‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 10 sur 227 · VIE DE BÉRANGER XVÎÎ · texte numérisé non relu

VIE DE BÉRANGER XVÎÎ

s'affranchir, et poser en principe que * la chanson est, comme plusieurs autres genres, toute une langue, . . . susceptible de prendre les tons les plus opposés ' (Préface de 1833). Compris et goûté du peuple et de la bourgeoisie, il allait pendant quinze ans se faire l'interprète de leurs sentiments, de leurs misères, de leurs aspirations et de leurs indignations. Entre temps, l'Empire s'était écroulé, la France, épuisée, s'était vu arracher les conquêtes qui lui avaient coûté tant de sang, des armées étrangères avaient foulé le pavé de Paris, et le temps n'était plus seulement aux chansons folâtres.

§ 10. La Restauration. — Béranger avait vu sans regret tomber l'Empire, car le retour des Bourbons, ' qui lui étaient indifférents,' et leur faiblesse, dont il avait eu occasion de se rendre compte, lui paraissaient ' devoir rendre facile la renaissance des libertés nationales.' Mais Louis XVIII était à peine ramené à Paris dans les fourgons de l'ennemi, et installé aux Tuileries, que paraissaient, coup sur coup, les mesures les plus impolitiques et les plus maladroites. On avait promis la liberté de la presse, et l'on rétablissait la censure ; — la liberté des cultes, etl'intolérance religieuse reprenait son cours ; — l'inviolabilité de la propriété, et l'on inquiétait les possesseurs des biens nationaux. Enfin, pour faire place à des émigrés qui n'avaient jamais servi, on renvoyait en demi-solde 14,000 officiers. Les illusions du poète, comme celles du pays, étaient déjà dissipées lorsque l'Empereur reparut en 1815 avec le drapeau national et des promesses de liberté. Mais Béranger comprenait bien que ' Napoléon ne pouvait gouverner

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