‹ Chanson de RolandChapitre 109 sur 323 · CXLV1I · texte numérisé non relu

CXLV1I

Les félons Sarrasins frappent grands coups de lance Sur ces écus, sur ces heaumes qui flamboient au soleil .

On n’ entend que le bruit du fer et de l’acier;

Les étincelles en volent jusqu’ aux deux .

Que de ruisseaux de sang et de cervelles !

Roland a grand deuil au cœur

De voir mourir tant de bons vassaux capitaines .

Alors il se souvient de la terre de France El de son oncle le bon roi Charlemagne;

Et, qu'il le veuille ou non, ces pensées changent tout son cœur .

H est entré dans la mêlée, le comte Roland,

El ne cesse d’y frapper de grands coups.

Dans sa main est Durendal, sa bonne épée qu’il a tirée du fourreau :

Il perce les hauberts, il brise les heaumes,

Il tranche les corps, les poings, les têtes,

Et jette à terre des centaines de païens Qui tous se croyaient de bons vassaux .

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