‹ Chanson de RolandChapitre 308 sur 323 · m., VAILLANZ J VAILLANZ hom · texte numérisé non relu

m., VAILLANZ J VAILLANZ hom

UNE. Adj., s. et r. s. f. ( Una , Unam). Au r. s. f., 6, 203, etc, V. Un,

Uns.

UNKES. Adv. Jamais ( Unquam , avec l’s adverbiale), 1168, 1208, 1857, etc.

Cf. 1® unques , 2888 ; 2® unc , 1040, etc.; 3® unches, 629, 640, etc.

UNQUES. Adv. Jamais ( Unquam , avec l’s adverbiale), 2888. Cf.

1® unkes ; 2® unc ; 3® unches ; V. Unkes .

UNS. Adj., s, s. m. ( Unus ) , 369, 617, etc-., et un, 627, etc. — S. s. f. : une. — R. s. m. : un , 11, etc. etc., et uns, par erreur, 728. — R. s. f. : une , 6 , 203, etc. = Li uns est opposé à l’altre , 2069 , et l’un , de même , 209. = L’altre est quelquefois sousentendu : Li Empereres est J’uns ( des dous), 3501. =r Par uns e uns, 2190, signifie « un à un ».

UNT. Verbe act., 3® p. p. de l’ind.

prés, d ’aveir ( Eabent ), 99, 161, 842. V. Aveir.

URE. R. s. f. Heure ( Iloram ) : Dès l’ ure que nez fui , 3371 : et ore : A itel ore, 3212. V. Ore.

URS. S. p. m. Ours (C/m), 2582. — R. p. m. : urs, 30.

USET (ad). Verbe act., 3® p. s. du parf. comp. d’i^ser (User est un verbe formé sur un type latin tiré du supin d ’uti : usum, usare) : Si ad sun tens uset, 523. = « Avoir usé son temps », c’est « avoir fini sa vie, être voisin de la mort ».

UVERIR. Verbe act., inf. prés. Ouvrir (A périr e, aprire , a*prire, auvrir, ouvrir, ovrir ). En parlant des cadavres de Roland , d'Olivier et de Turpin, notre poète dit que Charlemagne : (Dejdevant sei les ad fait tuz uverir, 2964. — Parf. simpî., 3® p. s., uverit : Uverit les oilz , 2285. — Part, pass., s. s. f., uverte:

De Pareïs li seit la porte uverte,

ù ies tu, 2045. — R. s. m. : vaillant, 1504. — S. p. m. : vaillant, 3515. — Voc. p. m. : vaillant, 2657.

— R. p. m. : vaillanz, 789. Vaillanz est aussi employé substantivement : XV milies de b acheter s , de nos meillor8 vaillanz, 3020. = Le sens le plus ordinaire est notre sens actuel, celui de « brave ». Mais valcre signifiait, en latin, « avoir de la va-

VAILLET — VALT

leur, valoir tel ou tel prix ». Ce sens se retrouve dans notre Roland , au v. 1168. En parlant du butin que les Français se promettent, Roland leur dit : Nuis reis de France n’out unkes si vaillant. C’est ce sens, véritablement étymologique, que nous retrouvons dans le neutre vaillant, qui a la force d’un adverbe dans le vers suivant : Vaillant à un dener,

VAILLET. Verbe neutre, 3« p. s. du subj. prés, de valeir {Valeat, valiat ) : Enpr'es sun colp ne quid que un dener vaillet, 1166. Vaille : Jamais n'ert hume ki encuntre lui vaille, 376. V. Valt.

VAIRS. Adj. r. p. m. ( Varios ) :

Vairs out les (oüz) e mult fier lu visage , 304. = Le voir était une fourrure « composée » (blanche et grise). De là le nom de varium .

VAIT. Verbe neutre ou pronominal, 3e p. s. de l’ind. prés. Va {Vadit ). 1° Neutre. Par le camp vait Turpin li Arcevesque , 1562. Cf. 293.

Avec un inf, : Vait s’apuier suz le pin à la tige, 500. Et, avec un participe présent : Sun espiet vait li bers palmeiant, 1155. Cf. 1780, vatz.

— Vait est encore employé au neutre, dans le sens de notre « cela va mal », mais avec un sujet sous-entendu et un adverbe : Mult maternent nus vait, 2106. Cf. le v. 1780.

— 3e p. p.: vunt , 1169; vont, 1166.

Cf., à la Ire p. s.: vois, 270, qui est pour vais* 2© Pronominal , ind. prés. , 3e p. s. , s’en vait : Si cum li cerfs s’en vait devant les chiens, 1874. 3® p. p. : s’en vunt,

VAL. R. s. m. (Vallem), 1018. — S.

p. m. : val, 814. — R. p. m. : vals, 856. = En composition dans aval (2235, etc.), cuntreval (2472) , dans Val-Ferrée (1370), Val-Fuit (3239), Val-Funde (23) et Val -Fronde (3260), Val-Marchis (3208), Val- Metas (1663), Vàl-Penuse (3256), Val-Severée (3313), Val-Tenebrus (2461). Voyez chacun de ces mots. — On remarquera que, dans ces mots composés, val est surtout féminin.

VALDABRUNS. R. s. m. Nom du païen qui prit Jérusalem et massacra le patriarche (Étymoiogie inconnue), 617; Valdabrun, 1519.

VALÉES. R. p. f. ( Vallatas ) : Païen chevalchcnt par cez greignurs valées, 710. Ce mot a été ajouté en interligne au vers 3126 : Cez vals parfum, ces désir ei s anguisables.

VALENT. Verbe neutre, 3© p. p. de l’ind. prés. ( Valent ) : Eles valent mielz que tut Vaveir de Rume , 639.

VALERI. R. s. Erreur évidente du scribe, pour Valence : Ki tint Valeri g envers sur le Rosne, 1583.

Mü. a restitué excellemment, d’après Venise IV, Paris et Versailles :

Ki tint Valence e Vonur sur le Rosne.

VALES. R. s. m. Le pays de Galles (Le pays des Gaëls, Wales) : Jo Ven cunquis Escoce e Vales ; Islande , 2331. Je vois encore dans ce vers une preuve de l’origine anglo- normande du Roland .

VAL-FERRÉE. R. s, f. Nom de lieu (Vallem- F erratum) : Fiert un païen, Justin de Val -Ferrée,

VALENTINEIS. Adj. r. p. m. De Valence ( Valentia a donné Valentinus, sur lequel on a formé un second adjectif en ensis ) : Escuz uni genz, espiez Valentineis, 998.

(VAL)-FRQNDE. R. s. f. Nom d’un pays païen ; La disme est des bai'bez de (Val)-Fronde, 3260. V. Val- Funde.

VAL -FUIT. R. s. Nom d’un pays païen ( Val et fuir?) : De Val- Fuit sunft) venuz en traverfs) ,

VAL-FUNDE. R. s. f. Nom d’un pays païen : Fors Blancandrin de castel de Val-Funde, 23 (Y a-t-il là un composé de val avec fundus ou avec funda?). V. Val- Fronde. — F. Michel, à ce mot de son Glossaire, a cité plusieurs textes d’autres Chansons qui parlent d’une localité du même noni. C’est assez dire que ce nom est fantaisiste.

VAL-MARCHiS. R. s. ( Val avec marchis) : Dès Cheriant entresqu'en Val-Marchis, 3208.

VAL -METAB. R. s. (?) : En Val- Metas li dunat uns diables, 1663.

VALOR. R. s. f. (Valorem) , 534. Cf.

Valur, au vers 1090.

VAL-PENUSE. R. s. f. Nom d’un pays païen ( Vallem-pœnosam ) : La quinte ( eschele) est de cels de Val-

QOKfi

VAL-SEVERÉÊ.R. s. f. Nom d’un pays aïen (Vallem - s eparatam) : Canaeus... tint la tere entresqu’en Val- Severée , 3313.

VALT. Verbe neutre, 3« p. s. de l’ind. prés, de valeir (Valet), 516, 921, etc. 3© p. p. : valent, 639. — Subj. prés., 3° p. s. : vaillet, 1666, et vaille, 376. — Parte prés. : vaillanz (V. cô

VAL-TENEBRUS — VEDEIR

mot). = Valt est employé souvent avec un comparatif : Plus valt Mahum que seint Pere, 921. = On le trouve souvent accompagné d’une négation explétive : Sis bons escuz un dener ne li valt , 1262. = Enfin, il se joint à la négation nient : Fuir s'en voel , mais ne li valt nient, 1600. Nous disons encore aujourd’hui : « Gela ne lui vaut rien. » Au moyen âge , on supprimait volontiers le sujet.

VAL-TENEBRUS. ,R. s. Lieu d’Espagne, près de l’Èbre et de Saragosse : El ' Val-Tenebrus là les vunt ateignanty 2461. Mü. a eu raison de restituer Val- Tenebres , qui ne rompt pas la mesure du vers et se trouve dans les textes de Venise IV et de Versailles.

VALTERNE. R. s. f. Nom d’une ville en Espagne { Valtierra ; mais l’n de V alterne n’est pas expliqué),

VALÙR. R. s. f. Prix ( Valorem ) : Ne placet Deu... que jà pur mei perdet sa valur France , 1090. Valor, 534, 1362, 1877. = Au vers 1877, le sens de valor se rapproche, par une extension naturelle , de celui de « vaillance, bravoure, valeur » : Itel valor deit aveir chevaler — Ki armes portet e en bon cheval set, 1877, 1878.

VANTANCE, R. s. f. Vanterie ( Vanitantiam ) : Devant Marsilie ad faite sa vantance, 911.

VANTERENT (se). Verbe réfléchi ou neutre, 3® p. p. du parfait de l’ind.

{Se vanitarunt, de vanitare, fait sur vanitas). 1» Réfléchi. Si se vantèrent mi vaillant chevaler , 2861. — Subj. prés., 3e p. s., s'en vant : Ki traïst altre nen est dreiz qu'il s’en vant, 3974. = 2® Neutre.' Futur 2e p. s., avec en, en vanteras :

JV’en vanteras el' régné dunt tu fUS y 1961.

VASSALMENT. Adv. Courageusement (V. le suivant) : Franceis swit bon , si ferrunt vassalment, 1080.

VASSALS. Ce mot est tantôt substantif, tantôt adjectif. Il dérive de vassalis, fait sur vassus, lequel dérive lui-même du celtique gwas. Dès l’époque mérovingienne, certains individus nommés vassi se viennent recommander à d’autres plus puissants et plus riches, appelés seniores. L’engagement du vassus s’appelle com,mendatio. Dès le temps de Charlemagne, le vassus suit le senior à la guerre. Il lui doit fidélité

et assistance, et, à partir de la révolution féodale, le service militaire régulièrement constitué, lequel est l’essence du fief. Tout individu qui est appelé à remplir ces devoirs est un « vassal ». S’il les remplit bien, c’est un « bon vassal » , un « vrai vassal ». Et vassal en est venu , sans autre épithète, à signifier toutes les vertus de la vassalité, surtout le courage. Telle est l’histoire de ce mot, qui tient tant de place dans le Roland et dans toutes nos autres Chansons.

1° Substantif. S. s. m. , vassals :

Vassals est bons por ses armes de fendre } 3785. Cf. Vassal, 3185. — R. s. m., vassal : N’at te(l) vassal suz la cape de V ciel , 545. — S. p.

m., vassals, 3335, et vassal : En cele (eschele) sunt li vassal de Bavière y 3028. — R. p. m.? vassals: Il est escrit en la geste Francor — Que vassals ad li nostre Empereur, 1443, 1444. — 2° Adjectif, s. s. m., vassals : Granz est e forz e vassals e isnelsy 3839. Vassal, 3579.

VASSELAGE. R. s. m. Courage, qualités du bon vassal ( Vassalati cum ) : Rollanz est proz e Oliver est sage ; — Ambedui unt mefrjveillus vasselage , 1094. N'avez baron de si grant vasselage, 744.

VEANT. D’un gérondif latin faisant office d’un véritable ablatif absolu (Vient d’un type tel que vedando ) :

Fait sun estais veant cent mil(ie) humes , 2997. Cf. Veiant : Des fi les en , sire , vostre veiant, 287. Mais ici veiant est devenu un véritable substantif. V. le suivant.

VEDEIR. Verbe actif, Inf. prés. Voir [Vider e) y 270, 1992 , et, sans la dentale, veeir, 1004, 1720. — Ind. prés., Ire p. s. : vei , 1021. 2® p. s. (peutêtre est -ce l’impér. 2® p. s.) : veiz, 2979. 3® p. s. : veit , 324, 530, etc, 2® p. p. : veez, 1131 . 3® p. p. : veient, 1467, 3687. — Imparf. de l’ind., 3® p.

s. : veeit, 2558. — Parf. simple, lr® p. s. : vi , 682. 3® p. s. : vit, 443. 2® p. p. : veïstes , 2475, 3® p. p. : virent, 819. — Parf. comp., lr® p. s., avec un r. s. m. : ai veüt, 1083. Avec un r. p. m.: ai veüz, 1039. lr® p. p., avec un r. s. m. : avum veüd, 3132. — Fut., lr® p. s. : verrai , 298. 3® p. s.: verrat, 83. lr® p. p. : verrum, 3179.

2® p. p. : verrez, 49, et, comme assonance dans deux couplets assonancés en ei : verreiz , 564 et 3754. — Impér., 2«p. p. :veez, 925.— Subj. prés.

3® p. s. : veied, 2004. — Imparf. du subj. ( dans le sens du conditionnel),

VEI AGE — VEÏSEZ

3e p. s.: veïst, 1431. lr« p . p.: VEÏSSUM, 1804. 2« p. p. : veïssez, 1622; veïsez, 349. — Parf. du subj., 2e p. s., avec un r. s. f. : aies veüd, 1960. — Part, présent, neutre, en ablatif absolu veant, 2997, et devenu un vrai sub stantif neutre : veiant , 326. = Passif. Futur, 3« p. s. , avec un s. s.

m. : ert veüd, 3812. — Part, passé, s. s. m. : veüd, veüt, veüz. = Ce verbe a partout le sens actuel. Rem.

seulement la locution là veïssez , si vive, et que nous avons à peu près perdue : Là veïssez si grant dulor , 1622. Là veïsez tant chevaler plu-’ rer, 349, etc.

VEIAGE. R. s. m. Chemin ( Viaticum) : Guenes est muntet, entret en sun veiage, 660.

VEIANT. Part, près., r. s. n., employé substantivement : Desfi. les en, sire, voslre veiant, 326. V. veant.

VE1E. R. s. f. Voie, Chemin (Viam) : En mi sa veie ad encuntret Roltant, 1595. — R. p. f. : veies, 405, et, par erreur, veiez, 2852. = Rem.

la locution Tute veie : Uns Sarra zins tute veie Vesguardet, 2274.

VEIED. Verbe actif, 3° p. s. du subj.

prés. ( Videat ) : Jo ne vos vei :

veied vus Damne Deu, 2004. Ainsi parle Olivier, qui, aveuglé par son

{iropre sang, ne voit pas son ami Roand et le frappe d’un coup terrible, le prenant pour un païen. V. Vedeir.

VEIENT, Verbe act., 3e p. p. de l’ind. prés, de vedeir [Vident), 1467, 3687 V. Vedeir.

VEIER. R. s. m. Viguier ( Vicarium ) :

Li Reis cumandet un soen veier Basbrun, 3952. C’est ce Basbrun qui est chargé de pendre les trente parents de Ganelon.

VEIES. R. p. f. (Fias), 405 et 2464.

VEIEZ. R. p. f. Le scribe a écrit, par erreur, veiez, au lieu de veies, 2852.

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