LE JOUR DU DÉPART
Nous subissions notre martj-re,
Près de nous séparer.
Elle me dit dans un sourire:
« Pourquoi pleurer?
» Notre roman fut sans alarmes
Jusqu'au dernier morne at.
Faut-il en gâter par des larmes Le dénoûment?
)) Amour, passion ou poème,
Tout fut de bon aloi, Et j'étais sûre de moi-même Comme de toi.
)) Plus tard serait venu le doute,
Peut-être le souci : Aujourd'hui, je suis à toi toute; Je pars ainsi.
» Suppose mon indifférence,
Mes remords, tes regrets; Jocelyn retrouvant Laurence :
Et puis, après?...
» juppose Werther et Charlotte
A la fin s'unissant ; Lui, raisonnable, elle, dévote, Et vieillissant!
w Evitons l'heure douloureuse
Des pénibles aveux.
Regarde-moi : je suis heureuse.
Sois donc heureux.
» — Oui, tu dis vrai, ma bieii-aimée;
Tu le veux, demeui'ons Sur la page à demi fermée ; Nous relirons.
» Nous tenons la tige fleurie,
Parfum, forme et couleur.
La sève se serait tarie :
Cueillons la ilcur.
» Nous avons bu la poésie D'une lune de miel.
Nous avons vidé l'ambroisie :
Laissons le fiel.
» Nous avons eu la nuit sereine
Et la splendeur du jour.
Séparons-nous en lune pleine, En plein amour 1... >
PETITS POÈMES AMOUREUX d61