V. Mielz
MIL. Nom de nombre indéclinable.
(Mil vient de mille ; milie , de millia.
On dit mil pour un seul millier; milie, pour plusieurs) : Mil hosturs, 31. Od mil de mes fedeilz, 84.
Indépendamment de son sens propre , mil, comme nous l’avons dit ailleurs, a un sens indéterminé : En la grant presse mil colps i fiert e plus , 2090, etc.
MILIE. Nom de nombre indéclinable ( V. Mil) : Vint milie humes, 13.
Sunt plus de cinquante milie, 1919.
G. milie atendent iajurnée , 715. — Deux remarques : 1» Milie, comme on le voit par les exemples précédents, s’emploie tantôt avec, tantôt sans substantif. 2® Il s’emploie en outre substantivement : XV milies de Francs, 3019. Mais ce dernier mot est ici douteux, et il faut peut être restituer milliers.
MILLIERS. M1LLERS. Nom de nombre Milliaria . Au sujet (2072, 2146) comme au régime (109, 1685, etc.), ce mot. dans le texte de la Bodléienne, se présente avec un s final ( sauf au v. 1417, où il y a par erreur millere ) : De dulce France i ad XV MILLIERS, 109. Cf MlLLERS, 2416 , 2544 , etc. ^ Rem. l’expression indéterminée ; a millers, 1439. A millers e à cent, 1417. Entre les deux formes milliers et millers, le choix n’est pas douteux : la première seule est autorisée par la théorie des assonances en ier.
MILUN. R. s. m. Nom d’un comte français. \Milonem. Le cas sujet serait Mile), 173, 2433, 2971.
MIRACLE (A). On lit, dans le ms.
d’Oxford, au v. 1660 : Voit le ferir en Vescut a miracle. Mais nous pensons qu’il faut restituer amirable.
MIRRE. R. s. f. Myrrhe, entrant dans la composition de l’encens ( Myr rham ), 2958.
MIS. Pronom ou adjectif possessif. Mon ( Meus ). S. s. m. : mis , 136, 144, etc.; mi , 636, 1254, etc.; mes, 297, 3191, etc. — S. s. f. : ma, 2902, 4000. — R. s.
m. (et n.) : mun, 188, 276, etc. — S.
p. m. : mi. 20, 1063, etc. — S. p. f. : mes. — Voc. p. m. : mi , 3492. Voc. p. f. : mes. — R. p. m. . mes, 84, 1899.
— R. p. f. : mes , 3716.
MIS. Verbe act., Ire p. s. du parf.
simpl. de métré ( Misi ), 3457.
MIS, MISE. Part. pass. de métré, s.
et r. s. m. et f. (V. les sept articles suivants.) — S. p. f. : mises, 91.
MIS (ad). Verbe act., 3® p. s. du parf. comp. de métré, avec un r. s. m.
(Hahet missum ou plutôt misum ),
MIS Iunt). Verbe act., 3e p. p. du part. comp. de métré, avec un r. s.
m. (Habent missum ), 1828.
MIS (se sunt ). Verbe act., employé au pronominal , 3« p. p. du parf. comp.
de métré, avec un s. p. m. (Se sunt missos , 1136.
MISE ( ad). Verbe act., 3® p. s. du parf. comp. cle métré , avec un r. s. f.
( Habel missam ), 3363.
MISE (ert). Verbe pass., 3® p. s. du fut. de métré, avec un s. s. f. (Erit missa), 968.
MISE (fust). Verbe pass^, 3® p. s. de l’imparf. du subj. de métré, avec un r. s. f. ( Fuisset missa). 2941.
MISES. Part. pass. de métré, au s. p.
f. ( Missas ) : Li frein sunt d'or, les seles d'argent mises, 91.
MIST. Verbe act., 3® p. s. du parf.
simple de métré (Misit), 443, 1248, etc.
MOERC. Verbe neutre, lr® p. s. de l’ind. prés, de mûrir ( Morio , et non morior, les déponents latins n’ayant point laissé de trace dans notre langue), 1122. V. Mûrir et Moerge.
MUERENT. Verbe neutre, 3® p. p. de l’ind. prés, de mûrir ( Moriunt ), 1348, 3477.
MOERGE. Verbe neutre, Ire p, s. du subj. prés. ( de moriam par la consormification de l’i), 359, 448.
MOERGENT. Verbe neutre , 3® p. p.
du subj prés, de mûrir (Moriant ),
MOERGET. Verbe neutre, 3® p. s. du subj. prés, de mûrir ( Moriat ), 3963.
MOERIUM. Verbe neutre, lr® p p. du subj. prés.de mûrir (Moriamus), 1475.
M.OLLEZ — MORZ
MOLLEZ. Adj. part., s. s. m. Moulé, fait au moule { Modulatus ) : Tis
cors ben mollez, 3900. Cf. mollet,
MONIE. S. s. m. Moine (Il faudrait supposer un type, tel que monius.
Cf., dans Ducange, monicœ), 1881.— R. p. m. : munies, 2956.
MORDENT. Verbe act. Ind. prés., 3e p. s. [Mordent), 2591. — Parf.
simple, 3® p. s. : morst (de morsit j, 727. Les parfaits redoublés latins tels que momordit ne semblent pas avoir pénétré dans la lingua romana , et n’ont rien donné en français.
MORIANE. R. s. f. Nom d’un pays païen 1?) : Uns Almacurs i ad de Moriane, 909. V. Mors.
MORIANE. R. s. f. La Maurienne, en Savoie? « La Sierra-Morena, ou bien la vallée de Maurienne en Savoie, que le poème de Garin nous représente comme envahie par quatre rois païens d’Espagne.»» Mila y Fontanals ,.De la Poesia heroïco - popular castellana , p. 139. Malgré l’hésitation du savant espagnol, sa seconde hypothèse est la seule qui soit vraiment probable (Mauriennam , nom que l’on trouve pour la première fois dans Grégoire de Tours, De Gloria Martyrum , 1, ix ) : Caries esteit es vais de Moriane , 2318.
MORS. R. p. m. Maures (en latin, Mauri; de l’arabe Maghreb, occident), 3227.
MORST. V. Mordent.
MORT. S. s. f. ( Mortem ) : La mort li est près, 2270. — R. s. f. : mort, 21, 227, etc. — R. p. f., morz : Si calengez e voz morz e voz vies , 1926.
MORT. Part. pass. employé substantivement. R. s. m. ( Mortuum ) : Un mort sur altre getet, 1971 — R. p.
m. , morz : Lessez gésir les morz,
MORT (as). Verbe act., 2® p. s. du parf. comp. de mûrir employé activement. As mort mun filz , 3591.
— Sur ces formes « actives », voy.
Mûrir.
MORT (ad). Verbe act., 3© p. s. du parf. de mûrir employé activement:
Mort ad mes humes, 2756. Cf. 2782,
MORT (unt). Verbe act., 3© p. p. du parf. de mûrir, employé activement : Cels qu'il unt mort , 1 683.
MORT (est). 3© p. s. de l’ind. prés, de mûrir, au passif. Est tué. Cette forme n’a nullement le sens du parfait : Or veit Rollanz que mort est son ami, 2023.
MORT (sunt). 3© p. p. de l’ind. prés, de mûrir au passif : Mort sunt li cunte, 577
MORT (fut) 3© p. s. du parf. de mûrir, au passif, 2363.
MORT (seit). 3© p. s. du subj. prés, de mûrir au passif : Deus ne volt qu'il seit mort ne vencut, 3610.
Même observation que pour est mort. Toutes ces formes doivent être plutôt considérées comme le verbe être conjugué avec le parti* cipe de mûrir.
MORT (fust). 3© p. s. de l’imparf. du subj. de mûrir employé au passif :
Se veïssum Rollant einz qu'il fust mort, 1804.
MORT, MORTE. Part. pass. de mûrir, s. et r. s. m. et f. V. Morz.
MORTE (est). 3© p. s. de l’ind. prés, de mûrir, avec un s. s. f.* Sempres est morte, 3721. V. Mûrir.
MORTEL. Adj., s. s. f. ( Mortalis ) :
El' cors vos est entrée mortel rage, 747. — R. s. m. : mortel : Sun mortel ennemi, 461. N ' en recr errai pur nul hume mortel , 3908. — R.
s. f.. mortel : Une mortel bataille, 658. =: On remarquera ici plusieurs locutions très importantes. C’est ainsi que ces mots : pur nul hume mortel, deviendront une cheville dans nos poèmes postérieurs. Mais déjà, comme on le voit, mortel a pris un sens qu’il n’avait pas en latin : Sun mortel ennemi. Une mortel bataille. Et, dans ce sens, il s’applique tout aussi bien aux personnes qu’aux choses.
Mortales inimiciliœ ne signifiait , en bonne latinité, qu’une haine passagère.
MORZ. Part. pass. employé substantivement, r. p. m. (Mortuos) : Lessez gésir les morz , 2435.
MORZ (ad). Verbe actif, 3e p. s. du parf. de mûrir employé activement :
Tanz riches reis ad morz , 555.
MORZ (es). 2© p. s. de l’ind. près, de mûrir au passif: Quant tu es morz, dulur est que jo vif, 2030.
MORZ ( est). 3© pers. s. de l’ind. prés, de mûrir au passif : Morz est li quens, 1560. Cf. 1503.
MORZ (estes). 2© pers. p. de l’ind. prés, de mûrir au passif: Morz estes, Baligant, 3513.
MORZ (sunt). 3© pers. p. de l’ind. prés, de mûrir au passif : Païen sunï morz, 1439. Cf. 2038.
MORZ. Part. pass. de mûrir, s. s. m.
IMortuus ), 2030, 1560, etc., et mort (par erreur du scribe), 1503, 2024, etc. — S. s. f. : morte, 3721. — R. s.
MOT — MUNT
m. : mort, 2971 , etc. — R. s. f. :
morte, 3728. — S. p. m. : mort, 577, et morz, 1439. — R. p. m. : morz, 1852. Voy. Mûrir.
MOT. S. s. m. (Littré propose te bas latin muttum. M. Fœrster observe avec raison que muttum donnerait moût. Cf. l’italien motto ) : Cist mot rnei est estrange, 3717. R. s. m., mot : N’i ad païen ki un sut mot respundet, 22. Cf. 540, N’i ad celoi ki mot sunt ne mot tint, 411. Il n’en set mot, n’i ad culpe li bers, 1173. Cf. 2457.
Si li ad dit un mot, 2285. — R. p.
m., moz : A icez moz , 990. De noz Franceis vait disant si mais moz, 1990. = Dans les exemples précédents, nous trouvons déjà plusieurs locutions qui ont fait fortune dans notre langue • « Ne pas savoir mot de quelque chose, » 1173. « Ne pas en sonner un mot, » 1027. « Dire un mot, » 2286. « Répondre un mot, » 22. « A ce mot , à ces mots , » 990, 1884, 2457.
« Dire sur quelqu’un de mauvais mots..., » 1190, etc.
MOÜSTES. 2® p. p. du verbe Muveir dans le sens neutre d’aller ( Muveir vient de movere ) : Culvert, mar i moüstes , 1335. Voy. à l’actif, murerai (Ire p. sr du fut.), 290.
MUABLES. Adj. r, p. m. Se dit des oiseaux qui ont mué ( Mutabiles ) :
Set cenz cameilz e mil hosturs muables, 183. V. Muez.
MUER. Verbe act., employé neutre ( Mutare ) : Ne poet muer que des oïlz ne plurt, 773. Cette locution Ne poet muer que... signifie littéralement : « Ne peut faire autrement que de... » — Ind. prés., 3® p. s. :
muet, 2502. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s. f. : Li reis Marsilies ad laculur muée, 441. V. Muez .
MUERS. Adj. r. p. m. Se dit des faucons qui ont mué ( Mutâmes ) : Mil hosturs muers, 31. Il faut restituer muiers.
MUET. Ind. prés., 3® p. s. de muer:
Ki câscun jur muet .XXX. clartez,
MUEZ. Part. empl. adjectivement. Se dit des oiseaux qui ont mué : Mil hosturs muez , 129.
MUILLER. S. s. f. Femme, dans le sens d’épouse ( Mulierem) , 2576.— R.
s. f. : muiller , 361, et muiler , 1960. Dans ces derniers vers seulement, muiler a le sens de « femme en général ». — R. p. f. : muillers, 42.
Restituer partout Muillier, muilliers.
MUL. R. s. m. Mulet [Mulum) , 480.