‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 56 sur 121 · L'avocat Linguet. (M · texte numérisé non relu

L'avocat Linguet. (M

;. Le chevalier Gluck. (M.)

Année iJjO. qo

Brave ta cabale, et se rit

Des efforts de ta noire envie. O toi ! dont les accents animent nos concerts,

Poursuis, aimable Rosalie 1, Unis ces dieux qui charment l'univers, Celui des arts et celui d'Idalie,

Jouis de leurs douces faveurs; Séduis nos yeux, nos oreilles, nos cœurs; Laisse crier ta jalouse ennemie,

Tes talents font son désespoir ;

Et du Temps qui la fait déchoir,

Bientôt, sur sa tête blanchie,

La faux terrible appesantie N'offrira plus aux regards indignés

I. La demoiselle Rosalie Levasseur, première chanteuse de l'Opéra et maîtresse de l'ambassadeur de l'Empereur, le comte de Mercy-Argenteau, avait obtenu, au préjudice de Sophie Arnould, le rôle à'Akeste, dans l'opéra de ce nom, représenté pour la première fois le 23 avril. Cette faveur lui avait été accordée sans peine par l'auteur de la musique, le chevalier Gluck, qui logeait chez elle. Sophie Arnould prit mal la chose : « Elle a plaisanté sur sa rivale, disent les Mémoires de Bachaumont; elle a ameuté toute sa cabale contre elle, et c'est ce qui a enfanté du côté de Rosalie une satire atroce et dégoûtante contre la demoiselle Arnould, qui ne mériterait pas de produire la moindre sensation dans un autre lieu que les foyers de l'Opéra, et entre deux autres émules que deux catins. Mais les nombreux partisans de ces impures donnent de la vogue à cette facétie pitoyable.

•s La demoiselle Rosalie a rendu le rôle à'Akeste avec beaucoup de sentiment, d'expression et de vérité ; il est fâcheux que la noblesse de sa figure ne réponde pas à celle du personnage. » {Mémoires de Bachaumont)

C 1 iiiramb aul t- Al a u repas.

Qu'un squelette hideux, une horrible furie, Pleurant, au déclin de sa vie, Les maux affreux qu'elle a gagnés, Dont saint Côme et sa casserole N'ont jamais pu bien nettoyer Son profond et large foyer,

Où tout Paris attrapa la v 1.

Page 1