‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 55 sur 121 · CONTRE SOPHIE ARNOULD · texte numérisé non relu

CONTRE SOPHIE ARNOULD

Vieille serinette cassée 1,

Cadavre infect, deryenne des p ,

O toi, dont la gueule édentée, Vomit à grands flots les venins De ta langue pestiférée,

Oses-tu bien, dans ton b d'esprit

(Où préside avec toi cet avocat proscrit Par la justice et par sa compagnie) 2, Déchirer ce grand homme, ami de Polymnie, Oui nous peignit Orphée, Alceste, Iphigènie, Que tout l'univers applaudit3.

De la fable serpent maudit, Tu mors une lime endurcie A la chaleur qui réfléchit Le feu pétillant du génie; Ces trois chefs-d'œuvre, en dépit Des serpents de ta jalousie, Ne craignent point la dent pourrie Et leur auteur qui te défie

i. « M"L' Arnould n'était point jolie; sa bouche déparait son visage, ses yeux seulement lui donnaient une physionomie où se peignait l'esprit remarquable qui l'a rendue célèbre. » [Mémoires de Bachaumont.)

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