MAISTRE
MALTALENTIFS
en juge par notre couplet CCLXXI, qui nous paraît assonancé en ié féminin.
MAISTRE. Adj. r. s. m. = Ce mot
nJest employé que comme adjectif dans notre texte, où il a déjà beaucoup dévié de son sens étymologique (Magister) . Quand l’Empereur confie à ses cuisiniers, à ses cous , la garde de Ganelon : Tut Le plus maistre en apelat Begun, 1818. Et nous trouvons, au ver- 2939, le mot maistre employé dans une locution encore plus caractéristique : .4s maistres porz de Sirie . On voit, par là, combien sont anciennes , dans notre langue, ces expressions : Une maîtresse femme, un maître homme, une maîtresse ville, un maître pays, etc.
MAISUN. R. s. m. ( Mansionem.) Dans le Glossaire de Cassel on trouve mansione dans le sens de « maison). »
Au v.3978, maisun est employé dans le sens d’habitation : En ma maisun ad une caitive. Mais , au v. 1817, ce mot a le sens, plus marqué,, de « maison du roi ») : Si Vcumandat as cous de sa maisun.
MAJOR, MAJUR. Ce mot, dérivé du comparatif latin de magnus, n’est employé que dans une seule expression : Tere -majur ou major . On trouve majur, comme r. s. f., aux vers 818 et 952; major, comme vocatif s. f.. au vers 1616, et comme r. s. f., au vers 600. = Il est d’ailleurs très certain , contrairement à l’opinion de quelques érudits , que ce mot : Tere- major , désigne réellement la France, et c’est ce que prouve jusqu’à l’évidence le vers suivant : Tere -major, Mahummet te maldie, 1616. Ainsi parlent les païens au milieu de la bataille.
MAL. Adverbe (Male) : Mal nos avez baillit, 453. = Rem. la locution mal baillir, qui signifie « mettre en un mauvais point ».= Une autre expression , qui était sans doute d’un usage constant, se trouve dans l’imprécation suivante : Mal seit de V coer ki eV piz se cuardet, 1107.
MALBIEN. R. s. m. Nom de païen ( composé probablement, par fantaisie, avec les mots mal et bien), 67.
MALCUD. R. s. m. Nom de païen (D’après Male-cogitat?) , 1551.
MALDIENT. Verbe act. Ind. prés., 3® p. p. ( Maledicunt ), 2579. — Subj.
prés., 3© p. s. : maldie, 1616. — Part, pass., r. s. f., maldite : Tint Ethiope , une tere maldite, 1916.
MALDUIT. R. s. m. Nom de païen ( Male-ductum ) , 642.
MALE. V. Mais , adjectif.
MALEMENT. Adverbe ( Mala-mente
MALES. V. Mais , adjectif.
MALEZ (sunt). Verbe pass. Ind.
prés., 3e p. p. Sont assignés, ont leur sort judiciaire réglé par le mall germain (Sunt mallati) : Ben sunt malez par jugement des al 1res, 3855.
MALMIS (s’est). Verbe réfl. Part’, comp., 3o p. s. S’est mis en mauvais cas (Male-mïsum) : S’est parjurez e malmis, 3830. — Part, pass., r. p.
m., malmis : Ki dune vei'st cez escuz si malmis , 3483.
MALPALIN. R. s. m. Nom de païen (?),
MALPERSE. V. Malpreis.
MALPRAMIS. S. s. m. Nom du fils de Baligant (pour Malprimes ), 3176.
— Voc. s. m. : Malpramis, 3184, etc.
— R. s. m. Malpramis, 3498. V. Malprimes.
MALPREIS. MALPRUSE. Nom d’une région païenne. Dans un couplet masc. en ei : La lerce est des jaianz de Malpreis, 3285; et, dans un couplet en un féminin : Malpruse, 3253.
M ALPR1MES. R. s. Nom d’un païen (?) ,
MALPRUSE. V. Malpreis.
MALQUIANT. R. s. m. Nom d’un païen ( Male-cogitantem), 1551.
MALS. S. s. m. Douleur, souffrance (Malus) : Ne s’poet guarder que mals ne U ateignet, 9. — R. s., mal : J o ri ai nient de mal, 2006.
Locution qui s’est conservée , comme la suivante : Ne m’ fesis mal, 2029.
— R. p. m. : mals , 60.
MALS. Adjectif, s. s. m. Méchant, mauvais ( Malus ) , 727. S. s. f. :
male, 1466. — R. s. m. : mal, 3953.
— R. s. f. : male, 918, 2135. — R.
p. m. : mals, 1190. — R. p. f. : males, 886 1
MAL(SAR)UN. R. s. m. Nom d’un païen (?), 1353. =Lesmss. de Venise IV et Versailles donnent Falsiron, Falseron; dans le Karl-Meinet, on lit :
Malsaron , etc.
MALTALANT. R. s. Mauvaise disposition , et, par extension , colère (Malum-talentum. Talentum signifie un poids qui fait pencher de tel ou tel côté...) : Li Empereres respunt par MALTALANT, 271. Cf. 288.
MALTALENTIFS. Adjectif, s. s. m.
Mal disposé, colère (V. le précédent) : Rollanz ad doel, si fut mâl- TALENTIFS, 2056.
MALTET — MARCHET
MALTET. R. s. Nom de Vespiet de Bahgant (?? Malilatem. J’avais précédemment traduit ce mot d’après cette étymologie ; mais ce n’était pas sans quelque hésitation) : Tient son espiet , si V apelet Maltet, 3152.
MALTRA1EN. R. s. m. Nom d’un roi païen ? ( On peut y retrouver les deux mots mal et traire , indiquant une mauvaise origine ?), 2671.
MALVAIS.Voc. s. m. Mauvais, («Diez avait proposé le vieux haut allemand balvasi transformé, sous l’influence du latin malus , en malvasi. Le même Diez a proposé malelevatus pour expliquer l’esp. malvado et le provençal malvat. Bugge, dans la Romani a, a rejeté balvasi et adopté male-levatius y ce qui n’est guère meilleur. » Note de W. Fœrster), 2582. — R. s. m. : malvais, 481.
Cf. 2135. — S. s. f., malvaise , 1014, 1016. — R. p. f. : malvaises , 810.
MALVAISEMENT. Adv. (V. le précédent), 1474.
MALVAISES. V. Malvais .
MANAüE. R. s. f. Menace ( Mina tiam) , 314. — R. p. f. : manaces,
MAND. Verbe act., Ire p. s. de l’ind.
prés. ( Mando ), 2761. — 3e p. s. :
mandet, 125. Mandet sa gent , 2623.
— Parf. simpl., 3e p. s., mandat :
Deus li mandat que ...y 2319. — Parf.
comp., 3® p. s., avec un r. s. m. : ad mandet, 2614, et avec un r. p. f., ad mandées : Quatre cuntesses... ad mandées, 3729. — Plus -que • parf. , lre p. s., avec un r. s. m. : aveie mandet, 2770. — Fut., 1«> p. p. :
manderum, 1699. — Impér., 2® p. p. :
mandez , 28.
MAiNEVIZ. Adj., r. s. m. Bien disposé, ardent (D’après Diez, du gothique manvusy prêt, et manvjan, préparer ) : Tant se fait fort e fiers e MANEVIZ , 2125.
MANGER. Verbe actif, inf. prés. ( Man ducare ). 2542. — Fut., 3® p. p. mangerunt, 1751. Par les deux exemples précédents, on verra qu’on disait dès lors : Manger quelque chose et manger de quelque chose. — Ce mot ne se trouvant comme assonance que dans un couplet en ier f il faut lire mangier . V. toute la conjugaison de mangier dans la Romania, vu , p. 427 et ss.
MANGUNS. R. p. m. Sorte de monnaie (Ducange rattache mancusa à manca , marca. Manguns est sans doute de la même famille). Quand Valdabrun donne son épée à Ganelon,
il dit qa’Entre les helz ad plus de mil manguns, 621.
MANTEL. R. s. m. Manteau ( Mantel lum), 462, 830. — R. p. m. : mantels.
MANUVERER. Verbe actif. Opérer, travailler, placer avec la main [Manoperare). Il est dit que Charles, possédant le fer de la lance dunt nostre Sire fut en la cruiz nafrez , le lit mettre dans le pommeau de son épée : En Voret punt Vad faite ma« NUVERER, 2506.
MAR. Adv. Mal à propos, inopportuné* ment, à tort, à la malheure ( Mar et mare représentent male , comme buer reproduit bene) : J a mar crerez Marsilie , 196. il faut traduire. : « Vous aurez bien tort de croire Marsilie. »
J a mar crerez bricun, 220. Li duze per mar î serunt jugez f 262. Caries li magnes mar vos laissât as porz } 1949. Tant mar fustes hardiz , 2027.
On peut dire que ces locutions, et notamment tant mar , étaient devenues très usuelles et presque proverbiales. — Mare est exactement employé dans le même sens, quand le poète a besoin d’une syllabe de plus :
Tant mare fustes , ber, 350. Bar un y tant mare fus ( c’est la formule de l’oraison funèbre), 151. Li Empereres tant mare vos nurrit f 1860. Si mare fumes nez , 2146.
MARBRE. R. s. m. ( Marmor ), 12.
MARBR1SE. R. s. f. Nom d’une localité en Espagne (Le type latin serait Marmoritia. D’autre part, la Marmanque, dans l’antiquité, était une contrée de l’Afrique. Est-ce un souvenir? non : c’est s-ms doute un mot de fantaisie) : Laisent Marbrose et si laisent Marbrise , 2641.
MARBROSE. R. s. f. (Comme le précédent. Le type latin serait : Marmorosa ), 2641.
MARCHE. R. s. f. Un pays frontière, et, par extension, le pays, l’Empire tout entier (du goîh. marka ou de l’anc. haut allem. marcha, frontière).
Charles dit de Roland, qu'il a laissé en Espagne : Jo Vai lesset en une estrange marche, 839. Cf. 2209 et 3128, où marche a plutôt le sens de pays frontière. Partout ailleurs, sa signification est plus étendue. — R.
p. f., marches : Ço est Loewis... Si tendrai mes marches , 3716.
MARCHET. R. s. Marché, échange ( Mercatum ) : Li reis Marsilie 'de nos ad fait marchet, 1150. =r Comme le couplet est en ier, il faut lire marchiet. =. On voit que la locution