‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 77 sur 173 · Titres d'opéras -comiques dont trois sont de Quêtant · texte numérisé non relu

Titres d'opéras -comiques dont trois sont de Quêtant

"156 Clairambault-AIaurepas.

Doit tenter, j'en conviens ; mais pour l'avoir entière Parlez : du grand Sedaine avez-vous les talents ? Si vous ne pouvez pas attraper ses élans, Tâchez au moins d'atteindre au poli de son style. Modeste comme lui soyez aussi docile.

Gardez-vous bien surtout de faire un opéra. Il arrive malheur à ces ouvrages-là.

La Motte est massacré par les mains de Cardonne* Dans les bras de l'amour le Dieu du goût frissonne; Quinault, tu dois frémir dans la nuit du tombeau, Persée est corrigé par monsieur Joliveau *. Malgré ses vers brillants et sa verve féconde, Nous avons vu périr la Reine de Golconde; Mais l'auteur, pour se faire un honneur singulier, Conçoit du Déserteur l'ouvrage irrégulier. Monsigny, digne ami, le soutient de manière Que la gloire à Sedaine appartient toute entière. Ce poète, qui peut remplacer Poinsinet, A force de travail marche après Taconnet ; On lui doit des Sabots l'intrigue intéressante, Sa délicate main crépit Xlle sonnante'^

1. Musicien de Versailles qui remit en musique sans succès l'opéra à'Omphale. {Note de Grimm.)

2. Secrétaire perpétuel de l'Académie royale de musique et actuellement l'un des quatre nouveaux directeurs de l'Opéra, nommés par la ville. [Id.)

3. M. Nicolet représente à son digne ami que î'/le sonnante est de M. Collé et non de M. Sedaine et qu'il n'envie pas cette pièce au Théâtre-Italien. Au reste, il pardonne volontiers cette petite erreur en faveur de tant de vers harmonieux et pleins de sel. {Id.)

Année ly 6g. 157

Il fit \ Anneau perdu, sifflé, puis oublié,

Et l'Huître, et la Gageure et le Mort marié.

Son théâtre arlequin, tout rayonnant de gloire,

Est dans cet âge enfin le temple de Mémoire;

C'est dans cette piscine où les auteurs perdus

Se lavent des affronts qui les ont confondus.

Marmontel, tu rendis Cléopâtre hydropique,

Tu fis à l'Opéra mourir Hercule étique ;

Tu sentis qu'il fallait, pour te faire un grand nom,

En vers bien boursoufflés composer le Huran.

Mais, comme un faible enfant bronchant dans la carrière,

Tu fis choix de Grétry pour tenir la lisière.

Travaillez, plats auteurs tant de fois bafoués,

Et pendant quatre mois vous vous verrez joués.

D'informes avortons Paris est idolâtre.

Et tous les écrivains brillent sur ce théâtre :

Son concours éclatant, ses éternels succès

Attentent chaque jour au bon goût des Français.

Esprit universel, prodigieux génie,

Voltaire, efforce-toi de changer de manie ;

Tous les mois contre Dieu tu nous donne un écrit.

Ne sois plus le Fréron du divin Jésus-Christ.

Tu te fais dans ton lit porter le viatique.

Il valait bien mieux faire un opéra-comique :

Espérant embellir tes vers mâles et forts,

La Borde t'eût prêté ses sons durs et discords ;

Et ton pinceau, traçant les amours de Jean-Jacques,

Nous aurait amusé beaucoup plus que tes Pâques.

O mes concitoyens ! qu'est devenu le goût ?

L'ignorance domine, elle s'étend sur tout.

1^8 Clairambault-Alaurepas,

Armîde vous plairait moins que des Zirzabelles, Et du Tablemc parlant vons êtes les modèles'.

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