EPITRE A LA MOYSAN
Enfin vous triomphez^ adorable Moysan, Vos appas, reposés au moins depuis un an, Votre vertu naissante ou sur le point de naître
I. A très haute et très puissante et maintenant très vertueuse dame Urbine Robin, veuve en dernières noces
vu. 14.
i6a Cldirambault^Maurepas^
Ont su toucher le cœur du valet et du mattre. Tel qu'on voit au printemps un antique fumier Que fit longtemps croupir un soigneux jardinier Être Vâme et le suc des fleurs les plus brillantes. D'oeillets, belles-de-nuit^ jonquilles, amaranthes, Telle, aimable Moysan, tendron épiscopal, Vous allez parfumer dans peu tout l'hôpital.
Heureuses mille fois, catins et maquerelles Que vous allez couvrir de Tombre de vos ailes. Plus de cris, plus de pleurs : Allez, leur direz-vous, Chères sœurs, ces hauts murs, ces portes, ces verrous, Qui firent si longtemps Tefi&oi de nos semblables, Cessent dès aujourd'hui d'être si formidables. Ici, tout reconnaît mon empire et ma loi.
De ces chaînes bientôt j'adoucirai le poids.
de très haut et très puissant seigneur, Herbert de Mo3rsan, tavemier b , me de Vaugirard, au Cerceau et or, nouvelle supérieure de la Salpêtrière, Bicêtre, La Pitié, Scipion et autres lieux. (M.) — L'archevêque de Paris qui, en 1749, avait changé les administrateurs des hôpitaux suspects de jansénisme, étendit peu après ses proscriptions aux supérieures et surtout à celle de la Salpêtrière : il la remplaça par la veuve Moysan, dont on disait assez de mal, et ce choix ne fut pas du goût de tout le monde. « Cette dame, lisons-nous dans la Vie privée de Louis XV, douée de tête, de toutes les qualités propres à l'administration d'une maison, intrigante, adroite, hypocrite, était encore jeune et bien de figure. Elle avait la carnation tendre, les yeux séduisants, le teint frais et reposé d'une dévote. Il n'en fallait pas tant pour fournir matière à la calomnie. Le seul motif du prélat avait été son zèle ardent pour l'extirpation du jansénisme et pour la propagation du molinisme, en n'élevant aux dignités que des gens de son parti et dont il se crût sûr. »
Année lySo. 16}
Mon cœur, vous le savez, toujours bon, toujours tendre, a' bien d'autres devoirs sut de tout temps se rendre. Comptez donc, chères sœurs, que ce rang glorieux Où daigna m'élever un prélat gracieux, Tout éclatant qu'il est, pour moi serait sans charmes, S'il ne m'était donné pour essuyer vos larmes. Tel sera le discours tendrement prononcé Dont vous régalerez vos sœurs du temps passé. Cependant le prélat qui sur nos âmes veille, Vous voyant entasser merveille sur merveille, Le servir à son gré, triomphant, satisfait.
Chaque jour bénira le beau choix qu'il a fait ; Se félicitera de sa persévérance A n'écouter pour vous pudeur ni bienséance.
La probité, l'honneur et la religion Sur nos anciens prélats faisaient sensation.
Mais depuis bien du temps, grâce à certaine bulle. Ils vivent sans pécher pu pèchent sans scrupule. Mais que dis'je, pécher ? Et pèche-t-on encor, Lorsqu'on a fait sa loi de cette bulle d'or?
Oui, d'or, belle Moysan, ne soyez pas surprise Que de ce npuveau nom ma muse la baptise.
Vous-même, cher objet, éprouvez aujourd'hui Tout ce qu'on peut braver quand on a son appui. Vous l'avez cet appui, Moysan incomparable.
Aussi, vous le voyez, tout vous est favorable : Princesses, gens mitres et premiers présidents Vous offrent à l'envi leurs vœux et leur encens. En vain une nombreuse et fatale cabale Contre vous se déchaîne et ses vapeurs exhale.