V. Graisle
GRIFUNS. R. p. m. [Griphones , de griphos): Grifuns i ad plus de trente millers, 2544.
GROS. R. p. m. Nom de peuple païen (D’après M. Haupt, de Grudi, Grudos ??) , 3229.
GROSSE. Adj. s. s. f. ( Grossa ): La hanste fut grosse cume uns tinel, 3153. — R. s. : Gros ad le piz, 3159.
— R. p. : gros, 3221. = Au v. 2295, gros est employé substantivement, au neutre : Fenduz en est mis olifans eV gros.
GROSSAILLE. R. s. m. Nom de païen (? de grossus) , 1649.
GUAIRES. Adv. Beaucoup (d’après le germ. weiger , beaucoup) : Li quens Rollanz ne li est güaires loign, 1897.
GUAITENT. Verbe act. Ind. prés., 3* p. p. (Haut allem. t uahtan , qui a le même sens): La noit la guaitent
entresqu’à Vajurnée, 3731. Il s’agit des comtesses qui veillent auprès du corps de la belle Aude.
GUALT. R. s. m. Forêt (de l’allemand wald, forêt), 2549.
GUALTERS. S. s. m. Nom d’homme (de Waitcharius , plus tard Waltharius — Walther — Walt-\- heer — regens exercitum), 800, et, par erreur, Gualter, 807. — R. s. m. :
Gualter, 803, 2039. = Restituer partout Gualtiers, Gualtier.
GUANT. S. s. m. Gant ( Wantus, bas latin; orig. germ. Dans le Glossaire de Cassel, qui est antérieur aux Serments de 842 et que Diez a publié à Bonn en 1865, ou trouve déjà wanz au pluriel), 764.
— R. s. m. : guant, 247, 281. — R.
p. m. : guanz , 2830. rr Le gant est un des attributs des ambassadeurs, v. 247. — Pour rendre l’hommage on tend le gant de la main droite, v.2373, = Quand Pinabel défie Thierry : Met li eV poign de cerf le destre guant, 3845. = Guant, enfin, sert de négation explétive : Trestuz les altres ne pris jo mie un guant, 3189. (V.
Schweighæuser,Z)e la Négation dans les langues romanes, 71, 72.)
GUARANT. S. s. m. : Garant et garantie : par extension , défenseur, seigneur (haut allem. werèn) : Se Mahumet me voelt estre guarant, 868. Guarent: Dient Franceis : Ben fierl nostre guarent, 1609. — R. s., guarant : J o i puis aler, mais nH avrai guarant , 290. Li XII Per rtavrunt de mort guarant , 948.
Dans ces deux exemples, guarant est au neutre. Rem. l’expr. aveir guarant. Cf. guarent, 1418. — S. p.
m. : guarant, 1470.
GUARANTIR. Verbe act. Inf. prés.
Défendre, soutenir ( voyez le précédent) : Jo ne vos puis tenser ne guarantir, 1864. Mun jugement voel sempres guarantir, 3836. — Impér., 3® p. p. : guarantissez , 3277.
GUARANTISUN. R. s. f. Préservation, garantie (voyez Guarant ), 924.
GUARDE. S. s. f. ( Subst. verbal de uarder, haut allem. warten), 192.
ARDER. (Fait sur le haut allem.
warten. ) 1° Conjugaison. Inf. près. :
guarder, 1192, et, au réfléchi, se guarder, 9. — Ind. prés., 3® p. s. :
GUARDET, 487, et GUARDE, 2847. — Parf. simpl., 3® p. s. : guardat, 2532; 3® p. p. : guard[er]ent, 1829.
— Impér., 2® p. s. : guarde, 1819; 2® p. p. : guardez, 298. — Subj.
près., 3® p. s. : guart, 1013, et 3«
GUARENT — GUEREDUN
р. p. : guardent , 2713. = 2° Sens du verbe guarder. a. Le sen3 le plus fréquent à l'actif est celui de <i défendre » : Traït vos ad ki à guarder vos out , 1192, et « veiller sur » : Fait cels guarder Presque li dreiz en serai , 3849. := b.
Guarder a encore le même sens que notre mot <« regarder » : Guardet aval e si guardet amunt, 2235. =
с. Se guarder que.... « empêcher» :
Ne se poet guarder que mais ne li ateignet , 9. — d. Au neutre, avec ou sansçt^e, « Faire attention »: Guardez de nos ne turnez le curage, 650.
GUARENT. V. Guarani .
GUARESIS. Verbe actif, parf. simple, 2e p. s. de guarir, 2386. V. Guarir.
GUARET. R. s. Guéret ( Vervactum , qu’on trouve dans Varron et Columelle) : En mi un guaret, 1385.
GUARIR. Verbe act. Préserver, garantir, sauver ( fait sur Pane, hautallem.
werjan) : De centmillers n’en poent guarir dous, 1440. Cf. 3828. — ind.
prés., 3e p. s. : guarit, 1316. — Parf. simpl., 3® p. s. : guaresis, 2386. — Impér., 2® p. p. : guarisez, 21. — Subj. prés., 3° p. s, : guarisset, 1837. — Part, pass., s. s. m. : guariz, 2036. — - S. p. m. : guariz, 2473. = Au passif. Fut., 3« p. s., avec un s. s. m. : ert guariz, 354, et iert guarit, 1241. 2® p. p., avec un s. s. m. : serez guarit, 3788. = Au neutre, on emploie guarir dans le sens de a se sauver », trouver le salut: Encore purrat guarir , 156.
GUARISUN. R. s. f. Préservation , salut. (V. Guarir). 3774. Guarison,
GUARLAN. R. s. m. Nom de païen (?),65.
GÙARNEMENT. R. s. Équipement, armes (V. le suivant), 1003, — S.
p. GUARNEMENT, 1552. — R. p, GUAR- NEMENZ , 100.
GUARNIST. Verbe act. Parf. simpl., 3© p. s. Munit (Fait sur Fane, haut âllem. warnôn, et, comme Littré le fait observer , même radical war que pour guarder) : De Sarraguce Caries guarnist les turs, 3676. — Part, passé, s. p. m., guarniz : Ben sunt guarniz e de chevals, e d’armes ,
GUART. Verbe actif. Subj. prés., 3© p.
s. de guarder, 1013.
GUASCUIGNE. R. s. f. ( Wasconiam ), 819. Gascuigne, 172. Guascoigne,
GUASCUINZ. S. s. m. Gascon (JVasconius ), 1289. — Gàscuinz, 2407,
GUASTE. Adj., s. et r. s. f. Inculte, déserte, vide, et, par extension, veuve (même étym. que le suivant):
Issent des porz e de la tere guaste, 3127. La sele en remeint guaste , 3450. E! France dulce , cun hui remendras guaste de bons vassals...
1985, 1986. Le premier exemple est au rég. et les deux autres un sujet.
GUASTEDE (ad). Verbe actif. Parf.
comp., 3® p. s., avec un r. s. f. A dévasté ( Habel-vastatam ) : Caries li magnes ad Espaigne guastede, 703. — C’est un de ces anciens participes comme il <n est resté deux ou trois dans Roland. Tous les autres ont perdu la dentale au féminin , et nous pensons qu’a peu d’exceptions près ils l’avaient déjà perdue, même dans la notation graphique, à l’époque où fut composé le Roland.
GUENES. Nom du beau-père de Roland ( Guenes vient de Wenüo , elGuenelun de Wenilonem. Le fameux archevêque Weniîo, condamné en 859 par le Concile de Savonières pour avoir déserté la cause de Charles le Chauve, semble avoir été le type de notre traître. Ce qu’il y a de certain, c’est que dans le poème de Saint Léger, qui est du x« siècle, Guenes est le nom du geôlier de saint Léger.
Donc ce nom était déjà odieux. = M. Hugo Meyer a rapproché Guenes du francique Gamalo , et du norois Gamal (vieux), prétendant que le <« Vieux » désigne « le Loup » dans la Mythologie Scandinave, et que Ganelon joue à Roncevaux le rôle du loup dans le Crépuscule des Dieux, etc. etc. Mais M. G. Paris a démontré, par les vieilles formes romanes du mot Guenes, que cette origine est inadmissible.) S. s. m, : Guenes, 178, 483, 304, etc. Et Guenelun, 247, ou Guenelon , 3757. Yoc. s. m. : Guenes , 280. — R. s. m. : Guenelun , 649, etc., ou Guenelon, 4526.
GUERE. R. s. f. Guerre ( bas latin guerra, du haut ailem. werra), 235, et guerre, 906.— S. s. f. : guerre, 242. V. Guerre.
GUEREDUN. R. s. m. Récompense, compensation, prix (D’après l’ancien haut allem, widarlon, qui a le même sens, selon Diez, ou du bas latin widerdonum, altéré do l’allemand widarlon par l’influence du latin donum. W. Fœrster) : Ben le conuis que gueredun vos... dei , 3409. Ce mot est toujours de trois syllabes ( gue-re-dun ) dans la Chronique des Ducs de Normandie , etc