‹ ChansonsChapitre 146 sur 216 · TOUT VIEILLIT · texte numérisé non relu

TOUT VIEILLIT

Aiii de la Treill'j de sincérité. — ci.

Tu me fuis , jeunesse adorée , D'un pas , hélas ! trop diligent ; Dans ma chevelure dorée , J'aperçois plus d'un fil d'argent, {his.) L'hymne de ma reconnaissance Vers le Seigneur monte toujours ; La richesse? non , mais l'aisance Charme l'automne de mes jours.

Le temps s'envole ,

Je m'en console ; Oui, je vieillis; mais, Dieu merci , Mon vin, mon vin vieillit aussi! {bis.)

Le vin gagne , gagne sans cesse , L'âge le rend délicieux ; L'homme perd tout par la vieillesse :

Mais , grâce au philtre précieux , J'entends résonner dans mon âme Les voix si douces du printemps^ ; Ma muse a des ailes de iiamme , Et, le verre en main, j'ai vingt ans!

Le temps s'envole, etc.

Dans une fête de famille, Riche de travail et d'honneur.

Comme le vin , l'esprit pétille :

A lui l'espace et le bonheur !

En plantant la vigne féconde, Noé fut inspiré du ciel :

C'était le l)reuvage du monde Pour le banquet universel.

Le temps s'envole, etc.

Dans le mirage salutaire

De ces vins généreux et francs.

Pour riiomme chaque homme est un frère ;

Mais il est des pauvres souffrants.

Bouteille à l'indigent promise.

Rends-lui la force et la santé :

En robe noire, coiffe grise,

C'est une sœur de charité.

Le temps s'envole , etc.

De ta prison qu'on te délivre.

Rubis charmant , flot parfumé ; Le cœur me bat, je me sens vivre :

Comme toi j'étais comprimé.

La vérité doit luire aux sages Dans les vapeurs du jus vermeil :

Ce n'est qu'à travers les nuages Qu'on peut regarder le soleil.

Le temps s'envole ,

Je m'en console ; Oui, je vieillis; mais, Dieu merci !

Mon vin, mon vin vieillit aussi! [his.)

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