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heur des passions, et l’aveu de la raison par-dessus le marché » *. Et ces relations aimables, qui devinrent une véritable liaison dans l’été de 1781, rendirent son humeur moins sombre, apaisèrent l’ardeur de ses colères et firent entrer un peu de calme dans son âme tourmentée. Lorsqu’en juillet 1781, il parut pour la dernière fois sur la scène littéraire, lors de sa réception à l’Académie, il y porta l’esprit et les grâces qu’on lui avait connus naguère ; rien ne parut de sa tristesse et de son désenchantement ; l’Académie ne se douta pas qu’elle avait ouvert ses portes à un terrible satirique ; elle put croire qu’elle n’avait admis qu’un critique disert et un poète spirituel. « C’est, disait Rivarol, une branche de muguet entée sur des pavots. »
Le jour où il prit séance fut une fête mondaine (19 juillet 1781). On voulait entendre le causeur brillant qui, depuis quelque temps déjà, avait déserté les salons. Le prince de Condé, accompagné de MUe de Condé et de toutes les dames de sa cour, était dans l’assistance, et l’auditoire se composait « en grande partie... du beau sexe ». « M. de Chamfort a la réputation d’un des hommes de Paris qui a le plus d’adresse ; personne ne brille plus dans la société ; on s’attendait que pour l’esprit son discours de réception serait une espèce de feu d’artifice ; on n’a point été trompé entièrement1 2. » Etenefïet, danscetéloge de Sainle-Palaye, son prédécesseur, qui avait écrit une Histoire de la Chevalerie, il dit force jolies choses aux dames à