V. Ait
EL’. En le (In illo), 151, 159, etc.
EL. Adj. neut. Autre ( Aliud ) : Si vunt ferir, que fereient-il el, 1185. Cf.
2961. Pur el n’estes venud , 3397.
ELE. Pron. pers. S. s. fém. (J lia) :
Ele fut, 1123. Dist- ele, 635. Cf.
2465, qui est une erreur du scribe.
— Au s. p., eles : Eles valent mielz,
ELME. R. s. m. Heaume (Du germ.
helm) , 1326, 1542, etc.; et helme, 629, 2789, etc. — S. p. m. : elme, 3306, et helmes, 1809. — R. p. m. ; elmes, 996; helmes, 1798, etc., et healmes, 683.
ELS. Pron. pers., r. p. m. Eux ( Illos ): Pur els esbaneier, 111. Li quels c£’els, 735, etc. V. Ele, Eles.
EMBRUN CHET. Verbe neut., 3® p. s.
de l’ind. prés., 2019. V. Enbrun -
chet.
EMPEINT. Verbe act., 3®p. s. de l’ind.
prés. Le sens primitif est : donner un coup contre, frapper, lancer. (Impangit — impingit. « Empeindre »
vient de impAngere, comme « desfaire » de desfhcere. d'après la décomposition romane.) En parlant du cor de Roland, le poète dit : Empeint le ben, par grant vertut le sunet, 1754. Cf. empeint, 1203. — Parf. simpl. , 3® p. s., empeinst :
Empeinst le ben, tut le fer li mist ultre, 1286. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. p. f. : Tûtes ses oz ad empeintes en mer, 2629.
EMPERERE. S. s. m. Empereur ( Imperator ), 1, 180, etc. etc. ; empereres, 16, 661, etc. etc., et, par erreur, empereur, 1444, et empereor , 1942. — Voc. s. m. : emperere , 308 , etc. — • R. s. m. : empereur, 414; empereor, 954, et, par erreur, emperere, 3823.
EMPER[IEJ. R. s. (Imperium, de même que baptisterium , a donné baptisterie. On prononçait empire, balistire), 3994.
EMPLE1T. Verbe act., 3® p. s. du subj. prés. Mettre dans, introduire dans, et, par extension, employer ( Im plicet, avec la tonique placée sur 1 ’i, comme dans le simple plicet) : Or guart chascuns que granz colps i empleit , 1013. Nen i ad cel sa lance n’i empleit , 3418.
EN. Adv. (Inde). Son premier sens, et le plus conforme à l’étymologie, est celui d’un adverbe de lieu : « De là, en partant de là » : Alez en est, 11. Le cheval brochet ; li sancs en ist tuz clers, 3165. = Mais le sens primitif s’est bien* tôt développé , et , dans le v. 34 (Bien en purrat tuer ses soldeiers ), en, tout en gardant l’idée de source ou de cause, veut dire « avec cela », Cf, 33. = Un pas de plus, et en va signifier « par suite de... » : Si’ n ai oüt e paines e ahans, 864. Ki qu* en pluret u ki’ n riet, 3364.
Cf. 63. Enfin, le mot en arrive à l’état de véritable « particule relative » et rempla \e « de lui, d’elle, d’eux » : Tient Halteclere, sanglent en est Tacer, 1507. Turpin va chercher un peu d’eau sur le champ de bataille de Roncevaux :
Aler i volt, si’ n durrat à Rollant, 2226. Cf. 608, etc. etc. Peu de mots ont eu plus de fortune dans notre langue. — Comme on l’a vu dans quelques-uns des précédents exem-
EN — ENGRERRUNT
Îiles, en perd sa voyelle initiale, orsqn’il suit immédiatement un mot terminé par une voyelle : Ki’ n riet , 3364. Si’ n durrat, 2226, etc.
EN. Prép. [In). En exprime, comme in en latin, tantôt l’idée de repos, tantôt celle de mouvement. A côté de : En piez se drece, 195, et de :
Jusqu’en la mer, 3, etc., il faut citer : En repos , 600. En la cruiz , 2504, etc. = En sert, lié avec un verbe, à exprimer le gérondif latin :En riant , 619. En gisant , 2523, etc.
ENAIMET. Verbe act., 3e p. s. de l’ind. prés, aimet [ In-amat ), 7. — Parf.
simpl.,3ep. s., enamat,3261, 3638. On a proposé de lire nen aimet, nen amat ; mais on trouve dans Flore et Blanchefleur : « Je vos ai forment enamée », etc. Les deux systèmes sont donc acceptables.
ENAPRÈS. Adv. Après cela, ensuite [In, combiné avec ad et pressus ),
ENBAT. Verbe act., 3® p. s. de l’ind.
prés. Enfonce ( In- battait ) : Sun bon espiet enz el’cors li enbat, 1266.
ENBRAÇAT. Verbe act., 3» p. s. du parf. simple. Serra dans ses bras ( In-brachiavit ) : De sun destrer le col en enbraçat, 3440. — Parf.
comp., 3® p. s. avec un r. s. m., ad embracet, 2202. Restituer enbraciet, d'après les assonances.
ENBRUNC. Adj. r. s. Penché, incliné (Étymologie très difficile. Diez propose un mot fait sur in et pronus. Mais cette hypothèse est sans valeur) : Li Emperere en tint sun chef enbrunc, 214. — S. p. m. :
enbrunc , 3274 (?).
ENBRUNCHET. Verbe act., 3® p. de l’ind. prés. Abaisser, tenir bas : Pluret des oilz , tute sa chere enbrunchet, 3645. — Enbrunket, 3505.
Parf., 3« p. s. , enbrunchit . 3816. = Dans ce dernier vers comme au v.
2019, le même verbe est employé au neutre : Fait li le coer, le helme li
EMBRUNCHET.
ENCAE1NENT. Verbe act., 3® p. p.
de l’ind. prés. Enchaînent [In-catenant ) : Si /’encaeinent altresi cum un urs, 1827. — - Part, pass., r. p.
m. : ENCHA1GNEZ, 128.
ENCACERENT (pour enchalcerent).
Verbe act.., 3® p. p. du parf. simpl.
de enchalcer ( Incalcearunt ) , 1627.
V. le suivant et Enchalcent. — On m’a fait observer qu’il pourrait bien ici y avoir une forme du verbe encha cier. Mais le texte de Paris porte enchaucent. Il est décisif.
ENCALCER. Verbe act., inf. prés.
Poursuivre [Incalceare] , 2166. V.
Enchalcent.
ENCANTEÜR. R. s. m. Enchanteur ( In-cantatorem ) : L’enchanteür /ci jà fut en enfer, 1391.
ENCEIS. (Ce mot dérive peut-être à’ antius , comparatif forgé de ante, avec l’accent sur l ’i. Même formation? qu ’ampleis — amplius. Note de W. Fœrster.) Enceis est employé dans notre texte : 1® Comm2 adverbe , dans le sens d’auparavant : Enceis ne l’vit, si l’recunut veirement , 1596. = 2® Comme préposition , avec un régime (?) : Ne fut si fort enceis ne puis cel tens, 3382. = 3® Comme conjonction avec que, dans le sens d’antequam : Doel i avrat enceis q o’ele departet, 3480.
ENCENSEZ (unt). Verbe act., 3e p.
p. du parf. comp., avec un r. p. m.
(Incensatos habent ), 2959.
ENCHA1GNEZ. Part. pass. , r. p. m.
( Incatenatos J, 128. V. Encaeinent.
ENCHALCENT. Verbe act., 3® p. p.
de l’ind. prés. Poursuivent [In-calccant, incalciant) , 2462. — Parf.
simpl., 3e p. p. ENCACERENT, 1627. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s. m. : AD ENCHALCET, 2796; AD ENCHACET , 2785, et avec un r. p. m. (par erreur) : ad encalcer, 2166. — Rétablir partout enchalciet , d’après les assonances.
ENCHALZ. S. s. m. Poursuite des ennerms ( Subst. verbal à’ enchalcer) :
Li enchalz dur et d’ici qu’en Sarraguce, 3635. — R. s. m., enchalz :
Tenent Z’enchalz , 2446.
ENCLIN. Adj. r. s. Incliné, baissé ( lnclinem ) : Li Empereres en tint sun chef enclin, 139. — R. s. m..
enclin , 3504.
ENGL1NÉT. Verbe neutr., 3® p. s. de l’ind. prés. S’incline [Inclinât) : Li reis paiens parfundement l’ enclinet (/’ est pour li). — Parf. simpl., 3e p. p., enclinèrent : Li messager ambedui Tenclinèrent, 2763.
ENCOI. Adv. Aujourd’hui [hodie, combiné avec une racine que, comme le dit W. Fœrster, il n’est pas encore possible d’expliquer). Ce mot nous apparaît sous trois ou quatre formes :
Encoi, 1167; enquoi, 1194, 1223; enqui, 2808; encui , 2142.
ENCONTRE. Prép. En comparaison de ( In-contra ) : Beste nen est nule ki encontre lui alge, 1657. V. Encuntre.
ENCRERRUNT. Verbe neutr., fut., 3e p. p. Augmenteront [Increscere-
\ habent) ; Puis encrerrunt mes
ENGRISME — ENGUARDES
peines, 2925. Le texte porte enter-
ENCRISME. Part, pass., r. s. m.
(Suivant G. Paris, d ’intremus (?) = encrieme. Étymologie qui n’explique pas l’s intérieure) : Suz cel n’en at plus ENGRISME felun , 1216.
ENCUI. Adv. Aujourd'hui , 2142. V.
Encoi.
ENCUMBRET. Verbe act., 3e p. s. de l’ind. prés. Accabler, combler dans un mauvais sens (d ’incumulare , par l’intercalation d’une labiale entre la nasale et la liquide) : Oez , Seignurs, quel pecchet nus encumbret, 15.
Cf. 3646.
ENCUNTRE. Prép. ( In-contra .) Ce mot a plusieurs sens dans notre vieux texte. 1° Le plus étymologique est celui de « contre » : Encuntre mei revelerunt li Seisne, 2921. Cf. 2749.
— 2» Ce même mot signifie encore « le long de... »> : Encuntre tere se pasment li plusur , 2422. =: 3® Encuntre a aussi le sens de « en comparaison de... » : Encuntre mei fait asez à preiser, 1516. — Encuntre, enfin, est employé comme adverbe :
E Guenelun li respundit encuntre,
ENCUNTRENT. Verbe act., 3® p. p.
de l’ind. prés. Rencontrent (In avec un verbe en are formé sur contra ), 3542. — Parf. simpl., 3® p. p., en composition dans s’enir’ENCUNTRErent, 3568. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s. m. : ad encuntret,
ENDEMENTRES. Adv. Pendant ce temps (On a proposé l’étymologie in dum intra. Mais il faut observer que, le plus souvent, dans les langues romanes (prov. cat. , ital. ), mentre , tout seul, est une conjonction, et a le sens de tandis que.
Cf. Endementiers , dans le Glossaire de D. Carpentier, etc.) : La bataille est adurée endementres , 1399.
ENDORMIZ (est). Verbe pass., ind.
prés., 3® p. s., avec un s. s. m. (Indormitus est), 2520.
&NDRE1T. Adv. et Prép. (In directo.) 1® Comme adverbe, endreit signifie « de ce côté -là » : Iloec endreit remeint li os tut nut, 3602.
— 2® Comme préposition, il veut dire « du côté de... » : Or ad li quens endreit sei asez que faire, 2123.
ENDURER. Verbe act., inf. prés. Supporter (In-durare) : Endurer e granz chalz e granz freiz , 1011.
ENEM1S. S. s. m. ( Inimicus ), 144. — R. s. m. : enemi , 461.
ENFANT. R. s. m. ( Infantem . Le cas sujet, qui ne se trouve pas dans, le Roland, est enfes), 1772.— R. p. m. : enfanz, 3106. — Au v. 3197, enfanz semblerait employé dans le sens spécial qu’il reçoit si souvent dans nos Chansons de geste. Ce mot signifie « le jeune homme qui n’a pas encore été adoubé chevalier », et les enfances d’un héros sont le temps qui précède sa réception dans l’ordre de la Chevalerie : Ensemble od els XV milies de Francs, — De bachelers que Caries cleimet enfanz, 3196, 3197. Néanmoins, ce grand nombre de jeunes gens, d’aspirants à la chevalerie, êst de nature à nous inspirer quelque doute sur le véritable sens de ce passage.
ENFER. R. s. m. ( Infernum ), 1391.
ENFRUNS. R. p. m. Nom de peuple païen (Enfruns signifie fou, furieux. et,? par extension, terrible.
V. Ducange, au mot infrunitus — L’étymologie, malgré tout, est douteuse) : Turcs e Enfruns, Arabiz e Jaians, 3518.
ENFUERUNT. Verbe act., 3® p. p. du fut. Enfouiront, enterreront (Il faut lire enfuirunt, qui vient d ’infodirehabent, infodere ayant, dans le latin vulgaire, tourné à la 4® conjugaison), 1750. — Imparf. du subj.
passif, 3® p. s., avec un s. s. f. : fust ENFUÏE , 2942.
ENFUIR (s’). Verbe pronomin. ( Inde fugire.) On pourrait être tenté d’écrire en un seul mot : Desuz cez vais s’en - fuit , 2043. Cf. 686, 1047, 1875 et 2460. Mais d’autres exemples nous prouvent jusqu’à l’évidence qu’il y avait là deux mots bien distincts :
fuir s’en voel, 1600; fuit s’en est Marsilies, 1913. V. Fuir.
ENGLETERE. R. s. f. (Angli et terram), 372.
ENGELERS. S. s. m. Nom d’un des douze Pairs (Engelharius , nom d’origine germanique) , 1289, et Engeler, 1503. — R. s. m. : Engeler, 1494. — Restituer partout Engelier, Engeliers.
ENG1GNENT. 3® p. p. du subj. prés.
Trompent (d’un verbe formé sur ingenium) : Ne s’ poet garder que alques ne Fengignent, 95.
ENGRÈS. Adj., s. p. m. Violents, emportés, hardis ( fait sur agrestes ) : En la bataille sunt felun e engrès,
ENGUARDES. S. p. f. Avant-garde, ou plutôt « soldats envoyés en éclaireurs »>. On dit encore aujourd’hui
ENHAITET
ENSEMBLOD
qu’une armée se garde (De in et de | wardia , qui lui -même est dérivé de Pallem. warten, veiller sur) : De païens H surdent les enguardes , 2975. A Baligant repairent ses enguardes, 3130. — R. p. f. : enguardes, 548, 561. Dans ce dernier cas, le sens d’avant -garde est plus nettement accentué.
ENHAITET. 3e p. s, du subj. prés.
Bénisse, rende heureux (v. Dehet ) :
Bel sire, chers cumpainz , pur Deu que vos enhaitet, 1693.
ENHELDIE. Part. pass. d ’enheldir, s.
s. f. Le helz, c’est la garde de lepée (Origine germanique. Gomme l'observe Diez, c’est l’anc. haut allem.
helza, garde depée): Veez m’espée ki d'or est enheldie , 966. — R. p.
f. (formé sur enhelder ), enheldées :
Ceinent espées enheldées d’or , 3866.
ENLUMINET (ad). Verbe aet., 3e p.
s. du parf. comp. d 'enluminer. A éclairé [Illuminatum habet ) : De tel barnage Vad Deus enluminet , 535.
ENME1NET. Verbe act., 3® p. s. de l’ind. prés. Emmène [Inde -minât), 502. = On m’a fait observer qu’il n’existe pas, en vieux français, un verbe « emmener ». Les deux éléments de ce mot, m’a -t- on dit, y sont toujours séparés, « en -f mener. » Je ne puis faire droit à cette observation, et je crois à l’existence du verbe « emmener » en un seul mot. i= U gués s’en est tornez , s’ammoine Biatris. — Tel fois emmaine deus qu’on enramaine quatre :
ces deux vers, l’un d’Adenet, dans Berte, et l’autre de Rutebeuf, sembleront peut-être concluants.
ENMI. Prép. Au milieu de ( In-medio ).
S’écrit en un ou deux mots avec le sens de notre « parmi » : Enmi ma veie, 986.
ENNUIEZ. S. p. m. Tristes, fatigués (fait sur tn-odio , suivant Diez):
Noz chevalz sunt e las e ennuiez ,
ENOIT. Adv. Cette nuit ( In-hodie ?
Cf. le patois aneu. La vraie forme est anuit, qui se trouve dans les bons textes) : Enoit m’avint une avisiun d’angele, 836.
ENPEINT. Verbe act., ind. prés., 3® p. s. Frappe ( Impangil — impingit ) , 1203. V. Empeint.
ENPENET. Part. pass.. s. s. m. Garni de plumes ( Impennatus) : Un algier tint ki d’or fut enpenet, 439. — R.
p. m. : enpennez, 2156.
ENPORTET. Verbe act., 3e p. s. de l’ind. prés. ( Inde-portat ), 1268. 3«p.
p. : enportent, 1510. — Fut., 3« p. s. : enporterat , 935. Même observation que pour enmeinet. Nous nous persuadons qu’il a existé un verbe emporter en un seul mot. V. la Chronique de Rains : Ses cors fut emportés à Londres; et Roncevaux : De Saragoce les clés enporterez, etc.
ENPRES. Adv. et prép. [In presso.) 1° Comme adverbe, il signifie « ensuite » : Enprès li dient : <« Sire , car nos menez, » 357. 2° Comme préposition, il est synonyme d’après :
Enprès sun colp ne quid que un dener vaillet, 1666.
ENPRISE (avez). Verbe act., 2e p.
p. du parf. comp., avec un r. s. f.
Avez entreprise ( d’in et prehensam) : Faites la guer[e] cum vos l’ avez enprise , 210.
ENQUI. Adv. Aujourd’hui, 2808. V. Encoi.
ENQUIS (ad). Verbe act., 3e p. s. du parf. comp., avec un r. s. f. A recherché ( Habet-inquœsitum ) : Enquis ad mult la lei de salvetet , 126.
ENQUOI. Adv. Aujourd’hui, 1194.