‹ Chansons à direChapitre 100 sur 130 · LE PELNTRE DES ROIS · texte numérisé non relu

LE PELNTRE DES ROIS

A la cour d'un roi d'Allemagne, Je voyais souvent autrefuis Un artiste de la Ro magne, Albertini, peintre des rois.

D'un bout à l'autre de l'année.

Il fabriquait, de parti pris, La même tête couronnée, Même qualité, même prix.

Revenu d'ailleurs assez mince, Et sujet aux revirements...

Cela s'expédie en province Aux bons bourgmestres allemands.

Peindre vingt fois la même tête, Ce n'est pas fort divertissant; Mais la main est faite et refaite Quand on arrive au chiUre cent.

Un jour, étant dans le royaume, J'allai voir cet Albertini.

11 travaillait un roi Guillaumo Qui n'était pas encor fini

II avait peint les accessoires, Paysage,' fond de portrait, L'iiabit, la couronne et les gloires.

Mais du visage pas un trait.

L'incident me parut bizarre; Albertini, sans s'émouvoir.

Me dit : « Celui que je prépare Ne peut-il pas mourir ce soir ? »

C'est une mission céleste Que Dieu lui confie ici-bas :

Le roi meurt, la royauté reste, L'homme a changé, l'habit non pas.

Le roi mort, fût-il Chai'lemagne.

Son portrait n'a plus de valeur.

Tous les bourgmestres d'Allemagne Voudront avoir son successeur.

La besogne est faite d'avance ; En quatre ou cinq coups de pinceau Je complète la ressemblance, Et je présente mon tableau.

Quand Dieu reprend Guillaume père, Guillaume fils nous est rendu; Le royaume est toujours prospère, Et mon portrait n'est pas perda.

278 CllANSuNS A Dlîin:

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