QUE — QUI
divers : a. Tous les sens de notre que actuel pour exprimer la relation entre deux actions, entre deux verbes:
Ne s'poet guarder que mais ne li aleignet, 9. Il est juget que nus lesocirum , 884. Dient alquanz que diables i meignent, 983, etc. etc. — b. « Afin que... » : El’ camp estez que ne seiez lencuz, 1046. — c. « Si bien que...
De telle sorte que... » : Caries se dort eu ’il ne s’esveillet mie , 721. Em-
feint le bien ... que mort Vabat , 273. — d. « Pour que... » Cum fus si os que me saisis, 2293. — e. « En ce que... » : Caries fist que proz Qu’il nuslaisad as porz, 1209. — Locutions diverses qui ne nous sont point restées , et où « que » vient également de quod: Ne lerrai que ne V mat , 893. Ne poet muer que des oilz ne plurt, 773. Se ne Vassaill, dune ne faz jo que creire, 987. = 3<> Que employé pour le relatif qui... ou pour « que il », « que elle » : Piere n ’ i ad que tute ne seit neire , 982. N ’ unt guarnement que tut ne reflambeit, 1003. = Que se combine avec le pronom. C’est ainsi que quels est pour quod illos : Or est le jur quel’s estuverat mûrir, 1242. — Pour les expressions Jo fereie que fols, 103b et {Caries) fist que proz, 1209.
voy. ci-dessus l’article consacré à que pronom relatif. = Une dernière observation. Nos pères négligeaient ou supprimaient la conjonction que en beaucoup de cas où nous n’oserions point ne pas nous en servir : Ço sent Roi lanz la veüe ad perdue , 2297. Ne lesserat bataille ne lur dunt, 859.
Caries li magnes ne poet muer n'en plurt, 841. Le subjonctif suffisait alors, et la phrase y gagnait en vivacité.
QUE QUE. « Quoi que, quelle que soit la chose que... » ( Quidquid ) : Que que Rollanz à Guenelun forsfesist,
QUEL Adj. s. p. m. Tranquilles, « qui se tiennent coi » ( Quieti ) : Icels d'Alverne... se cuntiennent plus quei , 3797.
QUEL Quoi [Quid) : De quei avez pesance, 832. = Pur quei a trois sens : 1» « C’est pourquoi » ; Rollanz me fors fist... Por que(i) jo quis sa mort, 3759. =2<> « Pourquoi » : Por quei me portez ire, 1722. = 3® « Afin que... » : Baptisez la pur quei Deus en ait Vanme, 3981. Cf. 307. Dans ce dernier sens, pur quei est au lieu de « pur que ».
QUELS. Adj., s. s. m. ( Qualis ) : Ço ne
set li quels veint ne quels ntm, 2567. Cet exemple montre très clairement qu’on employait quels tantôt avec et tantôt sans l’article li. — S.
s. : Oez, seignurs , quel pecchet nus encumbret , 15. Deus! quel doel de baron, 1536. On peut dans ce dernier exemple voir un régime plutôt qu’un sujet. — R. s. f., quel: Nelichatl , sire , de quel mort nus muriuns , 227. =: On trouve deux fois quele.
Au vers 927 ( Asez orrez la quele irat desure) , on peut supposer une erreur du scribe; mais au vers 395 ( Par quele gent), la mesure exige bien quele. C’est déjà de la décadence ; c’est la violation de cette belle règle antique qui pouvait ainsi se formuler : « Les adjectifs latins n’ayant qu’une terminaison pour le masculin et le féminin , ont donné naissance à des adjectifs français qui n’ont également qu’une seule forme pour les deux genres. » Pour mieux parler, nous assistons déjà au passage de la déclinaison des adjectifs latins en is , à celle des adjectifs en us , a , um.
QUENS. S. s. m. Comte [Cornes], 194, 301 , 625 , etc. — Voc. s. m. : quens, 2045. — R. s. m. : cunte ( Corni tem).
QUER. R. s. Cœur [Cor) : La mort...
sur le quer li descent, 2356. R. p. : quers , 2965. Cf. au s. s. : coer, 2019; au r. s. : coer, 1107, et au r. p. : coers , 3628.
QUERRE. Verbe act. Inf. prés. Chercher, demander, dans tous les sens actuels de ce mot au propre et au figuré ( Quœrere ) : Quant VEmpe reres vait querre sun nevold , 2870.
Cf. 1782 (avec le sens d’attaquer), et quere , 1700. — Parf. simple, quis : J o quis sa mort, 3759. — Parf. comp., 2e p. p., avec un r. s.
n., avez quis : Jo vos otri quanque m’ avez ci quis , 3202. — Parf. antérieur, 3e p. s., avec un r. s. f., out quis : Une n’ i out quis juinture, 1333. — Gond., 3® p. p. : querreient, 404. — Part, prés., s. s. m. : querant, 2661. S. p. m. : querant, 1166.
— Part, pass., r. n. : quis.
QUERS. V. quer.
QUI. Pron. relatif, s.-s. m. [Qui) : N’ t ad eschipre qui s’ cleimet se par lui nun, 1522. — S. s. f .: Jo nen ai ost qui bataille li dunne, 18. — S. p.
m. : C. milie chevalers — qui pur Rollant de Tierri unt pitiet, 3870, 3871 , etc. = Qui, dévié de son sens étymologique, s’emploie déjà, avec une préposition , a un autre cas
QUID — RAIET
qu’au cas sujet : En qui il se jîet, 586. — Mais il est un grand nombre do cas où qui dérive évidemment du datif latin cui, et non du nominal if qui. C’est un fait qui n’a point été suffisamment mis en lumière. Tels sont les exemples suivants : Qui qu' en peist u qui nun, 1279. Mult ben espleitet qui Damnes Deus aiuet, 3657. De ço qui calt, 1405, 1840, 1913, 3339. = Qui est également interrogatif, et l’on peut dire qu’en ce cas il dérive de quis : Qui i purrurn enveier, 244, 252. Quis , d’ailleurs, s’était, dans l’usage vulaire, confondu, avec qui. = Une ernière remarque. Nous trouvons dans notre vieux texte la locution Kl que , dans le sens de « quel que soit celui qui » : Ki que V blasme ne qui V lot , 1546. Cf. Ki que’s rapelt , 1012, et ki quel’ cumpert, 1592. = Qui, combiné avec se, donne quis : 2V’ i ad eschipre qui s’ cleimt, 1522. Cf., pour une autre combinaison, ki l’ aux v. 833 et 2380. = La forme qui , dans le Roland, est de beaucoup la plus usitée, est ki (V. 617, 194, etc. etc.)
QUID. Verbe actif, U® p. s. de l’ind.
prés, de quider. Je pense ( Cogito ) :
Si ’n averez , ço quid, de plus gentîlz, 150. 3e p. s. : quidet, avec la dentale conservée, 2733. Quiet, sans la dentale, 395. 3® p. p. : quident, 2121 , 3004. — Parf. simpl., 2« p. s. : quias , 764 ; 3® p. s. : quiad, 3506.
QUIEMENT. Adverbe. Tranquillement (Quieta-mente) , 1644. Il faut corriger et adopter queiement.
QUINT. Adjectif numéral, s. s. m. Cinquième ( Quintus ), 1687.— S. s. f. :
quinte, 3242. — R. s. f. : quinte,
QUINZE. Nom d© nombre ( Quinde dm ), 109»
RABE. R. s. m. Nom d’un comte français (par erreur, pour Rabel ), 3014.