A PROPOS DU JOUR DE MA FETE
Air des Scythes et des Amazones. — 4.
Eh quoi ! c'est le jour de ma fête î Malgré l'hiver et ses rigueurs, Parents, amis, chacun s'apprête A couronner mon front de fleurs, (bis.)
Dieu ! ma couronne a bouché mes oreilles :
Quelle distance entre mon peuple et moi !
Ah ! qu'on la comble à force de bouteilles î
Obéissez : en ce jour je suis roi.
En ce jour (bis) je suis roi. (bis.)
Dans cette fête de famille ,
Comme un monarque d'Orient,
J'aperçois mainte jeune fille
Qui me regarde en souriant.
Ce doux souris n'est point une grimace : En l'amitié le cœur du pauvre a foi.
Je veux, je veux (pie mon peuple m'embrasse. Obéissez, etc.
Vous hésitez. Mais (pii s'oppose ?
Je comprends : ma femme , parbU^i !
La femme, quand l'homme propose.
Dispose aussi souvent que Dieu.
Mais, moi du moins j'ai de la force d'àme,
(bis.)
Dans mon logis tout souscrit à ma loi ;
Je veux... je veux tout ce que veut ma femme !
Obéissez, etc.
Je porte déjà la couronne
Comme une vieille majesté :
Aujourd'hui je veux et j'ordonne,
Hier je chantais la liberté !
Qu'en cet instant le fouet de la satire Essaie un peu de claquer devant moi !
Je veux... je veux vous voir chanter et rire. Obéissez , etc.
J'ai fait quelques chansons nouvelles ;
Qu'on accueille bien mes couplets !
Si l'un de mes sujets rebelles
S'avise de les trouver laids, Pour juste prix d'une trame si noire.
Je veux, je veux... — Ah ! qu'il tremble d'effroi ! Je veux... qu'il boive à perdre la mémoire ! Obéissez : en ce jour je suis roi En ce jour je suis roi.
Janvier 1847.
COUPLETS A riE IX.
Air de la République. — 23.
Un cri d'espoir du sein de ritalie Sechappe enfin après de longs malheurs : Naguère encor sous le joug avilie, Rome aujourd'hui peut essuyer ses pleurs. Pape, sur toi ce cri d'espoir se fonde : Ton nouveau règne offre un début si beau ! Comme le Christ, viens éclairer le monde : Que ton sceptre soit un flambeau î
Loin de irapper , la main ne doit, qu'absoudre Dans le chemin que le Christ a tracé : Du A'atican ne brandis pas la foudre, Dejjuis longtemps son grand rôle est passé. Fort, comme Dieu, de ta bonté profonde. Rends l'honnête homme ami de ton drapeau. Comme le Christ, etc.
Plus de bannis, leurs voix reconnaissantes Chantent celui qui les a rappelés.
C'est le bon Dieu qu'ici tu représentes. Pour son amour il n'est pas d'exilés.
En gens de cœur que l'Italie abonde ; Sa vieille gloire est un si lourd fardeau î Comme le Christ, etc.
Quand le double aigle étend une aile sombre Sur la patrie au printemps éternel ,
I [bis.)
Dis au vieux peuple accroupi sous son oml)re : " Oublîrais-tu tes aïeux et ton ciel ? " Que Rome li])re enfin se lève et gronde, " L aigle fuira comme un frêle étourneau ! •• Comme le Christ, etc.
Pour entraver l'œuvre que tu commences.
Toi qui veux fuir un abîme profond, De vils prélats font des efforts immenses, Pardonne-leur , savent-ils ce qu'ils font ? Brave leurs coups ! Le peuple te seconde : De son amour il te fait un manteau !
Comme le Christ, etc.
La foi s'éteint ; pour qu'elle se rallume , Montre en prophète aux deux mondes surpris , Vastes vaisseaux égarés dans la brume, La vérité , ce soleil des esprits !
Que Rome enfin, trop longtemps inféconde, • Pour l'univers soit un phare nouveau !
Comme le Christ, etc.
Un Dieu porta la couronne depines ( Depuis ce temps dix-neuf siècles ont fui ) ! Pour rendre l'homme heureux par des doctrines Qui sont encor des rêves aujourd'hui.
En avant donc ! que ton sceptre qu'on fronde Dans le progrès n'ait rien à son niveau ! Comme le Christ, viens éclairer le monde : Que ton sceptre soit un flambeau !
Novembre 184G.