MORT D’OLIVIER
Quant Rollanz veit la cuntredite gent,
Ki plus sunt neir que nen est arrement ,
Ne n’unt de blanc ne mais que sul les denz ,
Pique son cheval de ses éperons aigus ,
Lui lâche les rênes et s'enfuit du côté de V Espagne.
Vingt mille païens s'enfuient avec lui,
El il n'en est pas un qui n’ait reçu quelque blessure :
« Le neveu de Charles a vaincu, » se disent-ils l’un à Vautre .
Mais, hélas! à quoi bon? Si Marsile est en fuite,
Son oncle le Calife est resté.
Or c’est celui qui tenait Carthage, Alterne, Garmaille Et l’Éthiopie, une terre maudite;
C’est celui qui était le chef de la race noire,
Au nez énorme, aux larges oreilles :
Et il y en a là plus de cinquante mille
Qui chevauchent fièrement et en grande colère,
Et qui jettent le cri d’armes païen.
« C’est ici, s’écrie alors Roland, c’est ici que nous serons martyrs, a Maintenant, je sais bien que nous n’avons plus longtemps à vivre ;
« Mais maudit celui qui ne se vendra chèrement !
« Frappez, seigneurs, frappez de vos épées fourbies ;
« Disputez bien votre mort, votre vie,
« Et surtout que France la douce ne soit pas déshonorée.
« Quand Charles mon seigneur viendra sur ce champ debataille, « Quand il verra le massacre des Sarrasins ,
« Quand pour un des nôtres il en trouvera quinze d’entre eux parmi les morts ,
« L’Empereur ne pourra pas ne point nous bénir, s