‹ Chansons à direChapitre 78 sur 130 · LA BRUYÈRE · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE

Un jour de la saison dernière, Elle vint ici, m'apportant

Une bruyère Que nous fêtâmes en chantant.

Un jour de la saison dernière

Je l'arrosais soir et matin, j

Croyant que la plante donnée, I

A son destin, \

Tenait notre vie enchaînée ; !

Je l'arrosais soir et matin. /

' Travail perdu, peine inutile.

Elle étouffe en ces murs étroits;

L'air de la ville Est mortel à la tleur des bois.

Travail perdu, peine inutile.

La pauvre plante va mourir !

Elle se penche... Que m'importe?

Je sais souffrir; Je la garderai vive ou morte.

La pauvre plante va mourir.

J'arracherai ses fleurs pâlies, Et je les tiendrai pour toujours

Ensevelies Dans le livre de nos amours.

J'arracherai ses fleurs pâlies.

Elles dormiront leur sommeil, Sans demander l'eau des rosées,

Ni le soleil, Ni l'air des collines boisées. Elles dormiront leur sommeil.

Le souvenir seul est durable; L'espérance bâtit dans l'air

Ou sur le sable, Le temps présent est un éclair, Le souvenir seul est durable.

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