Vous le prenez pour un Adonis, c’est un Hercule ».

11 attirait en même temps l’attention des grands seigneurs et des hommes en place. Nous avons vu le duc de Duras, un des quatre Gentilshommes de la Chambre, et d’Argental, l’homme d’affaires littéraire de Voltaire, s’occuper très fort de lui lors •de la première représentation de la Jeune Indienne. Mais le duc de La Vallière surtout semble avoir été son premier patron. Grand amateur delivres, très riche et très prodigue, s’entourant volontiers de gens de lettres, le duc de La Vallière fréquentait aussi les déesses d’Opéra. C’est lui qui, voyant un jour la petite Lacour sans diamants, « s’approche d’elle et lui demande comment cela se fait : « C’est, lui dit-elle2, que les diamants sont la croix de Saint-

1. Mémoires de Mm° de Genlis (Paris, chez Ladvocat, tome I, p. 291).

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