‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 68 sur 192 · MILORD DUC ET BERNARD · texte numérisé non relu

MILORD DUC ET BERNARD

L'amour sous son étendard Tient Alilord duc 4 et Bernard,

Voilà la ressemblance.

L'un est jeune et vigoureux,

1. On sait ce qui arriva à l'abbé Desfontaines pour avoir parlé de l'abbé Bignon dans le discours qu'il a fait pour la réception de l'abbé Seguy à l'Académie française. Il fut décrété de prise de corps en janvier 1736, s'absenta aussitôt et se retira, à ce que l'on dit, chez l'ambassadeur d'Angleterre. (M.)

2. Antoine de La Roque avait obtenu en 1721 le privilège du Mercure de France, dont il publia 321 volumes.

3. C'est lui qui a imprimé le discours académique de l'abbé Seguy. Il a été arrêté à raison de ce fait. (M.)

4. Lord Kingston, fils du marquis de Dorchester, duc et pair d'Angleterre.

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L'autre est caduc et goutteux, Voilà la différence.

Tous deux pour même raison1 Fréquentent même maison 2,

Voilà la ressemblance.

L'un s'y glisse en tapinois Et l'autre en maître des toits,

Voilà la différence.

Tous deux y font du fracas Tous deux donnent des ducats,

Voilà la ressemblance.

Milord donne un bien à lui Et Bernard celui d'autrui,

Voilà la différence.

Quoi ! pour la Touche disparue Avec Kingston :!

1. Lord Kingston était l'amant de la plus jeune des filles naturelles de Samuel Bernard, Françoise-Thérèse, mariée à M. de La Touche. Elle avait épousé son mari par contrainte et ne tarda pas à lui préférer les ducs d'Alincourt et de La Trémoille, auxquels succéda le duc de Kingston.

2. Une belle maison de Passy donnée par Samuel Bernard à sa maîtresse, l'aînée des filles du comédien Dancourt, mariée à M. de Fontaine, commissaire contrôleur de la marine et des guerres au département de Flandre et de Picardie. Trois filles naturelles étaient issues de cette liaison, et Bernard les avait mariées richement.

3. Lorsque Milord Kingston enleva Mm0 de La Touche en Angleterre, où il lui a assuré 15,000 livres de rentes.

148 Clairambault-Aiaurepas.

Toute une famille éperdue - Crie au larron • ?

D'où peut leur venir sur cela Tant de surprise ?

C'est une fontaine qui va Se perdre en la Tamise.

Qu'en tout Paris il soit des Ménélas, Que plus d'une Hélène charmante Se livre à l'objet qui l'enchante, Cela ne me surprend pas; Mais qu'à Paris on informe, on raisonne, On fasse le charivari Pour un vilain petit mari, Quitté pour un amant chéri, C'est là ce qui m'étonne2.

(M.) Milord, en partant pour l'Angleterre, convint avec Mme de La Touche qu'elle irait le rejoindre au bout de neuf jours ; ce qui eut lieu en effet.

1. « Le mari fait des informations et poursuit son décret. Samuel Bernard est furieux de l'enlèvement de sa fille et dit qu'il mangera la moitié de son bien pour faire couper la tête à Milord, au moins en effigie, puisqu'il ne peut espérer la réalité ; voilà une bonne histoire qui divertit ceux qui n'y prennent point intérêt. » (Nouvelles h la mairij de 1733 a 1739.)

2. «Vous savez sans doute, écrivait l'abbé Le Blanc au président Bouhier, le départ du duc de Kingston, et l'évasion de M"'e de La Touche; cela fait toujours ici beaucoup de bruit, d'autant plus que le mari fait informer. On a fait beaucoup de couplets sur cette aventure. » Il y eut

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