‹ Chansons à direChapitre 5 sur 130 · CAUSERIE D'OISEAUX · texte numérisé non relu

CAUSERIE D'OISEAUX

J'étais dans un vallon plein d'ombre

Qu'habitaient des oiseaux sans nombre

Revenus avec les beaux jours;

Ils couraient dans l'herbe émaillée,

Ou voletaient dans la feuillée,

Ou dans l'air traçaient leurs contours.

Et je leur dis dans ma paresse :

« Pourquoi vous agiter sans cesse, Pourquoi ne pas vous reposer? s Sans doute ces mots les touchèrent, Car tour à tour ils s'approchèrent.

Et nous nous mîmes à causer.

« Crois-tu, me dit une hirondelle, Que ce soit pour montrer mon aile Que je passe comme l'éclair?

Je poursuis l'insecte rapide Qui va rasant le sol humide.

Ou s'élève dans le ciel clair. »

— « Moi, dit un épervier, je chasse; Je suis l'oiseau de noble race.

Le conquérant, le fils des rois.

14 COANSONS A DIRE

Mes vassaux ou mes adversaires, A la puissance de mes serres, Ont bientôt reconnu mes droits. »

Des pigeons saccageant les seigles Disaient : « Nous faisons les espiègles Et nous fêtons le renouveau.

— Moi, » disait une pie avare, « ramasse ; l'argent est si rare!

— Moi, je pille, » dit un moineau.

Et la troupe, en franche lippée.

Tout le jour n'était occupée Que de ses grossiers appétits.

Comme font les poissons dans l'onde.

Comme tous les tîtres du monde, Bêtes ou non, grands ou petits.

« Mais toi qui restes sur ta branche.

Beau chanteur, oiseau du dimanche.

Pourquoi ne prends-tu pas ton vol?

Pourquoi chanter à perdre haleine Le demi-jour et la nuit pleine"?

— Pour chanter, » dit le rossignol.

HISTOIRES, COiNTES ET RÉCITS {6

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