Elle fait la dévote, écrit Barbier dans son journal, et
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Que dans l'esprit de bien des gens Elle passe pour vertueuse.
Que la Villars et la Gontaut 1, Beautés jadis au teint de rose, Tour à tour se chantent tout haut Leurs vérités en vers et prose.
Que le Conseil par maints arrêts Altère la foi qu'il ignore,
tire de l'argent des affaires qu'elle fait faire en cour par le canal du cardinal-ministre, auprès de qui elle est bien. » L'auteur de la Vie privée de Louis XV a pris soin de préciser la nature des relations de la princesse avec Fleury : « Le cardinal, dit-il, avait pour maîtresse la princesse de Carignan, c'est-à-dire en était gouverné, déposait dans son sein les secrets de l'État, ne décidait rien que par ses conseils; car voilà à quoi se réduit un mot usité à la cour, souvent dans cette acception, la seule que pouvait présenter le commerce d'une femme âgée de quarante-cinq ans avec un vieillard presque nonagénaire, chez qui les plaisirs des sens devaient se réduire à des réminiscences. Celui de commander au ministre qui tenait le monarque en lisière était donc la grande volupté de la princesse. »
I. La marquise de Villars a depuis longtemps quitté le rouge et s'est jetée dans la haute dévotion. Mme de Gontaut vient de le quitter, les uns disent que c'est par dévotion, et les autres par des motifs purement humains, qui sont de se mettre bien avec la reine qui ne la pouvait souffrir, et de succéder à la charge de la maréchale de Boufflers, sa tante, dame d'honneur. Chacun sait que ces deux dames ont été autrefois bonnes amies en apparence ; cependant, la marquise de Villars fit une chanson sur Mme de Gontaut et sur M. le duc de Richelieu, et cette dernière lui riposta en vers et en prose. {M. de M.) vi. >
26 Clair ambaul t-Maurepas.
Que pour un sordide intérêt Le chancelier se déshonore.
Qu'en s'associant Chauvelin, Fleury pour lui se préoccupe ; Que tôt ou tard du patelin, Le benêt prélat soit la dupe l.
Qu'Hérault ne puisse supprimer La gazette ecclésiastique2, Que le clergé veuille primer, Que l'avocat ferme boutique.
Que le pontife aux trois flambeaux :\ Ce paquet d'ordure et de crasse,
i. Le chansonnier n'était guère perspicace pour supposer Fleury capable de se laisser duper. Le défiant cardinal devait bientôt sacrifier Chauvelin sur de simples soupçons.
2. M. Hérault, lieutenant général de la police, n'a pu réussir encore à découvrir l'auteur de la gazette ecclésiastique, ni où elle s'imprime, quoiqu'on dise que cette recherche coûte des sommes immenses. (M. de M.)
3. M. de La Fare, évèque de Laon, qui porte à ses armes trois bouts de flambeaux, a fait des folies en faveur de la cour de Rome. Elles lui ont mérité l'arrêt du Parlement du 20 février 1731, qui supprime son mandement du 13 novembre 1730. Il y a eu aussi un autre arrêt du 2 mars 1731, qui supprime, comme séditieuse et attentatoire à l'autorité royale, la lettre pastorale de cet évêque du 24 février, au sujet de l'arrêt du Parlement du 20 du même mois. Le ministre récompensa tous ces évêques turbulents. {M. de M.)
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Mis par le Sénat en lambeaux, Près du ministre rentre en grâce.
Que le bon pasteur opprimé1 Soit séparé de ses ouailles, Que dans un mémoire imprimé On ôte le masque à Noailles.
Que l'archevêque de Paris2, Mangeur et buveur indomptable, Nous fasse voir par ses écrits Que parfois il quitte la table.
Que, pour devenir cardinal, Tencin trahisse sa patrie, Que dans un mandement brutal Il nous damne et nous injurie 3.
1. L'évêque de Sénez est ce bon pasteur. On sait qu'il gémit et prie Dieu dans les montagnes de l'Auvergne. La strophe parle aussi d'un écrit de M. le duc de Noailles contre lequel les sieurs Tourterets, auxquels il avait donné toute sa confiance, et qu'il a depuis chassés de chez lui, ont fait un mémoire qui a été imprimé et répandu partout. {M. de M.)
2. L'archevêque de Paris, M. de Vintimille, que la chanson critique, est le plus gros corps et le plus gros mangeur du royaume de France. Il a fait des mandements et des instructions pastorales qui ont toujours eu un malheureux sort; aucune ne lui a réussi. (M. de M.)
3. En 173 1 , l'archevêque d'Embrun avait publié un mandement dans lequel il traitait le Parlement d'hérétique.
28 Clairambault-AIaurepas.
Qu'à son diocèse nouveau Languet prêche le fanatisme1, Qu'il scandalise son troupeau, Qu'il ignore son catéchisme.
Qu'on jette Saint-Médard à bas, Que Saint-Sulpice un jour s'achève Que de voir huer ses appas De dépit la Resnel 3 crève.
Que Grandval 4 b.... la Bouillon Lorsque son prince la délaisse s, Et que l'ingrat duc d'Aiguillon Ait abandonné sa princesse6.
Que la cour fasse bien ou mal, Qu'on y soit du pape idolâtre,
1. Languet de Gergy, l'auteur de Marie Alacoque, zélé constitutionnaire, promu à l'archevêché de Sens en 173°-
2. La porte du petit cimetière de Saint-Médard, où est le tombeau de M. Paris, a été fermée par ordre du Roi du 27 janvier 1732. Par contraste, l'édifice de Saint-Sulpice s'avance. {M. de M.)
3. Cette dame est la fille de M. le maréchal de Berwick, elle a été insultée, dans le jardin des Tuilleries, pour son ridicule ajustement. (M. de M.)
4. François-Charles Racot de Grandval, célèbre acteur et littérateur français (1710-1784).
5. Le comte de Clermont a fort aimé, comme chacun sait, Mme de Bouillon. {M. de M.)
6. Il est aussi fort connu dans le public que la princesse douairière de Conty idolâtrait le duc d'Aiguillon. {M. de M.)
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Que le fils d'un grand maréchal l Ne soit qu'un héros de théâtre.
Que la noire société Ruine le dogme et la morale.
Que le jansénisme entêté Contre elle intrigue et cabale.
Que nos seigneurs soient ruinés, Au jeu du Roi, qu'ils s'enrichissent 2.
Que nos évêques soient damnés, Que toutes nos catins vieillissent.
Que dans ces dix-huit couplets-ci Quiconque en fera la lecture, Ou trouve que j'ai réussi Ou qu'on en fasse la censure. Ah ! le voici, ah ! le voilà Celui qui rit de tout cela.
Que tout Paris raille Nogent '\ Qu'on approuve La Ribaudière,
1. Il s'agit ici du fils du maréchal de Villars, fils qui n'a aucune des qualités de son père, et que nous appelons tous le grand flandr in. {M. de M.)
2. Le Roi joue gros jeu et gagne souvent ; il aime cet amusement avec passion, et surtout le gain ; il est même inexorable pour se faire payer. [M. de M.)