‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 84 sur 213 · L'ETAT DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

L'ETAT DE LA FRANCE

Quel est le triste sort des malheureux Français, Réduits à s'affliger dans les bras de la paix? Plus heureux et plus grands au milieu des alarmes, Ils répandaient leur sang, mais sans verser de larmes; Qu'on ne nous vante plus les charmes du repos, Nous aimons mieux courir à des périls nouveaux ; Et, vainqueurs avec gloire ou vaincus sans faiblesse, N'avoir point à pleurer de honteuses bassesses, Edouard fugitif a laissé dans nos cœurs Le désespoir affreux d'avoir été vainqueure ; Que nous importe-t-il d'enchaîner la victoire ? Avec moins de lauriers nous aurions plus de gloire, Et, contraints de céder à la loi du plus fort, Nous aurions pu du moins en accuser le sort; Mais trahir Edouard lorsque l'on peut combattre. Immoler à Brunswick ^ le sang d'un Henri Quatre ^, Et de Georges vaincu subir les dures lois, O Français !... ô Louis !.., ô protecteur des rois, Est-ce pour le trahir qu'on porte ce vain titre ? Est-ce en le trahissant qu'on en devient l'arbitre ? Un -roi, qui d'un héros se déclare l'appui.

Doit l'élever au trône ou tomber avec lui;

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