LE BON CURE
Air : Heureux climat^ beau ciel de l'Italie. — 34.
Le vieux curé fait peur, je le parie, Car sa présence a glacé vos ébats :
Enfants, ma voix ne vous maudira pas... — Sous ce ciel pur, sur cette herbe fleurie Venez, venez parfois.
Vous dont la vie est pleine De tant de jours de peine.
Venez, bons villageois.
Reprenez donc vos longs éclats de rire.
Mon œil s'anime à vos ébats joyeux ;
Pour m'y mêler si je semble trop vieux.
Mon cœur est jeune et je puis vous sourire. Riez, riez parfois.
Vous dont la vie est pleine De tant de jours de peine , Riez , bons villageois.
Sur le gazon vous dansiez en cadence Et vous cessez de vous donner la main ; Peut-être, enfants, attendrez-vous en vain Pendant six mois un nouveau jour de danse. Dansez, dansez parfois.
Vous dont la vie est pleine De tant de jours de peine , Dansez , bons villageois.
De loin j'ai vu couler ici la bière.
Chopes, cruchons, tout est mis de côté :
Si vous m aimez pour boire à ma santé, Chacun de vous retrouvera son verre.
Buvez, buvez parfois, Vous dont la vie est pleine De tant de jours de peine , Buvez , bons villageois.
Et tout s'est tu devant ma robe noire !
Je troublerais vos plaisirs d'un moment?
Non, non, chantez : on boit bien plus gaîment
Aux doux accents d'une chanson à boire. Chantez, chantez parfois, Vous dont la vie est pleine De tant de jours de peine , Chantez , bons villageois.
Jeunes amants , pourquoi ce trouble extrême ?
Qu avez-vous fait que je puisse blâmer ?
D'un amour pur il est si beau d'aimer :
On est meilleur, mes amis, quand on aime. Du Christ suivez les lois.
Vous dont la vie est pleine De tant de jours de peine , Aimez , bons villageois.
A vos plaisirs, dont l'aspect me transporte. Dorénavant j'assisterai toujours ; Mais en revanche, enfants, aux mauvais jours N'oubliez pas de frapper à ma porte.
J'ouvrirai chaque fois
Et dans mon presbytère
Vous trouverez un père :
Venez, bons villageois.
lOG —