SCÈNE XVII
rjIAMPMESLÉ , LA FONTAINE.
LA ro!«TAiNK, soffanl du cabinet,
I Le bel associé ! Monsieur sort à son gré. . .
Moi, je reste au travail... J’en suis tout altéré!... I n noatr* des papiers qo'i I tàent et qa’il éépoee ensuite I sur la table,
i La scène, la voilà : Fépoui avec adresse.
Renvoyant la servante, a choyé la maliresse.
Et dans le même endroit agissant comme il faut. D'avance a ruiné le discours du maraud....
Mais il faudrait jeter en notre comédie,
Pour que l'intrigue fût plus puissamment onrdie, Quelque incident lumveau ; si l’époux libertin, Pendant qu’il cherche ailleurs un vulgaire butin, Etait inquiété sur l'honneur de sa femme.
Ce moyen du sujet fortifierait la trame.
ciunriinsLé, dMiroil.
En effet, ce moyen...
LA FONTAIV8.
Quelque cbo.se, un billet.
Un signe, un mol, un rien... Qu'en dis-tu, s’il te
[plaît T
ciiAMPUBsté. d part.
M'y voici.
Ll rOXTAlNB.
Quoi I
rnAMpnnsLi. à part.
C’est la mon homme !
Bauu
Je t'approuve.
Le mari, par hasard, en s'en retournant trouve Une lettre où la femme a promis rendex^vous Pour la première fois.
LAFOVTALVB.
C'esibien :que notre époux Voie encor s’agi Ut une lueur d’espérance.
CUAUPMKSLÉ.
Prends ce billet : u Ce soir nous serons seuls, je
[pense,
» Je délire et je crains de vous voir. • M‘eit-ce pas Ce qu'il faut?
LAFO.\TAI?(E.
C’e.Ucela; parbleu, plus d’embarras.
Le reste va tout seul... Mais comment cette lettre... Aussi toi tu pensais à cc moyen peut*être.
Oh ! que tu l'es bien mis dans la situation !
CHAUPIIESLE.
Oui, oui, je suis dadant.
LAFONTAiaS.
Mon admiration
Croit pour toi tous les jours ; ton geste et tan
[visage
Sitôt qu’il est conçu rendent le personnage;
Ta mine en ce moment, j’en sois vraiment frappé, Te donne tout à fait Faix d'un mari trompé.
Le bel art que le tien 1
cuAüpusSLé , d part.
La pesta du bonhomme 1
Digilized by Güogic
GHAMPMESLÉ
LAFOXTAINI.
Commeau néüerd'auteurun acteur se consomme!
J’aurais cherché longtemps ce merveilleui billet. De ta tète, à coup sûr, sorti tout d'un seul jet. CBAMPMBSLB, à part.
Quelle fureur ils ont de parler de ma télé.
Racine et lui I
LA POtlTAliTE.
Bravo! cette lettre est parfaite.
«Je désire et je crains de vous voir. » Mon ami, Femoie qui craint la chute est tombée à demi. CBAJIPlIBSiJK.
Tu crois?
LA FONTAINE
J'en suis certain ; je te tiens passé maître Dans ces sortes d'écrits^ je ne voudrais pas être Dans la peau de l’époui, et toi?-..
CHAUPHESLé, avec effort.
Ni moi non plus.
LA FONTAINE
J'aurais peur d’augmenter le nombre des élus; Ça sent la confrérie.
cnAMPMiai.é. d porS.
Aujourd'hui tout le monde Se tourne contre moi.
LA FONTAINE
Connaissance profonde
De cet art du théâtre où tout mot est compté ! Cette phrase respire un air de vérité.
«Je désire et je crains de vous voir. » Admirable I Je donnerais, quoi donc?... Tiens, ma plus belle
[fable,
Pour avoir inventé ce billet, et, d’bonneur, le le pardonnerais à ma femme, en faveur De tant d'art...
cbahpiibslI.
Cependant, la choie est délicate Sur ses productions l’auteur toujours se flatte.
11 faudrait consulter Racine lâ<dessus.
Lui montrer ce billet.
A part.
Ses vœux seront déçus.
Justement le hasard nous l’amène...
ÜAUL
Racine
nous arrive à propos
A Gtadioe, qui sort de U chambre de sa mallcesse.
A moi deux mots, Gaudine.
A I>a Footaioe.
Fais ce que je l’ai dit ; en plus d’un cas pareil Nous l’avons, tu le sais, trouvé de bon conseil.
LA PO.NTAINE.
C’est juste.
CHAUPMi»Lé, 6us, d Cfaudtfie.
L’homme est là?
CLAUDINE
Sans doute.
CHAMPMESLé, lui donnant U médaillon.
Qu’il remporte
Celte réponse-ci.
CLAOOUfK, ouvrant le médaillon.
Quoi!
CHAHPIIESLé.
Paix!