‹ ChamfortChapitre 73 sur 207 · Ed. Auguis, II · texte numérisé non relu

Ed. Auguis, II

que de comprendre, où le monde extérieur, l’univers visible, le monde intérieur, le moi, ne sont plus qu’un spectacle pour un témoin intelligent ! Tout ce que nous voulons faire entendre, c’est que, pour avoir seulement abordé ces grands problèmes, son esprit prit une trempe plus forte ; sa pensée ne s’éleva pas peut-être, mais elle s’élargit ; il devint capable, non pas de concevoir les idées universelles, mais des idées générales. Sans ces heures de recueillement, il n’eût été sans doute qu’un satirique plein de malignité ; il devint un moraliste. Et de plus, convaincu, beaucoup trop vite assurément, mais enfin convaincu de l’inutilité de son effort spéculatif, il s’attacha avec plus d’ardeur et de force aux questions pratiques. « La vie contemplative, pensa-t-il, est souvent misérable ; il faut agir davantage, penser moins et ne pas se regarder vivre. — L’homme peut aspirer à la vertu ; il ne peut raisonnablement prétendre de trouver la vérité '. » Il jugea qu’en tout, comme dit Rivarol, il ne faut pas songer à être plus qu’homme, mais seulement à être plus homme. Et, à y bien regarder, c’est là précisément qu’est son point de départ révolutionnaire.

Quand survint la mort de Mme Buffon, il fut brusquement rejeté dans le monde. Choiseul-Gouffier, qu’il connaissait depuis plusieurs années et pour qui il venait d’écrire, sous l’anonyme, la préface du Voyage pittoresque de la Grèce] M. de Yaudreuil, avec qui il était entré en relations depuis deux ans

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