MARCHIS — MEI
« faire marché de... »> remonte très haut dans notre langue.
MARCHIS. S. s. rn. Celui qui est a la tête d’une marche ou pays frontière.
Déjà, dans le Roland , le sens est plus étendu. Et même un païen va jusqu’à dire de Charlemagne : Grant ad le cors , ben resemblet marchis, 3502. Cf. 2971 [Marchensis).— Roland est toujours qualifié de « Marquis », ce qui s’accorde avec l’histoire, puisqu’il fut en réalité préfet des Marches de Bretagne : A icest mot se pasmet li Marchis, 2031. — R. s.
m. : marchis, 630. = Ce mot entre dans la composition de FgLMarchis,
MARCULES. S. s. m. Nom de païen (ce ne peut être le même mot que Mar cul fus , Mar cou ). 3156.
MARE. Adv. A la mai heure ( N. Mar ):
Tant mare fustes , ber , 2221. -Si mare fui , 2823. Cf. 350, 1561, etc.
MARGANICES. S. s. m. Ce mot est une erreur du scribe , pour Algalifes :
Li Marganices sist sur un ceval sorf 1943. Cf. 1914.
MARGARIZ.S. s.m. Nom d’un païen.?
Un margerit, en provençal, est un apostat, un mécréant, et le même mot existe dans le roman du nord (V. Ducange, aux mots Margarita , Margarites ) : Curant i vint Margariz de Sibilie , 955.
MARIE. Voc. s. f. La Vierge - mère [Maria y de l’hébreu Miriam, élévation, et, par extension, reine), 3203. — R. s. f. : Ne creit en Deu , le fïlz seinte Marie , 1634. Cette épithète de Dieu est constante dans toutes nos Chansons.
MARINE. Adj. r. s. f. ( Marinam ) :
Cil lient la tere entre[s]qu’à scaz marine, 956 (?).
MARMOR1E. R. s. m. Nom d’un cheval [Marmorius , marbré), 1572.
MARRENES. R. p. f. Marraines {Matranas ), 3982.
MARS1LIES. S. s. m. Nom d’un roi païen de Saragosse (mot de fantaisie. L’étymologie paraît être latine, MarciUus ), 89 , etc. Marsilie , 7, etc. Marsiliun , 222. — Voc. s. m. : Marsilie , 1618. — R. s. m. : Marsilie, 196, 320, etc. Marsilies (par erreur), 874, et Marsiliun, 245, 309, etc.
MARSUNE. R. s. Lieu où Charlemagne conquit son cheval Tencendur (?) : fl le cunquist ès guez desuz Marsune. 2994.
MARTIR1E. S. s. m. Ce mot signifie, non pas, dans un sens restreint, le
martyre des Saints, mais un mas-
sacre , une mort violente quelconque.
Même il s’applique trois fois sur quatre aux païens [Martyrium) , 591.
— R. s. : martirie , 965.
MARTIRS. S. p. m. ( Martyres ) : Se vos murez y esterez seinz martirs ,
MARTRE. R. s. f. Fourrure (V. dans Ducange, mârtures et mârtalus. La première étymologie est la vraie, et mârtures est d’origine allemande) :
De sun col getet ses grandes pels de martre , 302.
MA RUSE. R. s. f. Nom de lieu païen (?),
MASSE. R. s. f. ( Massam ) : De sun aveir me voelt duner grant masse ,
MAT. Subj. prés. 1™ p. s. de matir:Ne lerrai que ne V mat, 893.
MAT1CES. R. s. f. Pierres précieuses, améthystes (?) (D’après A methystosf):
Ben i ad or y matices e jacunces, 638.
MATIN. Adj. r. s. n. Employé avec par , produit la locution « par matin » ( Per m.atutinum ) : Li Empereres est par matin levet, 163 et
MATIN. Adv. Le matin ( Matutine ) :
Oi matin, 2601. Hoi matin, 3629.
MATINES. R. p. f. Une des sept heures canoniales ( Matutinas ) : Messe e matines ad li Reis escultet, 164 et
MATIR. Verbe actif. Inf. prés. Mater, abattre (Locution tirée du jeu d’échecs. Ech chah mât signifie en persan : « Le roi est mort ; » d’où échec et mat ) : Le grant orgoill se ja puez matir, 3206. -— Subj. prés. 1» p. s. : mat, 893.
MAZ. R. p. m. Mâts de navire ( de l’ancien haut allemand mast ; nordique , mastr ) : En sum ces maz e en cez haltes vernes , 2632.
ME. Pron. pers. r. s. m. [Me). Il faut ici distinguer deux sens très nets :
1» Me est employé comme régime direct : Si me guarisez e de mort e de hunte, 21 , etc. etc. = 2<> Il est employé comme régime indirect, ou, pour mieux dire, dans le sens du latin mihi : Par la barbe ki à Vpiz me ventelety 48. Kar me jugez ki eri en la rere-guarde , 742. Cf. 656.
MEI. Pron. pers., r. s. m. Moi [Me).
Trois emplois distincts : 1» Régime indirect (dans le sens de mihi) : Mèi est vis y 659. Cest mot mei est estrangey 3717, etc. — 2° Régime direct (dans le sens de me) : Mei ai perdut
i e tute ma gent f 2834. J a mar crevez
I bricun..., ne mei, ne altre , 221. =
MEÏE — MENTIS
3® Régime de toutes les propositions :
De mei , 82, 190 , 230. Pur mei , 1863. Par mei, 461. Sur mei, 734. Devant mei , 748. Encuntre mei , 1516.
MEIE. Adj. possessif, s. s. f. Mienne.
Forme analogue à tue et sue ( fait sur mea , où Ve bref a été traité comme un e long tonique), 2198. — Voc. s. f. :
meie , 3295. — R. s. f. : meie , 47, etc. ~ IJ faut observer que meie s’emploie surtout (sauf quelques exceptions faciles à comprendre, comme:
Meie culpe, De meie part ) avec un article ou un pronom démonstratif :
La meie mort , 2198. Ceste meie grant ire , 301. Od la meie, 988, etc.
MEIGNENT. Verbe neutre, ind. prés., 3c p. p. Demeurent, habitent ( Ma nent donne mainent, et. le g est amené par l’n. M. Fœrster propose meinent de minant. Je ne puis adopter cette hypothèse, que la phonétique justifie et que le sens condamne ) : Dient alquanz que Diables i meignent, 983.
MEILLUR, MEILLOR. Adj. comparatif, r. s. m. Meilleur ( Meliorem ).
— Au r. s. m., on trouv meillor, 231, etc. — R. s. f. : meillur, 620. — S. p. m. : meillor, 449. — R. p. m. : meillurs, 1850. meillors, 502. = Au vers 449 , meillor est employé substantivement : Einz vos averunt li meillor cumperée. Le cas sujet
pql nyi 'iplH'r'P
MEINENT. 3o p. p. de l’ind. prés, de
<yyi pqi pÿ* QQi
ME-INET. 3c p. s. de l’ind. prés, de mener , 3680.
ME1S. R. s. m. Mois ( Mensem ), 2751.
MEÏSME. Adj. s. s. m. Même ( Metipsissimus , metipsimus , meeisme , meisme ), 400. — R. s. m. : meïsme, 1036. — - R. p. f., meïsme : Nuncerent vos cez paroles meïsme , 204. =: Il y a lieu ici de faire deux remarques :
1» Meïsme s’emploie concurremment avec lui et sei : En lui meïsme en est mult esguaret, 1036. Cf. 2382.
Mult quiement le dit à sei meïsme , 1644. Cf. 2315. — 2° Meïsme forme avec de cette locution adverbiale qui est restée dans notre langue : « De même » : Altre bataille lur liverez de meïsme, 592.
MELLÉE. R. s. f. Querelle ( Miscula tam ) , 450.
MEITET. S. s. f. Moitié ( Medietatem ), 1484. — R. s. f. : meitet, 473, et meitiet, 1264. — R. p. f. : meitiez, 1205. = La forme correcte est meitiet, comme le prouvent les assonances.
MELZ. Adv. comparatif. Mieux [Melins ), 44, 516, etc. — On trouve trois
autres formes : 1® Meilz , 536.
2« Mielz, 58. 3<> Miez, 2473. = Mielz est employé adjectivement au vers 1822 : G. cumpaignons... des mielz e des pejurs. — La forme correcte est mielz. Ce mot, en effet, ne se trouve en assonance que dans les laisses en ier.
MEMBRE. S. p. Membres ( Membra ), 3971. — R. p., Membres : Puis en perdit e sa vie e ses membres , 1408.
= Cette dernière locution , d’origine féodale ( vitam et membra ), se retrouve encore aujourd’hui dans la liturgie romaine. L’Evêque élu prononce, dans sa formule de serment, la phrase suivante : Non ero in consilio aut consensu , vel facto , ut vitam perdant aut membrum Dorainus Papa suique successores ( Pontifical Romain , De Consecratione electi in episcopum).
MEN. Adj. possessif, r. s. m. Mien (Më[u]m donne mien comme rem aonne rien), 43, 249.— On trouve au s. s. m. : miens, 743, et au r. s. m. : mien , 149 , etc. C’est cette dernière forme qui est la meilleure d’après les assonances.
MENÇUNGE. S. s. (Fœrster propose mentitionea, qu’il peut appuyer d’une citation ), 1760.
MENDEIER, Verbe neutre. Inf. prés.
! ( Mendicare . Cf. la forme mendi-ier
— mendier ) : Ne nus seiuns cun duiz à mendeier, 46.
MENDISTED. R. s. f. Mendicité ( Men dicitatem ), 527. Mendistiet (v. 542) entre comme assonance dans un couplet, en ier .
MENÉE. R. s. f. Certaine sonnerie particulière du graisle ; sans doute la charge ou la poursuite ( Mina tam; voy. le suivant) : VIL milie graisles i sunent la menée , 1454. = Ce même mot est employé , dans^ un sens plus large, pour le son même des cors ou de l’olifant : S. p. f., Menées : De V olifant haltes sunt les menées , 3310.
MENER. Verbe act. Conduire [Minare ), 906 — Ind. prés., 3« p. s. :
meinet, 3680. 3« p. p. : meinent, 991.
— Impér., 2e p. p. : menez, 211. — Fut., 2« p. p. : merrez, 3204. — Passif. Fut., 3® p. s., avec un s. s. f. : Iert menée, 3673. 2e p. p., avec un s. s. m. : serez menet, 478. — On dit « mener une guerre », 906, etc.
MENTIS. Verbe neutre’ Parf. simpl., 2e p. s. ( Mentir vient de mentire) :
Veire pate[r]ne ki unkes ne mentis , 2384. C’est une des épithètes les plus
MENTUNS — MESSAGE
constantes de Dieu dans toutes nos Chansons de geste. 3® p. s. : mentit, 1865. — Parf. comp., 2® p. p. : avez MENTIT, 1253.
MENTUNS. R. p. m. (Menton vient du iat. mentum avec une désinence augmentative en o, onis ), 626. — Daiu le Glossaire de Cassel , document antérieur aux Serments de 842, on trouve déjà mantun.
MENU. Adverbe. V. Menut.
MENUE. Adjectif, s. s. f. Petite, fine ( Minuta ), 1329. — S. p. m. : menues, 3656. — R. p., mentjz : De mes pecchez , des granz e des menuz , 2370.
Cf. au v. 1956 : D’ici qu’as denz menuz. V. Menut.
MENUR. Adj. comparatif, r. s. f.
( Minorem }. Avec la, c’est un superlatif : En la menur ( esohele ),
MENUT. Adverbe [Minute). La locution « menut e savent » est fréquemment employée dans notre vieille langue (vers 1426 et 2364 ).
MER. S. s. f. (De Mare, sous une forme féminine), 2635. — R. s. f., mer:
Vers Engletere passai il la mer salse, 372.
MER. Adjectif, r. s. Pur ( merum ).
C’est l’épithète constante du mot or :
Or mer, 115, etc.=MiER, qui se trouve aux v. 1506 et 3866, est la forme véritable.
MERC1ET (ad). Verbe act., 3® p. s.
du parf. comp., avec un r, s. m. A remercié ( Mercier est le verbe de mercü, qui vient de mercederh) :
Li reis Marsüie mult Ven ad merciet, 908. — Subj. prés., 3« p s. :
MERGiE : Deus... à hen le vos mercie , 519. Il faut remarquer que le sens ici n’est plus le même. C’est celui de « Dieu vous en récompense ».
Cette signification est plus étymologique que la première. V. le suivant.
MERCIT. R. s. f. Pitié, miséricorde ( Merced&m ) : Si preiez Deu mercit, 1132. Deus ait mercit de V anime , 3721. On voit, par les vers précédents , l’emploi déjà fréquent des deux locutions « avoir merci de » et « prier ou demander merci ». =r Une troisième expression populaire est :
« En ma merci » : S’en ma mercit ne se culzt à mes piez , 2682. Cf. le v. 3209 : Sire, vostre mercit, et cette locution adverbiale qui se trouve trois fois dans notre texte : Deu mercit ou mercit Deu, 1259, 2183, 2505 :
Cest premier colp est nostre, Deu mercit, 1259. Le sens est celui de :
« Grâce à Dieu. »
MERES. R. p. f. ( Maires ), 1402.
MERREZ. Verbe act., fut. simple, 2* p. p. de mener ( Minare habetis , mènerez , menrez ) , 3204. V. Mener.
MERVEILLE. S. s. f. (Mirabilia) :
Nen est merveille se Karles ad irur , 2877. Remarquez la locution :
« Ce n’est pas merveille si... »
MERVEILLER (me). Verbe réfléchi.
Inf. prés. (V. Merveille) : Mult me puis merveiller de Carlemagne , 537. — Ind. prés., 1»-® p. s., me merveill : Mult me merveill se ja ver rum Carlun , 3179. — Subj. prés., 3a p. s., s’en merveilt : N’i ait Franceis Ici tôt ne s’en merveilt, 571. La vraie forme est merveillier.
MERVEILUS. Adj. s. s. m. (V. Merveille) : Merveilus hom est Charles, 370. — - S. s. f. , merveilluse : La bataille est merveilluse, 1412; merveillose, 1620. — R. s. m. : merveillus, 2474. — R. s. f. : merveilluse, 843. — S. p. m. : merveilles, 815. — S. p. f. : merveilluses , 598. — R.
p. : merveillus , 2534 , et merveilus, 1397. — R. p. f. : merveilluses, 2919.
— Comme on le voit d’après les deux premiers exemples cités plus haut, ce mot s’applique aux personnes tout aussi bien qu’aux ' hoses.
MERVEILLUSEMENT. Adverbe (V.
Merveille ), 3385.
MES. S. s. m. Messager ( Missus ) ,
MES. Pronom ou adjectif possessif, s.
s. m. (Meus), 297, 3191, etc. — R. p.
m. (Meos), 1899. — R. p. f. ( Meas ) :
mes, 3716. =: V. Mis : c’est à ce mot que nous avons donné toute la déclinaison de ce pronom possessif.
MES. Conjonction ( Magis), 38 2 , 1309 , etc. Pour les différents sens de ce mot, voy. Mais.
MESLÏSEZ (vos vos). Verbe réfl.,subj.
imparf.,2® p. p. ( Mesler, misculare ) :
Jo me crendreie que vos vos meslisez, 257. = A cause de l’assonance, le scribe aurait dû écrire :
MESLISIEZ.
MESPENSANT. Part, prés., s. p. m.
du verbe neutre mespenser. Ayant une basse pensée ( Minus-pensantes ) :
Seignors barons, n’en alez mespensant, 1472.
MESSAGE. Ce substantif a deux sens :
1<> Celui de « messager » ( Missati eus) . 2<> Celui de « message » ( Missaticum). Dans le premier sens, on le trouve, comme s. p. m. (message), aux v. 120, 2704, 2725, 2765, et comme r. p. m. (messages), auxv. 143,367 et 2742. = Dans le sens de « mes-
MESSAGER — MIELZ
sage », on ne le retrouve qu’au r.
s. (message), aux v. 92, 276, 315, 418 et 3131
MESSAGER. S. p. m. ( Missaticerii ) ,
MESSE. R. s. f. [Missam), 164, 670.
On dit « Chanter la messe » : Tel coronet ne chantat unches messe, 1563. = Ce même mot s’emploie au pluriel : on dit de Pinabel et de Thierry, avant leur duel, qu’ils oent lur messes. 3860.
MESTER. S. f. Besoin ( Ministerium ) :
J à li corners ne vos avreit mester, 1472. Le scribe aurait dû écrire mestier : car ce mot est employé, comme assonance, dans une laisse en ier.
— On remarquera la locution : Aveir
MESURE*. S. s. f. ( Mensura ), 1725. — R. s. f. : mesure, 146, 1035. — Ce mot a deux sens : 1® « Proportion, étendue , nombre »> : En quel mesure en purrai estre fiz , 146. =r 2° Au figuré « Modération » : Mielz valt mesure que ne fait estultie , 1725.
MESURER. Verbe act. Inf. prés. ( Men surare ) : Cinquante pez i poet hom mesurer, 3167. Au v. 1218, le ms.
porte mesurez au lieu de mesurer .
METAS. Entre dans la composition de Val-Metas , nom de lieu (?), 1663.
METTRE. Verbe act. Inf. prés. [Mittere ), 2382, et métré, 3692. — Ind.
prés., 3e p. s. : met, 394, etc.; sei met, 2277. 3® p. p. : metent, 1826; se metent , 1139. — Parf simpl., Re p.
s, : mis, 3457. 3e p. s. : mist, 443.
— Parf. comp. , 3® p. s., avec un
r. s. m. : ad mis, 1753. Et avec un r. s. f. ; ad mise, 3363. 3e p. p., avec un r. s. m. : unt mis, 1828. Cf. SE SUNT MIS, 1136. — Fut., lre p. S. I METRAI, 149. Ire p. p. ; METRUM , 952. — Impér., 2e p. : metez , 212. — Subj. prés., 3e p. s. : metet, 2197. — Passif. Fut., 3e p. s., avec un s. s. f. ; ert mise, 968. — Subj. imparf., 3® p.
s. , avec un s. s. f. : fust mise, 2491. = Les sens du mot mettre sont déjà tous ceux d’aujourd’hui , et le sens étymologique est lui -même conservé dans ce vers où l’on voit Charles « envoyer » à Ganelon cent de ses cuisiniers pour le torturer : Si met ,C. cumpaignuns de la quisine , 1821. = Plusieurs locutions sont à noter. Mettre en présent signifie « donner » , 398 : Or e argent lur
MET tant EN PRESENT. METTRE en ubli a le sens « d’oublier » ; Mais lui meïsme ne voelt mettre en ubli, 2382. = Se mettre en piez
(2277), ou sur piez (1139), c’est « se
relever ».
MI. Pronom ou adjectif possessif, s. s. m. (De Meus , pour Mis. V. ce mot):
Caries mi sire, 1254. Mi, pour mis, est probablement le résultat et le signe d’une prononciation rapide. — S. p. m. : mi {Mei), 20. — Voc., pi.
m. : mi , 3492.
MI. Adjectif indéclinable ( Medium ).
Avec un subst. sing. m. ou n. : Par mi un val , 1018. — Avec un subst.
sing. f. : En mi ma veie, 986. — Avec un r. p. m. ou n. : En mi les dos , 3222, etc. On voit, par les exemples précédents , qu’en effet mi est partout indéclinable. Ajoutons qu’il se combine avec en et par, de manière à former deux mots qui ont fait fortune dans notre langue : enmi , parmi.
MICENES. Nom de pays ou de peuple païen. Ce sont sans doute les Milceni, que l’on trouve établis aux ix® et x® siècles dans la Haute -Lusace, et « qui paraissent, dit M. G. Paris, avoir perpétué leur nom dans celui de la Misnie. Ce rapprochement explique pourquoi leur nom, écrit en trois syllabes, ne compte dans le vers que pour deux» (Romania, II, p.
MICHEL. R. s. m. (De l’hébreu mashal-el, semblable à Dieu), 37, 53. Seint Michel de V Péril, 2394.
Nous avons établi ailleurs qu’il s’agit, dans ce dernier vers, du pèlerinage du Mont-Saint-Michel près d’Avranches ( Sanctus Michael in Monte Tumha, Sanctus Michael de Periculo maris).
— Ce mot ne se trouve , comme assonance, que dans les couplets en ier :
c’est donc Michiel que le scribe eût dû écrire.
MIE. Négation explétive {Mica, parcelle; mica panis, mie de pain) : De sa parole ne fut mie hastifs , 140.
Caries ne dort qu’il ne s'esveillet mie , 724. Cf. 317. V. Schweighæuser, De la Négation dans les langues romanes, pp. 101 et ss.
MIELZ. Adv. comparatif. Mieux [Melius). Ce mot se présente sous quatre formes dans le Roland : 1® Mielz.
C’est la forme correcte, puisque ce mot ne se rencontre, comme assonance, que dans les couplets en ier. On la trouve aux v. 58, 359, 539, etc.
2® Melz , 44 . 516, etc. 3® Meilz , 536. 4® Miez, 2473. = Il convient de remarquer que mielz est employé adjectivement. C’est ainsi qu'on le trouve, comme r. p. m., au v. 1822 :
MIENS — MOERIUM
Des mielz edes pejurs. — Rem. la locution Dons cenz anz ad e mielz, 538.
MIENS. Adjectif possessif, s. s. m.
(V. Men ), 743, et mien, 2183. — R.
s. m. : mien, 149, 2718, etc., et men, 43, 249, etc. — Avec un substantif sous-entendu : A V Jhesu e a V mien, 339 = La seule forme correcte est mien , et , en effet , ce mot se trouve uniquement employé, comme assonance, dans les couplets en ier.
MIER. Adj.,r. s. Pur (Merum). Comme nous Pavons dit, c’est l’épithète constante du mot or, 1506, 3866. Cf. la forme mer, aux v. 115, 1314, etc. = De ces deux formes , la première est seule correcte, puisqu’on ne trouve ce mot employé comme assonance que dans les laisses en ier.
MIEZ. Adverbe comparatif. Mieux ( Melius ) : Li miez guariz, 2473.