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les entreprises des pairs de France qui depuis longtemps font des efforts continuels pour s'élever au-dessus de la noblesse, former un ordre qui lui serait supérieur, et établir, s'il leur était possible, quelque sorte d'égalité avec les princes de votre sang. — Plaise à Votre Majesté de déclarer que les pairs de France ne forment point un corps, et, en conséquence, leur défendre de se créer des syndics et des commissaires; déclarer aussi qu'ils n'ont point droit de décider seuls de la succession à la couronne et des régences, ni de régler les affaires importantes de l'État, qu'ils ne sont ni les chefs, ni les seuls juges de la noblesse, que les autres gentilshommes de votre royaume ont un droit égal à celui des pairs d'être appelés au sacre des rois pour y représenter les anciens pairs du royaume. » Mais le Régent, effrayé de ces dissensions, refusa de recevoir le mémoire, et défendit à l'avenir toute réunion de la noblesse, par arrêt du 14 mars.
I. Cette invitation est ironique, car un grave différend {V affaire du bonnet) existait alors entre les ducs et pairs et le Parlement. Les ducs réclamaient le droit d'opiner sans se découvrir aux séances du Parlement, l'obligation pour les présidents de les saluer du bonnet en demandant leur avis, et la mention de leur présence dans le préambule des arrêts relatifs aux affaires publiques. Louis XIV
Année IJIJ.
Le Clergé, la Noblesse,
Avec le Tiers-État,
Convient votre Altesse
De finir le débat
D'un corps tout nouveau-né
Déserteur des trois autres.
Qui paré d'un vieux nom, don don, Sans en avoir l'éclat, la la,
N'a d'appui que le vûtre.
Ou dit partout, dedans la ville', Que le Régent
avait laissé ces questions indécises, et les ducs en réclamaient instamment la solution, que le Régent leur avait promise.
I. La noblesse, dont le Régent n'avait pas voulu écouter les réclamations, présenta au Parlement une requête en /orme de protestation contre tout ce qui s'était fait contre les princes légitimés au Conseil de régence, et contre ce qui pourrait être fait sans l'assemblée des états généraux, seuls juges de la succession à la couronne. Le Régent, irrité de cette mention des états généraux, plus encore que de la désobéissance des nobles, fît emprisonner six , d'entre las signataires de l'acte. * On envoya des officiers des gardes du corps arrêter six des principaux gentilshommes qui présentèrent avant-hier leur requête, dont trois seront mis à la Bastille et trois & Vincennes; ces six sont : un de Cbitillon, chevalier de l'ordre; un de Pohgnac, frère du cardinal ; un de Vieuxpont, gendre de M. le Premier; M. de Rieux; M. de Clermont, gendre du marquis d'O, et M. de Baufremont, gendre de M. de Courtenay. » (Journal dt Dangtau, 19 juin.)
224 Clairambault-Maurepas.
A fait mettre dans la Bastille Le plus pur sang
Et l'élite de la noblesse :
Rieux, Châtillon,
Vieuxpont, dont on sait la sagesse, Et Baufremont.
On dit encor que dans Vincennes
On tient Clermont, Polignac et demi-douzaine
De ces barons, Qui tous, remplis du grand courage
De leurs aïeux, Ne rendront jamais leurs hommages
Aux ducs moins qu'eux.