LE RENDEZ-VOUS
Le malin de sa fraîche haleine Parfume les monts et la plaine;
Je pars leste et joyeux.
Où je vais, faut-il vous le dire?
Je vais tous ceux qui savent lire
Le liront dans mes yeux.
Oui, buissons qui bordez la roule, Et d'où s'épanche goutte à goutte
L'humidité des nuits; Oui, fleurs avides de Iun>ière, Ruisseau qui cours à la rivière.
Soleil qui me conduis,
Humble mousse et chêne superbe, Insectes de l'air et de l'herbe,
Ne devinez-vous pas.
Gais pinsons fêtant la verdure.
Joie ou larmes de la nature,
Qu'on nous attend là-bas?
L'amour est dans l'air que j'aspire;
Il est bien mieux dans son sourira,
Dans ses cheveux flottants.
Viagt fois j'ai compté la distance; Je n'ai que deux heures d'avance ; Arriverai-je à temps?
0 mon cœur, tâchez de vous taire; Le voici, le bois solitaire
Ofi doucement je vais.
Eile ne peut encor m'attendre...
Est-ce une erreur? je crois entendre...»
C'est toi!... Je le savais.
Je te sens expirer et vivre ; Entre mes bras tu tombes ivre
D'amoureuse langueur :
Restons unis dans cette fièvre, La lèvre parlant à la lèvre
Et le cœur sur le coeur !
Que dis-tu? ^juoir l Heure s'achève?
Partir! Mais c'était donc un rêve?
Déjà tu disparais?
Tu ne parles plus je t'écoule,
Et tout seul je reprends ma route.
Courts plaisirs, longs regrets !
Le corps s'en va, l'âme demeure; La part qui reste est la meilleure;
Elle n'est plus à moi !
Dans mon exil comment vivrai-je?
Que l'heure trop lente s'abrège!
Deux jours, dsu.^ jours sans toi?
lo6 COANSOiNS Â DIRE
Temps jaloux, faudra-t-il sans cesse Qu'on se plaigne de ta vitesse
Dans la prospérité?
0 vieillard, agite ton aile; Je vais vivre deux jours loin d'elle,
Deux jours, l'éternité I
PETITS POÈMES AMOUREUX i57