SUR CINQ ARCHEVÊQUES
On a choisi cinq évêques paillards,
Tous cinq rongés de et de chancre,
Pour réformer des moines trop gaillards. Peut-on blanchir l'ébène avec de l'encre * .''
1. « Ce madrigal de M. Favart à M"^ Arnoux nous a paru d'un genre particulier, et, s'il est véritablement de lui, il justifie ses partisans qui soutiennent opiniâtrement qu'il est capable des choses les plus délicates, en réponse à l'avis de ceux qui lui refusent d'être auteur dUAnnette et Lubin, de V Anglais a Bordeaux, et autres ouvrages d'un sentiment très exquis. » [Mém. de Bac/ianmoiiL)
2. « Le Roi a nommé une commission pour examiner les instituts des différents ordres religieux, et y faire la réforme nécessaire. Cinq archevêques sont à latête de ce tribunal : M. de la Roche- Ay mon, archevêque de Reims; M. Phelyppeaux, archevêque de Bourges ; M. Dillon, archevêque de Narbonne; M. de Brienne, archevêque de Toulouse; enfin, M. de Jumilhac, archevêque d'Arles.» {Mém. de Bachaîimont.)
LA TRISTESSE DE FRERONi
BACULARD
Qu'as-tu, Fréron ? Je te trouve interdit, Moins insolent, plus bas que de coutume.
FRÉRON
Oui', j'ai le cœur dévoré d'amertume.
BACULARD
Sans doute, on vient, comme je l'ai prédit, De réprimer l'audace de ta plume ?
I. « Le vertueux Jean Fréron étant de retour depuis peu de son voyage en Bretagne, où il s'était rendu dans l'espérance de recueillir une succession qu'il n'a pas trouvée ouverte, attendu que celle qui devait la laisser s'était ravisée de vivre, vient de reprendre les glorieux travaux de son Année littéraire, qu'il avait abandonnés dans son absence à quelques subalternes. Ce retour a été célébré par une pièce qui a couru Paris, mais dont l'auteur ne s'est pas fait connaître, » [Corresp. de Grimm.)
6o C lairambault- M aurepas.
Qui l'oserait?... Je te le dis tout bas, J'ai des amis qui ne s'en vantent pas, Mais...
BACULARD
Qu'as-tu donc?
FRÉRON
Le chagrin me consume.
BACULARD
A-t-on joué V Ecossaise'^ à Quimper?
Partout, sans cesse, on la joue, on l'accueille;
I. Cette comédie de Voltaire fut imprimée au commencement de l'année 1760 et représentée au Théâtre- Français le 27 juillet suivant. C'était surtout une cruelle diatribe contre Fréron ; Collé la juge sévèrement dans son y(?«r«rt/.- « C'est, dit-il, un mauvais roman qui veut être une comédie ; rien n'est si comhiun et si usé que l'intrigue de cette
pièce Ce qui a décidé le succès, c'est le caractère de
Frelon. Les personnalités contre Fréron que l'on a cru trouver dans ce personnage l'ont fait applaudir avec fureur dès les premiers traits. Les ennemis de ce journaliste, les amis de Voltaire, les encyclopédistes, beaucoup d'honnêtes gens neutres, mais qui méprisent Fréron, ont battu des
mains à chaque injure qui paraissait le regarder Il est
odieux de personnifier les gens sur la scène et en particulier d'y voir exposer des gens de lettres comme des bêtes féroces qui combattent pour le divertissement des spectateurs C'çst une infamie de M. Voltaire d'avoir fait
jouer cette pièce. »
Année ijGG. 6i
Mais tous les mois l'auteur est, dans ma feuille, Mis sur la scène et nous sommes au pair.
BACULARD
D'être hué n'as-tu plus le courage?