Ed. Augüis
CUAMFORT
environ, et dont il avait reçu maintes preuves d’affection, résolurent de l’enlever à sa retraite.
« Un ami, dit-il, est venu m’arracher en chaise de poste de ce séjour charmant 1 » (Vaudouleurs). Pour distraire sa douleur, Vaudreuil et Choiseul- Goufïier, qui s’étaient adjoint le vicomte de Narbonne, l’emmenèrent faire un voyage en Hollande. Puis, de retour en France, Vaudreuil ne négligea rien pour obtenir de Chamfort qu’il consentît à accepter un logement dans son hôtel ; comme il connaissait son goût pour l’indépendance et qu’il vivait lui-même presque toujours à Versailles, quand il était absent, « il faisait servir une table pour Chamfort et ceux qu’il plaisait à Chamfort d’inviter 2 ». Il ne s’en tint pas là; tandis que Chamfort, malade et quinteux, restait à l’écart et sur la réserve, il sollicitait pour lui des faveurs et travaillait « essentiellement à sa fortune 3 ». C’est ainsi qu’il lui fit obtenir la place de secrétaire de Mrac Elisabeth (12 septembre 1784) et, plus tard, par Calonne, une pension de 2000 livres sur la maison du roi (21 août 1786).
A l’époque de la Révolution, les adversaires et les ennemis de Chamfort lui reprochèrent très durement cette liaison avec un des derniers favoris de l’ancien Régime. Faut-il croire, comme ils l’ont prétendu, que, par cupidité ou par ambition, il ait trahi son cœur et ses idées ? Il suffit d’ouvrir sa