LORSQUE L'HIVER SE PROLONGEAIT
A m : Muse des bois et des accords champêtres. — u.
Quand l'indigent, pour terme à sa misère. Appelle encore une douce saison.
Pour lui , bon Dieu , je t offre ma prière ; L'oiseau chétif t'offre bien sa chanson. Mon faible gain c'est toute ma richesse : Le malheureux souvent m'implore en vain. Dieu de bonté, que le printemps renaisse ! Le pauvre attend du soleil et du pain, [pis.)
Que mes accents montent jusqu'à ton trône ! L'ouvrier chôme en ces temps rigoureux ; Il est si dur de demander l'aumône Pour le cœur franc, pour le bras vigoureux. L'humble ouvrier, en travaillant sans cesse. Avec fierté pourrait tendre la main...
Dieu de bonté, etc.
Songe , ô bon Dieu , que le riche lui-même , Loin des salons qui l'abritent de l'air. Sous ses habits, d'un confortable extrême. Se plaint déjà des rigueurs de l'hiver. Que soufî're donc l'ouvrier en détresse Sous ses haillons et pressé par la faim l Dieu de bonté, etc.
Le pauvre est grand dans sa bonté profonde. Loin des plaisirs il existe à l'écart
Sans jamais dire aux lieureux de ce monde : De tous vos biens je veux aussi ma part. Il sent qu aux yeux de la toute-sagesse Le mendiant est plus qu'un souverain.
Dieu de bonté, etc.
Rends-nous , bon Dieu , l'herbe et les fleurs nouvelles ;
Et quau soleil qui semble nous quitter
Le papillon puisse étendre ses ailes.
L'agneau bondir, l'alouette chanter.
Le malheureux, en ce jour d'allégresse,
En souriant pourra dire : A demain !
Dieu de bonté , que le printemps renaisse !
Le pauvre attend du soleil et du pain.
15 mars 1845.