‹ Chanson de RolandChapitre 189 sur 323 · II. De l’élision · texte numérisé non relu

II. De l’élision

5. L’élision d’une voyelle peut se produire à la fin , ou au commencement d’un mot. A la fin d’un mot, la voyelle à élider peut se trouver soit devant un mot qui commence par une voyelle, soit devant un mot qui commence par une consonne. Autant de cas particuliers, autant de règles spéciales.

6. Au commencement d’un mot , l’élision d’une voyelle se produit asseg rarement et Ve muet est, en ce cas, la seule voyelle qui s’élide : Ou’ st la prouesse que aveir soliez. — Si ’n deit hum perdre e de V quir e de V peil (vers 1012).

7. A la fin d’un mot, quand la voyelle finale fait partie d’un polysyllabe et que le mot suivant commence par une voyelle , Ve muet est la seule voyelle qui s’élide, et l’élision en est facultative : Ge vos dorrai de FrancE u n quartier, ou Caries li reis, nostrE e mperere magne (vers 1). L’élision est, à beaucoup près , le cas le plus fréquent.

8. A la fin d’un mot, quand la voyelle finale fait partie d’un monosyllabe et que le mot suivant commence par une voyelle , l’élision est encore facultative : C’Est Looys fils Karlon au vis fier, ou Ce est d'Ogier le duc de Danemarche. Toutes les voyelles, en ce cas, peuvent s’élider; mais l’élision de Ve muet est la plus fréquente, et l’on peut dire que généralement, pour en arriver là , les autres voyelles fléchissent en e.

9. A la fin d’un mot, quand le mot suivant commence par une consonne, l’élision est permise ; mais Ve muet est ici la seule voyelle qui s’élide : Qitai le EL Toivre, sel mangièrent poison ,

10. Les règles précédentes s’appliquent également à Ve muet suivi du t étymologique ou de l’s. Tantôt il s’élide , et tantôt non : De noz Franceis m’i semblET aveir multpoi{ve rs 1050). Guardïïr aval e si guardm amunt(Yera 2235). Puis encrerrunt mes peinES e mes su Jf mîtes (vers 2925). Piez ad copiez e les garnis ot plates . (1752).

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