ADIEUX DE VOLTAIRE' A MADAME DU CHATELET
Adieu, belle Emilie2, En Prusse je m'en vas
aussi nombre de calottes et de placards satiriques, dont voici le plus curieux :
Cent guinées a gagner : Chienne chaude perdue.
« Le 17 novembre au soir, entre chien et loup, fut perdue une chienne en chaleur qui, pour cas sale, et crainte de La Touche, se sauva de la maison de son maître, et ayant fait rencontre d'un dogue dAngleterre qui cheminait grandement, le suivit, dit-on, hors du royaume. Cette bête, quoique d'un âge fait, peut encore rendre service longtemps. Elle est douce, mouchetée, d'une haute taille, la jambe et la dent saine, le poil brun et les yeux vifs ; elle avait pour lors un carcan de diamants sur lequel on n'avait point fait graver le nom de son maître, parce qu'elle lui servait moins qu'à ses amis, n'étant pas grand chasseur. Comme cette bête est de très bonne race, et qu'elle appartient d'ailleurs à gens en place, ceux qui indiqueront sûrement le moyen de la réclamer, recevront les cent guinées en espèces, soit à Paris chez M. Tessier, notaire, rue Saint-Antoine, soit à l'étranger en lettre de change à vue. »
1. L'apparition du Mondain venait de brouiller encore une fois Voltaire avec M. de Chauvelin et le parti des dévots ; l'auteur dut se décider à quitter la France pour quelque temps. Il partit vers la fin de décembre 1736, et se rendit en Hollande.