‹ ChansonsChapitre 98 sur 216 · UN JOUR FETE · texte numérisé non relu

UN JOUR FETE

Musique Oe Vauteur. — cî.

('yomme tout semble heureux au sein de la nature!

C'est que déjà leté vient dorer les moissons ;

Il donne une autre vie à chaque créature :

Les bois sont pleins d'amour, de parfums, de chansons.

Mon cœur avec transport bénit la Providence.

Aux clartés du soleil , roi du ciel pur et bleu ,

La terre ouvre ses flancs, ù splendide abondance :

Tout ravonne et fleurit sous le resard de Dieu.

De mes pensers si doux qui vient troubler le charme ,

Lorsque vers la cité je m achemine enfin ?

C est un vieil ouvrier qui me cache une larme :

Devant tant de splendeurs un homme dit : j'ai faim !

Partout l'homme a semé, mais c'est Dieu qui féconde :

Songez, riches, songez que son regard de feu

Fait croître dans les champs le blé pour tout le monde :

Les grands et les petits sont frères devant Dieu.

Quelle est donc cette femme ! Elle est vieille avant l'âge

Veuve , Dieu lui laissait un enfant bien aimé ;

Pour y gagner son pain elle allait au village

Et l'enfant restait seul : le feu l'a consumé....

Regardez maintenant : la pauvre mère est folle

Et vient errer ainsi chaque jour en ce lieu ;

Et , lorsque la pitié lui donne son obole ,

Elle dit , l'œil hagard : ** N'approchez pas du feu ! *»

Au nom du Dieu de tous, beaux messieurs, grandes dames. Qui trouvez ici-bas un destin triomphant , Ouvrez , par vos trésors , en magnanimes âmes , Un hospice au vieillard , une crèche à lenfant. Riches, quand sonnera votre heure solennelle, A tous vos biens si chers il faudra dire adieu. Fondez-vous dans les cieux une^ crèche éternelle : La prière du pauvre ouvre un chemin vers Dieu !

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