‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 34 sur 173 · F R É R 0 NT · texte numérisé non relu

F R É R 0 NT

Moi! cette haine aiguillonne ma rage; Et dès longtemps j'y suis fait, Dieu merci !

BACULARD

Avoue enfin que l'opprobre te pèse ?

FRÉROX.

Oh ! point du tout. Tu m'y vois endurci : Le mal est fait et le calus aussi.

Va, dans la honte on vit fort à son aise Quand de l'honneur on n'a plus de souci : Je l'écrivais autrefois à Marsy *.

I. « Quand Marsy fut chassé de chez les jésuites pour avoir trop aimé les enfants dont il était le préfet, Fréron, alors jésuite, lui adressa les vers suivants :

Adieu, Jupiter adorable,

Revêtu d'un manteau d'abbé,

Laisse là ton honneur flambé ; •

Prends soin seulement qu'à la table

Toujours un Ganymède aimable

Te verse le nectar à la place d'Hébé.

Ce Marsy a fait depuis une histoire des Chinois, Japonais et autres peuples de l'Asie dans le goût de l'histoire ancienne du bonhomme Rollin. » {Corresp. de Grinim.) viii, 6

62 Clair anib ault-Maurepas.

B ACULARD.

Quel accident peut donc troubler ton âme ?

FRÉRON

Ah ! sur les sots je régnais autrefois.

Ce temps n'est plus; la louange, le blâme,

Dans mes écrits ne sont plus d'aucun poids;

Même en province on a su me détruire,

Et sans retour j'ai perdu, je le vois,

Mon seul plaisir, l'heureux pouvoir de nuire.

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