‹ Chansons à direChapitre 123 sur 130 · REPONSE · texte numérisé non relu

REPONSE

DE l'Étudiante a l'é t u d i v \ t

Mon bon ami, je prends la plume • Qui restait à mon vieux chapeau, Et, pour écrire ce volume, Je la taille avec ton couteau.

Tu me demandes des nouvelles De nos amis... Ne sais-tu pas Que les oiseaux ont pris leurs ailes.

Et que je suis seule ici-bas?

L'an dernier, le jour de ta ÏC-ie, Tu me menas à l'Odéon, Pour applaudir le drame honnête De tes amis Paul et Léon;

Et l'on joua la pauvre pièce Devant trois polytechniciens, Treize claqueurs, une négresse, Et puis nous deux; tu t'en souviens?

Voilà, mon cher, l'image exacte De notre Paris si changeant;

CHANSONS JOYEUSES Zot

Je demande le cinquième acte, On qu'on me rende mon argent !

On ne reconnaît plus personne; Quelques familles d'Albion S'en vont regarder la Sorbonne, Ou visiter le Panthéon.

Berthe, en ce moment, se repose Chez ses parents, dans un château; C'est en Auvergne, je suppose :

Elle a deux oncles porteurs d'eau.

Clara, tu sais, celle qui boite, Cherche en Espagne le Pérou ; Angèle est sur la rive droite, Clarisse est on ne sait pas où.

Enfin, nos meilleures amies De leur mieux savent s'arranger' Elles font des économies Sur la province et l'étranger.

Et moi, je reste et je travaille, En comptant les nuits et les jours ; Je me fais un cbapeau de paille....

Que dis-je? un chapeau de velours.

<Ze matin, j'ai vu Marguerite; Sur ton compte je m'alarmais; Elle a fiiit une réussite; Les cartes ne mentent jamais.

Venez, monsieur, que l'on vous gronde!

Je voyais clairement là-bas Certaine demoiselle blonde Qui me causait bien du tracas.

Le carreau perd, le trèfle gagne; L'as de pique est bien négligent; Cœur... c'e.st un homme de campagne Qui doit m'envover de l'argent.

D'ici, moi, je ne puis connaître Quel est ce campagnard charmant Cherche qui cela pourrait être, Et dis-le moi très promptement.

On a beau rester sage et sobre, On a sa table et son loyer; Tu sais que le terme d'octobre Est toujours le diable à payer.

J'ai d'autres choses à te dire; Mais tu vas être bien contrit; Je n'oserais jamais écrire Tout ce qui me vient à l'esprit.

Aussi, mon ange, j'y renonce, Pour ne pas flatter mon prochain.

Songe que j'attends ta réponse Avant le huit du mois prochain.

Adieu, laisse là ta rivière,

Ton foin, ton oncle, et pense à moi;

Si tu possèdes la chaumière, Le cœuf est ici tout à toi.

Ma main a besoin de la tienne; Je fais des rêves absorbants...

Si tu passes par Saint-Etienne, Apporte-moi quelques rubans.

Page 1