‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 9 sur 227 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

des Gueux et les Infidélités de Lisette, et quelquesunes de ces chansons furent imprimées à son insu dans la Guirlande, Y Épicurien français, les Êtrennes Lyriques, et autres recueils du jour de l'an. D'autres pièces, telles que Roger Bontemps, la Gaudriole, le Petit Homme gris, couraient manuscrites de main en main, et appelèrent enfin l'attention des chansonniers du Caveau, présidé alors par Désaugiers. Béranger y fut reçu en 1813, chanta pour son discours de réception Y Académie et le Caveau, et compta dès lors parmi les chansonniers accrédités de la capitale. Au cours de la même année il touchait délicatement à la politique dans le Sénateur, qui fit rire, dit-on, l'Empereur luimême, et dans le Roi d'Yvetot, qui en quelques jours fut chanté d'un bout à l'autre de la France ; c'est sans contredit le chef-d'œuvre de Béranger, et peut-être le chef-d'œuvre de la chanson française.

§ 9. Premier recueil de Chansons. — Ce grand succès, plus encore peut-être que l'atmosphère du Caveau, décida de la vocation de Béranger, et l'amena à se consacrer désormais à un genre littéraire pour lequel il se sentait heureusement doué. En 1815 il rassembla la majeure partie de ces œuvres de jeunesse, et les fit paraître sous le titre ambigu de Chansons morales et autres. A part le Roi iïYvetot, ces premières chansons n'offrent rien de bien original. Avec un style plus châtié et des rimes plus soignées, plus de verve et de franche gaieté, elles se confondent par les sentiments et les idées avec tout le répertoire du Caveau, tel qu'on le trouvera exposé plus loin.

Le jour approchait cependant où Béranger allait

Page 1