‹ Chanson de RolandChapitre 307 sur 323 · V. Truver · texte numérisé non relu

V. Truver

TRUBLET. Part, pass., s. p. m. Troublés ( Turbulati ) : Li oil li sunt TRUBLET, 1991.

TRUNÇUN. R. s. m. Tronçon ( Truncionêm , sur truncum ) : Sa hanste est fraite , nen ad que un trunçun ,

TRUSSET. Part, pass., s. s. m. Chargé [N. Trosser), 3154. — R. p. m. :

TRUSSEZ, 130.

TRUVER. Verbe actif, inf. prés. Ce verbe a partout le sens du latin inve nire ( Turbare , suivant Diez et Scheler. Dans la Romania, t. Vil, p. 418, M. G. Paris propose l’étymologie tropare, de tropus , trope liturgique ou mélodie. Étymologie très ingénieuse, mais d’autant plus douteuse que tropare et tropator , au sens liturgique et musical, sont

{dus que rares. V. mon Étude sur es tropes , série d’articles publiés dans le Monde en 1873). Truver se lit aux vers 2735 , 2859, et trover au vers 624. — Ind. prés., 1«»

p. s. : truis , 893; trois, 914; 3® p»

s. : troevet, 613 ; 3® p. p. : troevent, 3025; trovent, 3004. — Parf. simpl., 3® p. s. : truvat, 2186. — Parf.

comp. , 3® p. s. , avec un r. s* m. : ad truvet , 2201. Avec un r. s. f. : ad

TUCHET — TURNET

truvée, 2328; 2® p. p., avec un r. s. n. : avez truvet, 2769; 3® p. p., avec un r. p. m. : unt truvet, 2953, et avec un r. s. m. ou n. (par erreur) : unt truvée, 3986. — Fut., 3® p. s. :

truverat, 1930; 3® p. p. : truverunt , 1747. — Impér. , 2® p. p. : truvez , 781. — Part. pass. : truvet, truvée.

TUGHET (ad). Verbe actif, 3® p. s.

du parf. comp. , avec un r. s. m. A touché (Diez, Lex. Etym., I, 416, au mot toccare, dérive « toucher »

de l’ancien haut allemand zuchôn ?) :

Deus le guarit , qu’ eV cors ne V ad tuchet , 1315. — Part, prés., s. s.

m. (?), tuchant : Li niés Marsilie il est venuz avant , — Sur un mulet od un bastun tuchant, 861. — Part, pass. : tuchet, 1315.

TUE. Adj. possessif, s. s. f. [Tua) :

Sur tute gent est la tue hardie , 1617. — R. p. f., tue3 : Vers les tues vertuz , 2369.

TUELE. R. s. f. Nom de ville. Tudela en Navarre ( Tutelam ), 200.

TUIT. Adj., s. p. m. Tous ( Toti ), 306,

636 , etc.

TULETTE. R. s. f. Nom de ville en Espagne, Tolède ( Toletam ) : Si V ad ferut sur Vescut de Tulette,

TUN. Pron. ou adj. possessif de la 2® p. s. Ton ( Tuum }. On le trouve une fois par erreur au cas sujet :

Par vasselage suleie estre tun drut , 2049. Mais partout ailleurs il est régime, 291, 1984, 3994. V. Tis.

TUNEIRE. R. s. Tonnerre ( Tonitru ) : Orez i ad de tuneire e de vent, 1424. — R. p. m. tuneires : Veit les tuneires e les venz e les giels,

TUR. R. s. f. Tour ( Turrim ), 853, 3635. — R. p. f. : turs, 98.

TURCS. R. p. m. ( Turcos ), 3240. Ils forment la seconde « échelle » du second corps d’armée de Baligant, et l’Emir les attache à la garde de sa personne, comme troupes d’élite.

TURGIS. S. s. m. Nom d’un païen (Orig. germanique,' Thurgisus), 916.

R. s. m. : Turgis, 1292.

TURGIS. R. s. m. Nom d’un païen que tue Olivier, 1358 (V. le précédent).

Ce païen n’est pas le même que « Turgis de Turteluse »>, puisque la mort de ce dernier est racontée aux vers 1281-1288. V. le précédent.

TURMENT. R. s. ( Tormentum) : En France en ad mult merveillus turment, 1422. Veire Paterne..., espa rignas Daniel de V merveillus tur-

ment, 3100-3104. = Dans le premier de ces vers, turment a le sens de notre mot « tourmente » ; dans le second, de « torture, supplice ».

TURNER (se). V. le suivant.

TURNET. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind, prés. ( Tornat.) A. Conjugaison.

1 ° A l’actif. Ind. prés. , 3® p. s. : turnet , 1264 ; 3® p. p. : turnent , 2642. — Parf. simpl. , 3® p. s. : turnat, 2360. — Parf. comp. , 3® p. s. , avec un r. s. m. ; ad turnet, 2376 ; avec un r. s. f. : ad turnée , 3328; 2® p. p., avec un r. s. n. (?) : avez turnet, 328. — Cond. pass., 3® p. s., avec un

r. s. m. ou n.: avereit turnet, 2866. — Subj. prés., 2® p. p. : turnez, 650.

— Part, prés., s. s. m. ; turnant, 1156. = 2® Au passif. Ind. prés., 3® p

s. , avec un s. s. m. : est turnet, 3969. Avec un s. s. f. (par erreur) : est turnet, 2890; 2® p. p., avec un s. p. m. : estes turnet, 1296; 3® p.

p., avec un s. p, m. : sunt turnet, 3960. — Part, pass., s. s. m., turnet , turnée , 3328. = 3® Au réfléchi.

Inf. prés. ; s’en turner, 1745. — Ind.

prés., 3® p. s. : se turnet, 3644; s’en turnet, 2184; 3® p. p. : s’en turnent, 3623. — Parf. simpl., 3® p. p. :

s’en turnerent,2471. — Parf. comp., 3® p. s. , avec un s. s. m. : s’en est turnet, 2839. = 4® Au neutre. Ind.

prés., 3® p. s. : turnet, 3560; 3® p.

p. ; turnent, 2011. = B. Sens divers. 1® A l’actif, a. « Diriger, tourner vers... » ; Turnet sa teste vers la paiene gent, 2360. — b. « Renverser, retourner » : L’une meitiet

de Vescut) li turnet cuntreval , 264. — c. « Détourner » : Guardez de nos ne turnez le curage, 650. = 2® Au passif, a. « Être tourné à... »

c’est « être sur la voie de..., être entraîné à... » ; Guenes est turnet à perditiun grant, 3969. Estes turnet à perdre, 1296. Et, en parlant des choses : La meie honor est turnet à déclin, 2890 (De même qu’aujourd’hui encore, nous disons au neutre ; « Ma vie tourne au malheur. ») — b. « S’en aller, se retirer ■> : Puis sunt turnet Baiver e Aleman, 3960. = 3® Au réfléchi.

a. « S’en turner », signifie toujours : « S’en aller » ; Païen s’en turnent :

ne volt Deus qu’il i remainent , 3623. On va jusqu’à dire des Sarrazins qui se noient dans les eaux de l’Èbre : Envers les funz s’en turnerent alquanz , 2471. — b. « Se turner » n’a pas le même sens que « s’en turner » ; il signifie ; « Tour-

TURPINS — ULTRE

ner son visage vers... » Quant l’ot Marsilie, vers sa 'partit se turnet, 3644. = 4° Au neutre, a. « S’incliner vers... » : Li jurz turnet à la vesprée, 3560. — b . « Tourner » à peu près dans le sens de notre expression : <i La tête me tourne » : Ansdous les oils en la teste li turnent , 2011. Cf. le vers 2896, où l’on trouve : « Ses oilz turnez. » — c. « Tourner », comme quand nous disions : « Sa ceinture a tourné » : Les alves turnent, les seles chéent à tere, 3881.

TURPINS. S. s. m Nom du fameux archevêque qui meurt à Roncevaux ( Tilpinus, Turpinus),2&\. Turpin, 1124. — R. s. m. : Turpin, 470,

TUROLDUS. S. s. m. (Origine germanique, ancien haut allemand, Thurold, Pott, Die Personennamen, p. 233; en français Touroude, etc.) Le dernier vers de notre Chanson parle de ce personnage en ces termes : Ci fait la geste que Turoldus declinet, 4002.

TURS. R. p. f. Tours ( Turres ), 98.

Cf. Tur, au r. s. f.. 853.

TURTELUSE. R. s. f. Nom d’une ville païenne, probablement en Espagne; Tortose sans doute ( Derto sam), 916, 1282.

TUT. Adj., s. s. m. Tout ( Totus.

Cf. cependant un article de Fœrster

dans le Rhein. Muséum , 1878, p.

298, où le savant romaniste propose tottus ) : Tut li païs en reluist , 2637. La vraie forme serait tuz. On trouve bien deux fois : Li sancs tuz clers, 1980 et 3925. Mais il semble (?) qu’il faille ici lire tut, et que nous ayons affaire à un adverbe. — S. s. m. ou n., tut ; N’unt guarnement que tut ne reflambeit , 1003. — S. s. n. : Ço ad tut fait Rollanz, 283. — S *s.

f. : tute, 982. — R. s. m. : tut, 1565. — R. s. f. : tute , 212, 709, etc. — S. p. m. : tuit, 306, 636, etc. — S. p. f. : tûtes , 1757. — R. p. m. : tuz , 2, 823, 1000, etc. — R. p. f. : tûtes, 394, 1378, etc. = Rem. les expressions tuz jurs, 1882, 2927 (Cf. tute jur , 1780), et tute veie : Uns Sarrazins tute veie V esguardet , 2274.

TUT. Adj. employé substantivement, r. s. n. Tout ( Totum ) : Tut lur ad ACUNTET , 1038.

TUT. Adverbe [Totum). 1» Devant un adjectif : Tut suis , 2184. Un gunfa nun tut blanc , 1157 Tut premereins , 122. Cf. 307. — 2« Devant un autre adverbe : Tut veirement, 3101.

Lessez gésir les rnorz tut issi cun il sunt, 2456. = 3° Devant une préposition : Tut entur lui, 410. — On trouve , sans doute par erreur (?), tuz pour tut , aux v. 1980 et 3925 ; Li sancs tuz clers .

U. Adverbe de lieu. Où ( Ubi ). 1° Au sens affirmatif ; Là u cist furent , des altres i oui bien , 108. = 2® Interrogatif : U est vostre espée, 1363.

U estes vos , bels niés , 2402. Deman derunt u est li Quens cataignes, 2912.

— On trouve la forme ô à côté de u , qui est beaucoup plus conforme à l’étymologie comme à la phonétique de notre texte. Voy. ô, aux vers 2667, 2854, 3105, 3616, 3709.

U. Conjonction. Ou [Aut] : Qui qu’en peist u qui nun , 1279. Voelent u nun , 1626. U pris u mort, 1730.

Ki qu’en plurt u ki’ n riet, 3364.

Cf. la forme o, aux vers 2401 , 2733.

Le scribe écrit dans le même vers :

U mort o récréant , 2733.

UAN. Adverbe. En provençal, ogan ; en roman, oan , ou ouan. « Cette année », et, par extension, « maintenant « ( Roc anno) : Vos n’irez pas uan de mei si luign , 250.

UBLI. R. s. m. Oubli (Subst. verbal d’oublier, oblitare, fait sur oblitus) : Mais lui meïsme ne volt métré en ubli , 2384.

UBLIER. Verbe act., inf. prés. ( Oblitare), 1179. — Parf. comp., 3® p. p., avec un r. p. f. : unt ubliées, 3563.

— - Subj. prés., 3e p. s., au réfléchi, s’ublit : Ferez, Franceis : nul de vus ne s’ublit , 1259.

ULTRAGE. R. s. m. Ce n’est pas tout à fait le sens actuel « d’outrage », mais celui de « chose qui dépasse la mesure », etc. ( Ultraticum.) Comme on dit à Roland que l’Arrière-garde tout entière est condamnée à périr, il répond : Ne dites tel ultrage ,

ULTRE. Prép. [Ultra.) 1® Au delà, plus loin que..., en parlant de l’espace : Ultre mer, 67. 2® Au delà,

en parlant du temps : Ultre cest jurn, 1477. Ultre est encore em-

ULTREMARIN — VAILLANZ

ployé sans régime , adverbialement :

Empeinst le bien , tut le fer li mist ultre, 1286. = Enfin, il sert en quelque manière d’interjection, comme dans le vers suivant : Ultre, culvert, Caries n’est mie fol , 1207.

ULTREMARfcN. Adj., r. s. m. D’outre-mer ( Ultramarinum ) : Si ’n apelat Jangleu C’ultremarin, 3507.

ULT REMER. Composé d’ultre et mer ( Ultra-mare ) : Malbien cC’ultremer,

UMBRE. R. s. f. Ombre ( Umbram ):

Suz un olive est descenduz en V UMBRE, 2571.

UN. S. s. m. Par erreur, au lieu d’üNS ( Unus), 627, 890, etc. La forme correcte est uns, 369, 617, 940, etc. — S. s. f. : une. — R. s. m. : un, 11 , 295, etc., et uns, par erreur, 728. — R. s. f. : une , 6 , 203 , etc. = Li uns est opposé à l’altre : Li uns ne volt /’altre nient laisser , 2069. — L’altre, d’ailleurs, peut être sousentendu : A dous Franceis belement en avint ; — Li Empereres en est V uns, 3500, 3501. = Par uns e uns, 2190, signifie « un à un ».

UNC. Adv. Jamais (Fait sur unquam:

mais les autres formes sont plus étymologiques), 1040, 1333, 1769, etc. Cf. 1® Unches ; 2<> unkes; 3® unques. V. Unkes.

UNCHES. Adv. Jamais ( Unquam , avec l’s adverbiale), 629, 640, etc.

1® unc; 2® unkes; 3® unques. V.

Unkes.

UNCLES. S. s. m. Oncle [Avunculus), 1914, et, par erreur, uncle, 348. — R. s. m. : uncle , 66.

UNCORE. Adv. Encore, dans le sens actuel ( Hac-hora . V. un article de Fœrster dans la Revue de Bœhmer, 111, 178) : Uncore purrat guarir, 156. Ne mes Rollant ki uncore en averat hunte , 382. Dans ce dernier vers, le sens est plus étendu.

VAILLANZ. Part. prés, employé adjectivement, s. s. m. ( Valentem . Le z est venu après coup , et par extension ou analogie) : Li altr’er fut ocis... Oliver li proz e li vaillanz, 3186. Vaillant : Margariz est mult vaillant chevaler, 1311. — S. s. f., vaillant : Païen escrient : « Preciuse est vaillant, *> 3471. = Voc.,

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