UN JOUR FETE
Musique Oe Vauteur. — cî.
('yomme tout semble heureux au sein de la nature!
C'est que déjà leté vient dorer les moissons ;
Il donne une autre vie à chaque créature :
Les bois sont pleins d'amour, de parfums, de chansons.
Mon cœur avec transport bénit la Providence.
Aux clartés du soleil , roi du ciel pur et bleu ,
La terre ouvre ses flancs, ù splendide abondance :
Tout ravonne et fleurit sous le resard de Dieu.
De mes pensers si doux qui vient troubler le charme ,
Lorsque vers la cité je m achemine enfin ?
C est un vieil ouvrier qui me cache une larme :
Devant tant de splendeurs un homme dit : j'ai faim !
Partout l'homme a semé, mais c'est Dieu qui féconde :
Songez, riches, songez que son regard de feu
Fait croître dans les champs le blé pour tout le monde :
Les grands et les petits sont frères devant Dieu.
Quelle est donc cette femme ! Elle est vieille avant l'âge
Veuve , Dieu lui laissait un enfant bien aimé ;
Pour y gagner son pain elle allait au village
Et l'enfant restait seul : le feu l'a consumé....
Regardez maintenant : la pauvre mère est folle
Et vient errer ainsi chaque jour en ce lieu ;
Et , lorsque la pitié lui donne son obole ,
Elle dit , l'œil hagard : ** N'approchez pas du feu ! *»
Au nom du Dieu de tous, beaux messieurs, grandes dames. Qui trouvez ici-bas un destin triomphant , Ouvrez , par vos trésors , en magnanimes âmes , Un hospice au vieillard , une crèche à lenfant. Riches, quand sonnera votre heure solennelle, A tous vos biens si chers il faudra dire adieu. Fondez-vous dans les cieux une^ crèche éternelle : La prière du pauvre ouvre un chemin vers Dieu !