ÉPITAPHES DE LA CONSTITUTION
Ci -GIT dame de haut renom ^, Mauvaise Constitution*, Fille du diable ou d'un jésuite Flatteur, scélérat, hypocrite.
Je croirais même avoir bien dit Si je l'appelais sodomite.
Puisque mal du nom de Satan l'étant aussi, Ce n'est que d'eux qu'elle est sortie/'
deux rouges soutanes sont une allusion aux cardinaux de Rohan et Thiard de Bissy.
1. La Constitution ne disparut pas avec Louis XIV, et les débats auxquels elle avait donné lieu se prolongèrent jusqu'au milieu du xviii' siècle.
2. Parmi les appréciations impartiales de la Constitution, nous devons citer celle d'un contemporain intimement mêlé aux affaires religieuses, l'abbé Legendre, ancien secrétaire de l'archevêque de Paris, Harlay de Champvallon. « Il est étonnant, écrit-il dans ses Mémoires, comment on ne prévit pas à Rome, avant de la lâcher
Année iyi5. loi
Passants, plaignez son triste sort, Elle se croyait déjà reine ; Mais quand elle vit le roi mort.
Cela lui a £adt tant de peine Que, tout lui déplaisant ici.
Elle a voulu mourir aussi.
On dit que du pape Clément
La bulle est hérétique.
Et que Philippe le régent Est un bon catholique; Mais pour la Constitution, La faridondaine, la faridondon.
On la recevra dans Paris, biribi, A la façon de Barbari, mon ami.
Ci-gît la Constitution Bâtarde d'Ignace et de Pierre,
pour satisfaire les jésuites , non seulement qu'elle ne serait point reçue avec acclamation, mais qu'infailliblement elle exciterait de si grands troubles en France qu'on regretterait de l'avoir donnée... Ne pouvant produire de bien, pouvant au' contraire causer bien du mal, il eût été à souhaiter que jamais elle n'eût paru. » Et l'abbé Legendre, il est bon de le remarquer, fut au nombre de ceux qui acceptèrent la Constitution.
I02 C l air ambault^Aîau repas.
Fille de Louis par adoption Et sa présomptive héritière.
Passant, plaignez son sort, Elle est morte par sympathie, Car, hélas ! s'il n'était pas mort, Elle serait encore en vie.
EPIGRAMMES