F R É R 0 NT
Moi! cette haine aiguillonne ma rage; Et dès longtemps j'y suis fait, Dieu merci !
BACULARD
Avoue enfin que l'opprobre te pèse ?
FRÉROX.
Oh ! point du tout. Tu m'y vois endurci : Le mal est fait et le calus aussi.
Va, dans la honte on vit fort à son aise Quand de l'honneur on n'a plus de souci : Je l'écrivais autrefois à Marsy *.
I. « Quand Marsy fut chassé de chez les jésuites pour avoir trop aimé les enfants dont il était le préfet, Fréron, alors jésuite, lui adressa les vers suivants :
Adieu, Jupiter adorable,
Revêtu d'un manteau d'abbé,
Laisse là ton honneur flambé ; •
Prends soin seulement qu'à la table
Toujours un Ganymède aimable
Te verse le nectar à la place d'Hébé.
Ce Marsy a fait depuis une histoire des Chinois, Japonais et autres peuples de l'Asie dans le goût de l'histoire ancienne du bonhomme Rollin. » {Corresp. de Grinim.) viii, 6
62 Clair anib ault-Maurepas.
B ACULARD.
Quel accident peut donc troubler ton âme ?
FRÉRON
Ah ! sur les sots je régnais autrefois.
Ce temps n'est plus; la louange, le blâme,
Dans mes écrits ne sont plus d'aucun poids;
Même en province on a su me détruire,
Et sans retour j'ai perdu, je le vois,
Mon seul plaisir, l'heureux pouvoir de nuire.