‹ ChamfortChapitre 65 sur 207 · Correspondance littéraire secrète , tome XI, p. 379 sqq · texte numérisé non relu

Correspondance littéraire secrète , tome XI, p. 379 sqq

ANN K ns DE RETRAITE

propos de la galanterie des anciens chevaliers. L’effort se sentait pourtant ; l’ironie même, par endroits ; et, sans en comprendre la cause, les contemporains s’aperçurent que l’orateur était à la gêne dans toute cette partie de son discours. « Le style en est peiné, les rapprochements en sont minutieux ; il semble que l’auteur ait été condamné à faire de l’esprit b » En revanche, la fin de la harangue, consacrée à la peinture de l’union fraternelle des deux frères de Sainte-Palaye, fut goûtée sans réserve. Là Chamfort qui, comme Montesquieu, a été « amoureux de l’amitié », parla d’abondance de cœur ; et tel passage, comme celui où il rappelle qu’une « éducation maternelle, bornée pour d’autres à la première enfance, et qui se prolongea pour lui jusqu’à la jeunesse, fut, pour M. de Sainte-Palaye, unedes sources de cette douceur insinuante, de cette indulgence aimable, dont le cœur d’une mère est sans doute le plus parfait modèle 1 2 » ; tel autre, où il nous montre chez son héros cet optimisme qui « n’est point la vertu sans doute, mais que la vertu même pourrait envier », ont, au milieu des formes traditionnelles, des élégances convenues, un accent de sincérité, une émotion contenue, qui approchent vraiment de l’éloquence.

La cérémonie académique achevée et sa tache remplie, Chamfort, malgré son succès, se hâta de rentrer dans le silence et la retraite. Mme Buffon

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