VIE DE BERANGER XIX
de salon : Les Adieux de Marie Stuart, — Béranger écrit encore un certain nombre de vaudevilles dans le genre de ceux du premier recueil, par exemple : Ce n'est plus Lisette.
§ il. Le Recueil de 1821. — Le recueil de 181 5 avait valu à Béranger de la part de ses chefs un avertissement sévère, et lorsque ses nouvelles chansons parurent en 1821 il quitta de lui-même son bureau à l'Université pour ne plus y rentrer. Le gouvernement toutefois ne se tint pas pour satisfait de cette démission ; les deux volumes in- 12, imprimés non sans difficulté chez Firmin-Didot aux frais de Béranger, avaient paru le 25 octobre, tirés à 10,500 exemplaires. Le 29 la police fit une descente chez les libraires pour confisquer cette édition, mais il ne restait plus en magasin que quatre volumes, qui furent dûment saisis. Au mois de décembre Béranger fut traduit en cour d'assises et poursuivi pour : i° outrage aux mœurs ; 2° atteinte à la morale religieuse ; 30 offense envers la personne du roi ; 40 provocation au port public d'un signe extérieur de ralliement non autorisé par le roi. Ce quatrième chef d'accusation visait particulièrement la chanson du Vieux Drapeau ; les trois autres étaient basés sur un assez grand nombre de chansons, entre autres La Cocarde blanche, dont on incrimina le dernier couplet.
Acquitté par le jury sur le premier et le troisième
chefs d'accusation, et absous par les juges sur le
quatrième *, Béranger fut malgré l'éloquente défense
de son avocat Dupin déclaré coupable d'atteinte à la
1 v. note, pp. 207-8.