XV111 INTRODUCTION
constitutionnellement. Ce n'était pas pour cela qu'il avait été donné au monde.' Il se tint à part pendant les Cent Jours, et contempla avec un désespoir dont vibrent encore, vingt ans plus tard, certaines pages de sa Biographie, les deux grandes catastrophes politiques et les deux invasions subies en si peu de temps. Suivit pis encore : l'explosion de fanatisme et de cruauté de la part du gouvernement que l'histoire a enregistrée sous le nom de Terreur Blanche ; écœuré, Béranger rompit à jamais avec la dynastie des Bourbons, se jeta corps et âme dans le parti de l'opposition, et commença contre la monarchie une guerre acharnée, audacieuse et habile, qui dura quinze ans, et qui contribua puissamment à la ruine finale de ce trône vermoulu en 1830. C'est à cette campagne politique qu'appartiennent, entre autres, Le Marquis de Carabas, La Cocarde blanche, Monsieur Judas, Le Ventru, Les Révérends Pères, Halte-là! et Les Deux Cousins, pour ne parler que des chansons écrites de 1815 à 1821. Entre ces deux dates, Béranger crée aussi la ' chanson libérale et patriotique,' comme l'appelle Sainte-Beuve : Le Vieux Ménétrier, Si fêtais petit oiseau, Le Bon Vieillard, La Sainte Alliance des peuples, Les Enfants de la France, Le Vieux Drapeau, Le Cinq Mai, et Le Dieu des bonnes gens, premier en date de ces chants où Béranger essaie d'introduire une élévation de style et de sentiment inconnue jusqu'alors à la Chanson.
Enfin, à côté de pièces plus intimes : Mon Ame, Les Oiseaux, La Bonne Vieille, Le Retour dans la patrie, — de chansons toutes personnelles : Ma Vocation, Le Vilain, Mon Habit, Mon Petit Coin, — et de romances