‹ Chanson de RolandChapitre 125 sur 323 · MORT D’OLIVIER · texte numérisé non relu

MORT D’OLIVIER

Quant Rollanz veit la cuntredite gent,

Ki plus sunt neir que nen est arrement ,

Ne n’unt de blanc ne mais que sul les denz ,

Pique son cheval de ses éperons aigus ,

Lui lâche les rênes et s'enfuit du côté de V Espagne.

Vingt mille païens s'enfuient avec lui,

El il n'en est pas un qui n’ait reçu quelque blessure :

« Le neveu de Charles a vaincu, » se disent-ils l’un à Vautre .

Mais, hélas! à quoi bon? Si Marsile est en fuite,

Son oncle le Calife est resté.

Or c’est celui qui tenait Carthage, Alterne, Garmaille Et l’Éthiopie, une terre maudite;

C’est celui qui était le chef de la race noire,

Au nez énorme, aux larges oreilles :

Et il y en a là plus de cinquante mille

Qui chevauchent fièrement et en grande colère,

Et qui jettent le cri d’armes païen.

« C’est ici, s’écrie alors Roland, c’est ici que nous serons martyrs, a Maintenant, je sais bien que nous n’avons plus longtemps à vivre ;

« Mais maudit celui qui ne se vendra chèrement !

« Frappez, seigneurs, frappez de vos épées fourbies ;

« Disputez bien votre mort, votre vie,

« Et surtout que France la douce ne soit pas déshonorée.

« Quand Charles mon seigneur viendra sur ce champ debataille, « Quand il verra le massacre des Sarrasins ,

« Quand pour un des nôtres il en trouvera quinze d’entre eux parmi les morts ,

« L’Empereur ne pourra pas ne point nous bénir, s

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