‹ ChansonsChapitre 80 sur 216 · LA PARTICULE · texte numérisé non relu

LA PARTICULE

Air : Vautre jour le hiau Colas. — j4.

•' Vieux gardien de la maison, Colas, toi qui mas vu naître.

Je vais , en changeant mon nom , Te grandir avec ton maître.

— Changer, dit tout bas Colas,

L' nom d' son père ,

Ça n grandit guère.

Changer, dit tout bas Colas, L' nom d' son pèr, ca n grandit pas.

V Mon père avait nom Dûment , Cest du Ment que je me nomme :

J obtiens, par ce changement.

Un faux air de cjentilhomme.

— Changer, etc.

" J'illustre un nom roturier.

Sans craindre le ridicule ; Quand mon voisin lepicier Tranche de la particule.

— Changer, etc.

" Devant certain malotru (T'avoùrai-je ma iaiblesse ?) , Pour faire passer mon du. Je décrirai la noblesse.

— Changer, etc.

— lOG —

-^ Dans cette époque en renom.

Les hommes, (progrès étrange,) Lorsque tout change de nom, S'imaginent que tout change.

— Changer, etc.

'1 Quelques-uns me railleront :

Quel jour brillant n'a son ombre ?

Mais les sots m'admireront :

Les sots sont en si grand nombre !

— Changer, etc.

» Peste soit des ignorants Qui blâmeraient mon paraphe ( Les noms propres, de tout temps.

N'ont jamais eu d'orthographe. -^

— Changer, etc.

Puis Colas, les yeux en eau :

« Pourquoi singer 1' gentilhomme ?

L' nom d' vot' pèr m' semblait si beau C'était r nom d'un honnête homme.

Changer, dit le vieux Colas,

L' nom d' son père,

Ça n' grandit guère ; Monsieur, dit le vieux Colas, Croyez-moi, ne V changez pas. n

Septembre I8I8.

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