Les chaînes des galères
3. Voltaire reçut des coups de bâton, l'affaire^n'eut aucune suite. (M.). — Le chevalier de Roharî, qui avait attiré
a 54 Clair ambault-Maurep as*
Thémis se tait, la cour le joue; Que Francœur ne soit qu'alarmé * Le complot seul mène à la roue.
La vengeance n'est point permise :
Thémis défend toute entreprise Qui tend à nuire à son prochain ; Mais, puisque le roi l'autorise, On- doit brûler une p....
Qui sans scrupule judaïse *.
Le héros de la synagogue
Qui te mit richement en vogue,
Voltaire dans un lâche guet-apens, ne fut pas inquiété et Voltaire qui voulut en tirer vengeance fut mis à la Bastille, i. Il est vrai que l'alarme fut chaude. « Si j'étais à la place de Francœur, déclare Barbier, je tremblerais toujours ; il y a bien à appréhender avec un homme (Dulys) qui a tant d'argent et qui doit être piqué personnellement par une condamnation pareille, qui d'ailleurs a tout son bien en pays étranger. »
2. L'avocat Barbier est bien de cet avis : « Puisqu'on a été si rigide dans cette affaire, écrit-il, et qu'on veut suivre les ordonnances, il fallait décréter M 11 * Pélissier, car la voilà véhémentement soupçonnée d'avoir eu commerce avec un juif, ce qui est défendu sous des peines. D'ailleurs c'est une gueuse qui par son libertinage est cause de tous ces malheurs. Ayant un amant comme Dulys, qui lui a fait beaucoup de bien, elle ne devait pas être en débauche avec Francœur. Cela seul méritait de la faire enfermer;, mais parce qu'on a besoin de M 11 * Pélissier à l'Opéra de Paris, on l'a laissée là et on regarde cela comme une gentillesse, » On voit par là que les gens de théâtre commençaient déjà à prendre dans la société une importance excessive.
Année ij3i. 255
Dans un triste état est réduit Tu le fis ta dupe idolâtre, Sur l'échafaud il n'est conduit Que pour t'avoir vue au théâtre.
Que Dulys soit mis à la roue Et que Francœur de lui se joue, Cela paraît impertinent.
Mais si Thémis voulait bien faire, Pélissier irait pour dix ans Habiter la Salpêtrière.
Malepeste, quelle colère Dans ce petit dieu de Cythère !
Passe pour mettre son bandeau, Je lui pardonne toute ruse; Maïs qu'Amour se fasse bourreau, Ma foi, ce trait est sans excuse.
Manon Francœur, quel avantage !
Thémis pour toi fait le partage ; La Grève venge tes plaisirs, Ta gloire immole ta victime, Après d'illicites soupirs, Ton arrêt, déesse, est un crime.
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Sirène par ta voix et par ta trahison,
Jamais le tendre amour n'éclaira tes mystères.
Le principe grossier de tes feux adultères
2$6 Clairambault-Maurepas*
Étonne moins encor l'honneur que la raison !
Infâme Dalila d'une nouvelle espèce, La force de Dulys était dans sa richesse.
Si ton perfide cœur en fait un assassin, Tu devrais partager l'honneur de son destin.
Viens repaître tes yeux d'un spectacle barbare, Vois ton bienfaiteur au gibet ; Il est vrai qu'il n'est qu'en portrait, Cette réflexion qu'inspire le Tartare Doit te causer quelque regret.
Pour consoler ton cœur de boue, Le portrait de Dulys t'offre un secours certain, Ce juif, .représenté sur une infâme roue, Est moins déshonoré qu'il ne l'est dans ta main.