Ed. Augbis, V
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sait sans doute à faire de lui un moraliste désabusé; mais si la société de son temps ne lui eût point porté une atteinte directe et profonde, on ne trouverait pas, je crois, dans son livre une observatiou si amère et une satire si cruelle. « J’ai été une fois, dit-il, empoisonné avec de l’arsenic sucré, je ne le serai plus ; manet alta mente repostum \ » A quoi fait-il allusion ? On ne sait. Fut-il trahi et bafoué par quelque grand seigneur à qui il avait donné son amitié ? « J’ai vu les plus intimes amis faire des blessures à l’amour-propre de ceux dont ils avaient surpris le secret. 11 paraît impossible que, dans l’état actuel de la société (je parle de la société du grand monde), il y ait un seul homme qui puisse montrer le fond de son âme et les détails de son caractère et surtout de ses faiblesses à son meilleur ami 1 2. » Désireux, nous l’avons vu, d’obtenir un emploi dans la diplomatie, fut-il leurré, berné, et lui fit-on sentir sa déconvenue de façon humiliante ? U y a chez lui plus d’un mot où éclate l’irritation d’avoir été pris pour dupe. Comme on le félicitait de ses relations avec les plus hauts personnages, il protestait : « Ce sont, disait-il, des joueurs qui m’ont montré leurs cartes, qui ont même, en ma présence, regardé dans le talon, mais qui n’ont point partagé avec moi les profits du gain de la partie 3 ». On a parlé aussi d’une passion malheureuse : sur ce point rien de précis ; mais combien de vraisemblance! Dans les paroles