‹ Chanson de RolandChapitre 178 sur 323 · D’OXFORD · texte numérisé non relu

D’OXFORD

OBSERVATIONS

3o D’i latin en position :

evesque.

4® L’e atone vient d’e latin atone : evesque , et parfois d’i atone : senefiet, premiers, Bretuns, etc.

5° L’e muet , à la fin des mots, se substitue le plus souvent à l’a post - tonique : parole , bele , getée , chevalerie , etc. — Ce même e muet sert encore à soutenir, à la fin des mots, deux consonnes latines qui ont persisté : fendre , ou dont l’une est tombée ( emperere pour emperedre .)

1° De i tonique bref : peil , receivre , veie , feid , etc.

2o De e tonique long : veir, deivent, fedeilz, etc.

3® De la notation en par la suppression de lanasale : Franceis, peiset, etc. Ce fait est analogue au précédent.

40 D’œ ou œ, lesquels sont assimilés à l’e long tonique :

baleine, peine, etc.

L’e a été ajouté, par euphonie, à la tête des mots latins en st, sp estant, espée, estai, establisent, etc.

Dans cette classe viennent fort naturellement se ranger les verbes de la deuxième conjugaison tels que vedeir, etc., et certains autres de la troisième conjugaison où, par suite d’une erreur sur la quantité, Ve bref a été ramené à l’e long : cadeir, de cadere. — La notation en er , telle qu 'averx n’existe pas dans le Roland.~ Le dialecte du Roland a gardé les deuxièmes personnes du pluriel en eiz. Ce poème offre , en effet, des laisses spéciales en ei où figurent ces secondes personnes.

On y trouve à la fois portera dans une laisse en è, et por feî'Eiz dans un couplet en ei.

— La notation ei s’est assez souvent substituée, dans le Roland, à la notation ai : greisle, paleis, etc.

FORMES ET NOTATIONS DU

ROLAND

d’oxford

ORIGINE DE CHACUNE DE CES FORMES ET NOTATIONS

OBSERVATIONS

En.

1» Du latin in : ensemble,

Nous avons dit plus haut

etc.

comment la notation en se con-

2® De en latin : gent , san-

fond dans le Roland avec la

glent, veiremmt, etc., et de em : tens , etc.

notation an.

1° D ’i tonique : olive, Jus-

Il y a parfois un i atone

tise , declinet , vie , estultie ,

après la tonique : martirie,

MarsiKes, Basilie, etc. Cet i,

2° D’i atone : fiance, etc.

qui ne se trouve d’ailleurs

3° D’une gutturale qui de-

qu’après les liquides, ne compte

vient demi- voyelle : paien , etc.

point pour la mesure , et n’est

4° D’e tonique : mercit , de

pas susceptible d’accent. On

mercedem, etc.

prononçait : martire , Marsille ,

ô® D’e 4" c : piz , etc.

Basille, etc. = Un certain

6° D’i ou plutôt d’y en posi-

nombre de verbes, tels que

tion : cristal , etc. Cas rare.

gésir, ont passé de la 2e à la 4e conjugaison latine. = Les mots en aria ont généralement donné ière; mais déjà plusieurs ont leur pénultième traitée comme une longue ï chevalerie, etc.

iè.

1® De e bref tonique : pied , vient, etc. = A Ve bref tonique peuvent, en de certaines conditions, être assimilés ce et

ce toniques.

2® De Va long tonique après une gutturale qui persiste :

mangier, cargier, chalcier, pecchiet, culckier, etc. Dansc7iie/ , chien, etc. (venant de capum et de canis , où la tonique est brève ), on a fait observer avant

nous que l’accident de l’i doit plutôt être imputé au ch.

3® De l’a long tonique après une gutturale latine qui est tombée en roman ou qui , devenue demi - voyelle , a laissé un i en sa place : preier ( pour prei • ier ) ; paien ( pour pai ien ) , etc.

4® De l’a long tonique après une dentale, lorsque cette den-

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ORIGINE DÉ CHACUNE DE CES FORMES ET NOTATIONS

OBSERVATIONS

taie est elle - même précédée d’un i qui provient d’une gutturale primitive : Initier , aidier, etc. = A la dentale il faut ici assimiler s , ss,n et r, lorsque ces lettres remplissent les mêmes conditions : laissicr , etc.

5° De l’a long tonique précédé d’un i bref atone : chrestien ( pour chresti-ien ); enveier (pour envei-ier); repairier , etc.

Cet i peut être séparé de la tonique par une dentale : amis tiet , deintiet, etc.

6° De Ta long tonique , avec un i atone dans la syllabe suivante (d’après la loi ci-dessus indiquée du passage de 1 ’i post- tonique). C’est surtout le cas des mots latins en arius :

chevalier, aversier, pumier, etc.

7° De Te long ou bref tonique, dans les mêmes conditions , et suivant la même loi :

mustier , de monasterium , monsterium ; mestier, de ministerium , etc. Cf. hier de heri, etc.

1° D’o latin en position :

nostre , morz , cors , oz, esforz , col , force, etc.

2o D’au: loer : (delawdare), orrat , trésor, or, etc.

Dans ] 0 , ço , iço , To est assimilé à une muette et s’élide à la volonté du scribe.

0 (son intermédiaire entre To et Vu, se prononçant ou).

1® De 0 long tonique : vos , meillor, honor, dolor, merveillos , paienor, etc.

2<> De 0 atone long ou bref ( excepté au commencement des mots).

Le scribe du manuscrit d’Oxford emploie presque partout la notation normande u . V.

cette notation.

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o devant n formant le son appelé o nasal , on.

oe.

oi.

ou.

u — ou.

u (exprimant le son intermédiaire entre u et o } et se prononçant ou ).

ORIGINE DE CHACUNE DE CES FORMES ET NOTATIONS

De o long + n latin : baron, leou, etc.

De o bref tonique : hoern , soer, faldestoed, reproece, voelt, etc.

1° De o bref, long ou en position , avec un i dans la syllabe suivante : hoi , de hodie ; poissent, de possiant , etc.

2° De o ou au, devant une gutturale; mais ici, comme pour ai, c’est la gutturale même qui, devenue demivoyelle, produit l’i : noit, de noctem; p oi, de pauci, etc.

3® De u en position avec un i post-tonique : angoisse.

1° De ab — av — au — o ; ( Tiabuit , Tiabt, avt, aut, ot , out.)

2° De av — au : Peitou, Anjou. La notation o a peutêtre précédé au : Peito , etc.

De u long latin , tonique ou atone : mur, venuz , etc.

1® De u latin en position, tonique ou atone : sueurs, mult , bûche, suz , etc.

2® De u bref tonique : u (de uM), lu (de lupi). etc.

1® De l’o latin accentué et long : meillur, lur, pluret , sul , amur.

2® De o latin atone : nuveles, luer (de locare), dulor (de dolorem), etc.

OBSERVATIONS

Le plus souvent le scribe emploie la notation normande u V. cette notation.

Il y a , dans le Roland , des laisses spéciales en oe. V., plus loin , notre petit Traité de Rythmique.

Nous avons adopté le système de G. Paris et écrit partout oi quand l’étymologie latine donne o + i, et ui quand elle nous donne u i. — Cf. les travaux de MM. Cliabaneau ( Revue des langues romanes, 1872, p. 341 et suiv.) , Havet (Romania , III, 321 et ss.) et Schuchardt (ibid., IV, 119 et suiv.).

Les mots de ce groupe n’assonnent jamais avec ceux du groupe précédent.

Le plus souvent, pour exprimer ce son intermédiaire entre l’o et l’u, notre scribe emploie la notation u , qui est normande, de préférence à la notation o, qui est française.

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u devant Vn et Vm pour rendre le son de l’o nasal.

ui.

c, ch.

ORIGINE DE CHACUNE DE CES FORMES ET NOTATIONS

1° Du latin o long tonique + n: prisim, ocisitm, etc.

2° De o ■+■ m: hum, n um.

1® De o en position , suivi d’une gutturale qui, devenue demi - voyelle , produit un i :

nuit, de noctem, etc.

2° De o bref tonique avec un i dans la syllabe suivante : p ui, de podium; hui , de hodie; cmdet, de cogitât , etc.

3° De u suivi d’une gutturale qui se change en demivoyelle et produit un i : cunduire , luire , etc.

4° De u en position avec un i dans la syllabe suivante en latin : angmssose.

OBSERVATIONS

Même observation. = Les premières personnes du pluriel sont , dans notre texte , en um ou uns. Mais cette notation ne provient de o + m que par un fait d’assimilation romane.

(émus et imus = amus = ams — oms, ums , ou um, ou uns.)

Le scribe a hésité souvent entre les deux notatioas ui et oi. V. ce que nous avons dit plus haut de la notation oi .

B. Consonnes lo Gutturales

1° Devant l*o et Vu, comme devant les liquides l et r, la notation de notre scribe est toujours c, et le son était évidemment resté guttural.

2° Devant Vi et Ve (quand Ve français ne dérive pas ' de Va latin après le c ) , la notation est c, et le son paraît avoir été spirant ( ç ). M. Joret lui attribue le son ch.

3° Reste c + — Quand

ca latin donne en français e

La gutturale c tombe à la fin des mots : si , ami. — Isolée entre deux voyelles, elle tombe au milieu des mots :

soür, loer, dire, feïstes. — Lee devient souvent demi - voyelle ou, pour mieux parler, laisse un i en sa place : afaitat , seint, pais, noit, luire, cunduire , etc.

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OBSERVATIONS

et a, notre manuscrit offre le plus souvent le c et non le ch : camp , cançun, carn, carnet , castels, caitif, caeine , calengier, etc. Le c avait ici gardé le son guttural. = Quand ca latin donne en français c et e, notre manuscrit offre le plus souvent la notation ch C chef , chemin, chevet, etc.).= M. Joret ( Du c dans les langues romanes, p. 234 et suiv.) affirme que le ch est une notation du dialecte français, et que, dans le dialecte normand, on a de tout temps prononcé :

kemin , keval, etc. Nous ne le nions pas; mais nous sommes persuadé que dans le dialecte normand (surtout parmi les conquérants de l’Angleterre et au diocèse d’Avranches, dont l’auteur du Roland était sans doute originaire ), il y a eu certains courants de prononciation française, et qu’à plus d’une époque la haute société normande a prononcé à la française les mots chemin, cheval, etc.

Bref , nous nous en tenons aux notations de notre manuscrit.

4® Le c vient de ti : dutance, de dubitanfia , ete.

5o Le c vient de l’i consonnifié : j = c. Ex : reproce, de repropium , etc.

Du latin qu : ki, kar.

De q latin : quar, que , etc.

= C’est par un fait exceptionnel que l’on trouve quer, de cor.

1° De g latin : gelée, gent,e te.

2° Du c latin, quand après la chute d’une voyelle brève atone, le c heurte une dentale

Le g reste guttural devant 0 et u. Il est doux devant l'e et Yi. Il n’est guttural devant l’a qu’en picard : gambe, goïr .

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OBSERVATIONS

qui tombe : judicare, jugier; manducare, mangier ; tardicare, targier; coraticum , corage, et tous les mots analogues.

g» De l’i consonnifié : cunget, de commiatum ; escange , d’eæcamMum ; flerget, de feriat, Digun, de Divionem.

4° De v latin : guaster, gueret, guivres , etc. Cette formation s’est faite sous une influence germanique.

5° Du w germanique : guarani (werên), guarder (warten) ; guerre (werra) , etc.

1® De j latin ijuindre, jeter , ja, jerreiz, juïse, Juliane , junchèe , juret , jus , justise.

2° De g devant a : joie , joüs , joiuse, jamelz, jalne.

3® De l’i consonnifié.

1® h’h d’origine latine est conservé dans hanste , herbe , herbus, heir s, henissent, hérité, her, hoi, hom, honor, host, hosteler, humeles, humilitet. Il est supprimé dans ost , erbe, onur, aveir, etc.

2° L ’h d’origine germanique est conservé dans haïr, halbercs, hardit, helme , Henri, herberge , hoese , etc.

lo De Vx latin = es ; dux au s. s. m. ;

2° Et de es : dux , de duces, etc.

* Cette gutturale tombe , comme le c, au milieu des mots :

r alier, vint (viginti) , etc. etc.

* Elle devient demi -voyelle ou se vocalise en i, notamment à la fin des mots : plaga, plaie ; legem, lei; regem , rei, etc.

* Il faut remarquer que le g vient modifier en certains cas le son de la nasale : seignur, plaignes , remaignet, ataignet, muntaigne , etc. Ce fait se produit après les notations ai et ei.

L 'h a été ajouté à certains mots d’origine latine : halz , hait, battement, hosturs.

L’as s’adoucit en s, dans le corps des mots : destre , adestrant, ajustée, aproismet, escange, etc.

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OBSERVATIONS

2° Dentales

1® Du d latin,

2° Du t latin après la tonique :

parented, ored, gred, ested , et dans les mots féminins i cruisiedes, etc.

Ce d est rare dans le Roland.

Dans les mots à assonances masculines , nous trouvons presque partout le t : chrestientet , regnet , estet, escultet, etc., tandis que, dans les mots à assonances féminines , le d est presque universellement tombé : vie , pere , rendue , canue , fermées, etc.

* On peut dire qu’une des plus notables différences entre le Roland et le Saint Alexis consiste dans la chute de la dentale. Or, comme l’a démontré M. G. Paris , le d ne tombe point dans les plus anciens monuments de notre langue : il ne tombe ni dans les Serments, de 842 , ni dans la Cantilène de sainte Eulalie, ni dans le Saint Alexis , où nous trouvons, à chaque ligne , des formes telles que vithe, ledice, etc. = Le phénomène contraire se produit presque constamment dans le manuscrit du Roland, qui fut exécuté durant la seconde moitié du xn« siècle. Et c’est, en effet, au commencement de ce siècle qu’il faut sans doute fixer la chute définitive de la dentale dans la langue écrite. Elle était tombée depuis longtemps dans le langage parlé. = Les exemples de la chute de la dentale sont innombrables dans le Roland, non seulement après la tonique, mais avant : quarrel , veïssez, veeir, a fiancer , loez, aüner, avr, caables , etc. etc.

* Un d a été ajouté entre la nasale et la liquide : tindrent.

PHONETIQUE — GRAMMAIRE — RYTHMIQUE 425

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OBSERVATIONS

lo De t latin.

2° De c: veintre. (Le phénomène inverse s’est produit dans creindre, de tremere.)

3® De d, à la fin des mots:

quant, de quando .

T, comme d, tombe dans l’intérieur des mots : poestet, poez, etc. '== Il demeure à la fin des participes masculins, perdut , amet, etc., et des substantifs comme chrestientet, regnet, etc. — Il tombe dans les participes féminins perdue, fermée, et dans les noms tels que vie , etc.

(Voir nos observations sur d.) Il nous paraît très possible, presque probable, qu’à la fin du xie siècle, époque où fut composé le Roland, les participes tels que cruisiedes et aparude avaient déjà perdu leur dentale. Nous ne l’avons pas rétablie. = Enfin t persiste étymologiquement à la fin des 3e* personnes du singulier : du net, aimet, etc.; mais il n’est

pas ici un obstacle essentiel à l’élision.

lo En principe général, z — ts ou ds. De là tuz , asez, oez et toutes les 2e» pers. du pluriel, etc. etc.

2° Après 17 redoublée on emploie l’sdans notre texte :cels, de ecce-illos, etc. Après une seule l mouillée ou sous l’influence d’un i, c’est toujours le z :

Amiralz , oilz,filz, vielz, gentilz, melz , etc. Quand 17 n’est pas mouillée ou n’est pas sous l’influence d’un i, il faut une s et non pas un z : muls, suis.

3° Un phénomène à peu près inverse se produit après Yn.

Après deux nn, toujours un z :

anz, etc. Après une seule n, c’est l’s qui est constamment employée: fins, pleins , bains , uns, Turpins, barons, et tous les mots de la même famille.

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4» Comme l’a observé M. Chabaneau ( Revue des langues romanes, avril et juillet 1874), z = ti, cfii. Et alquanz serait un véritable sujet venant d ’aliquanti.

5° Z est employé à la fin de certains mots ( qui se terminent aujourd’hui par un x) d’après des types latins dont le nominatif offre un x ou un es ( avec ou sans vocalisation de la gutturale) : voiz, cruiz, dulz, etc.

3° Labiales De b latin , beltet , etc.

De p latin, dans les mêmes proportions que notre langue actuelle, à fort peu d’exceptions près.

1° De / latin.

2° De v. Vicem, a donn èfeîz.

Cf., à la fin des mots, clef de clavem , etc.

1° De v latin.

2° De p : evesque, ouvert, saveir, sevrer.

3° De b : cheval ,

OBSERVATIONS

Par l’effet d’une loi générale, le b latin entre deux voyelles tombe , comme dans treüt; entre deux consonnes, comme dans amsdous; entre une voyelle et une consonne , comme dans suz, etc. — On ajoute par euphonie un b entre la nasale et la liquide dans encumbret , cambre, nombre, etc. Le même phénomène se produit dans marbre, où la nasale est tombée.

C’est encore par l’effet d’une loi générale que le p tombe dans le corps des mots, soit avant, soit après la tonique, dans tens, cunter, sur , etc.

V tombe par adoucissement à l’intérieur de certains mots, soit avant la tonique : paür, soit après : sunat (et tous les parfaits à la 3* personne du singulier), etc. Ce dernier fait est conforme à la loi des explosives groupées : en français , c’est la première qui tombe.

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origine de chacune

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