A MAILLES
Jérusalem. D’après la Chanson de Roland, Jérusalem a été prise pur le païen Valdabron (Voy. ce mot), et le patriarche tué. Le fait historique qui sert de fondement à cette légende est probablement la destruction de la grande église de Jérusalem en 1012 : le patriarche eut les yeux crevés.
Jesu. — « Al Jesu » signifie au ( nom de) Jésus.
Jeter, verbe à radical variable : jiét... tonique, jet... atone. — « Jeter quelqu’un de mort » ou « de chalenge », c’est le sauver de la mort ou du procès qui lui est intenté. — « Jeter son épée du fourreau », c’est la tirer. — « Jeter un cheval mort sous son cavalier », c’est le tuer sous lui. — « Se jeter à quelqu’un », c’est se jeter sur lui.
Jiétent, Jiétet. Voy. Jeter.
Jiou (lat. jocum. fr. : jiou, jieu, jeu), s.m. : jeu.
Jo (lat. ego; fr. : jo,je), pron. pers. : je. REmarquez l’emploi de jo au vers 800 : « Et jo od vos » = et je avec vous. Nous dirions : k Et moi », mais l’emploi de je est plus logique, puisqu’ici le pronom est sujet.
Jode (puis Joe, joue. — Latin gabata qui signifie écuelle. La joue a été comparée à une écuelle. Le même mot latin a
produit aussi le français jatte, qui a conservé le sens latin), s. f. : joue.
Joënt de joér.
Joér (latin jocare) : jouer.
Jofreit (origine germanique). Nonrr propre : Geoffroi. Geoffroi d’Anjou est ele gonfalonier de Charlemagne : c’est lui qui porte la bannière impériale, sur laquelle voyez page Hl, Il aide à relever l’empereur quand celui-ci se pâme do douleur sur le champ de bataille de Roncevaux, puis il propose d’enterrer lescadavres. Il se bat vaillamment contre l’armée de Baligant. Il assiste au combat judiciaire entre son frère Thierry et le champion de Ganelon. — On identifie ce personnage avec Geoffroy d’Anjou, dit Grise-Gonelle, qui mourut en 087, mais que la légende transforma bientôt en un contemporain de Charlemagne.
Joïmer. Nom de l’un des Sarrazinsque Marsile charge d’accompagner Blanchandrin près de Charlemagne.
Joindre (lat. jungeré); verbe. — « Joindre à » = se joindre ci, combattre contre.
Joiose (lat. *gaudiosam) : joyeuse, nom de l'épée de Charlemagne.
Voyez page 03.
Jol. Pour jo le.
J orf aleu (écrit aussi Jorfalet dans le ms.). Nom du fils de Marsile. Il s’irrite contre le message insolent de Ganelon, et demande sa tète. Puis il assiste aux.
pourpalers de la trahison. A Roncevaux il est tué par Roland.
Jorn (lat. diurnum, fr. : jorn, jorv jour. La forme savante du même mot est l’adjectif diurne. Le latin diurnum est formé sur dies, qui veut dire jour, et d’ou dérive le di français que Pou retrouve dans midi et dans les noms desjours de la semaine. L'i final de midi, et le j de jour sont donc de même origine), s. m. : jour. — « Le jorn » = ce ( our -
LA
LA
là. — Daus la locution encore usitée « le jour que... », que peut être séparé de jour par un membre de phrase. — « Ce jour » = aujourd’hui. « Hui ce jour »
(vers 2107), qui est une locution pléonastique (comme aujourd’hui d’ailleurs), a le même sens.
Jorz, cas sujet sing. ou rég. plur. de jorn.
Jos, pour jo les.
Josque (lat, de usque ), prépos. et conjonction : jusque, jusqu’à ce que. — « Josqu’a » = jusqu'à ou d’ici à. Comparez desque.
Joste (lat. juxta , fr. : joste, j ouste), prépos. : près de. C’est sur cette préposition qu’ont été formés les verbes jouter, ajouter. Voyez Joster et Ajoster dans ce glossaire.
Joster (formé sur joste. Voyez ce mot et ajoster ), verbe : placer auprès, disposer, mettre aux prises. — u Se joster à» ou « joster à » = se réunir à quelqu’un pour combattre , se mesurer avec quelqu’un, ou simplement se joindre à lui. — « Se joutei » en parlant de deux ou plusieurs personnes, c’est se joindre, combattre l’un contre l’autre, ou simplement se réunir. Dans les temps composés, le pronom réfléchi peut être supprimé. Voyez Lever. — « Jouter à la terre » c’est tomber à terre (avec l’idée accessoire de s'étendre) — « Jouter une bataille » c’est disposer , et par extension engager , livrer une bataille.
Jo vente (lat. juventam), s. f. : jeunesse, par extension jeune homme. —
« Perdre sa jo vente », c’est mourir à la fleur de l’àge.
Jozeran (écrit aussi Joceran. Origine germanique. Ce nom s’est conservé sous sous les formes Josserand et J tisserand) . Nom propre. Le comte Jozeran de Provence, de concert avec le duc Naimes, organise les échelles de l’armée impériale au moment de la bataille contre Baligant. Il commande, avec Gaucelme, la septième échelle composée de Poitevins et d’Auvergnats.
Judise (puis juïse. Latin judicium ), s.m. : jugement. — « Le vrai juise », c’est la vraie religion .
Jugedor (puis jugeor, jugeur. — Latin judicatorem , formé sur judicare qui a donné juger), s.m. : juge.
Jugement (se rattache à juger , anciennement jugier, comme ornement à orner), sm. : jugement ; avis. — « Faire jugement » c’est donner son avis (comme juge). — « Par jugement de... » = d’après l’avis de. — Pour les sens de ce mot au xie siècle, voy. ceux de higier.
Jugier (lat. judicare). Ind. prés. :
jojuz. Prétérit : il jujat. — Juger, désigner, CONDAMNER, ETRE d’aVIS QUE.
« Le (neutre) juger sur quelqu’un » ou « juger quelque chose sur quelqu’un »
= désigner quelqu'un pour cette chose, pour une charge, un office. — « Juger que » ( = être d’avis que, décider que) gouverne le subjonctif. — « Juger quelqu’un à», c’est désigner quelqu’un pour . — « Juger quelqu'un à bataille » c’est décider qu’il se battra. — « Juger à mourir » c’est condamner à mourir. — « Juger une bataille » c’est en décider le sort.
Jujat (aujourd’hui écrit jugea). De jugier.
Juliane. Nom propre : julienne. C’est le nom que prend la reine Bramimonde en recevant le baptême.
Jurent, peut appartenir au verbe jurer ou au verbe gésir.
Jurer (latin jurare), verbe. — « Jurer à. .. » = jurer de...
Jurrai, futur de jurer.
Jus (latin *deusum pour deorsum), adv. : en bas, a terre. — « Jus à la terre », même sens. — « Mettre à des chevau^ les freins jus des tètes », c’est les débarrasser des freins. A propos du pluriel de tête dans cette locution, voy. chief et cheval.
Justin. Nom d'un Sarrazin tué par Olivier. Il est appelé Justin de Valferrée.
Justise (lat. justitiam), s. f. —
« Faire la justise de... » = faire justice de... — On disait aussi absolument « faire justice » ou « faire sa justice ».
Jut, de gésir.
Juz, de jugier.